La renonciation de Dologuélé à sa nationalité française : quand Touadéra transforme sa manœuvre en victoire politique

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La récente renonciation d’Anicet Georges Dologuélé à sa nationalité française montre toute l’habileté politique de Faustin-Archange Touadéra. En contraignant l’un de ses principaux rivaux à abandonner sa double nationalité, le président centrafricain se croit réussir un double coup de maître : éliminer juridiquement ses adversaires tout en récupérant politiquement leurs sacrifices personnels.
Le 27 août 2025, le Journal Officiel français publie le décret de renonciation de l’opposant Anicet-Georges Dologuelé à sa nationalité française . Une décision que l’ancien Premier ministre qualifie lui-même de douloureuse, prise “avec un lourd cœur” selon ses propres termes. Pourtant, à Bangui, le porte-parole gouvernemental, l’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou applaudit ce qu’il appelle un “geste patriotique qui renforce la souveraineté nationale”.
Cette réaction gouvernementale dépasse l’indécence politique ordinaire. Comment oser se féliciter publiquement d’une renonciation que vous avez vous-même rendue obligatoire ? Comment transformer en preuve de patriotisme ce qui constitue avant tout l’aboutissement d’un chantage institutionnel ?
Pour comprendre ce cynisme, il faut revenir aux origines de cette renonciation forcée. La Constitution de 2023, adoptée lors d’un référendum boycotté par l’opposition le 30 juillet 2023, impose désormais aux candidats présidentiels d’être “Centrafricains d’origine” et de ne posséder que la seule nationalité centrafricaine .
Cette loi fondamentale n’a été rendue publique que le 10 juillet 2023, moins de trois semaines avant le vote, dans un climat de répression des opposants et des médias . Résultat prévisible dans ce contexte : 95% d’approbation pour un texte que l’opposition avait appelé à rejeter .
Plus qu’une simple réforme, cette Constitution représente une ingénierie électorale parfaitement connue de tous. En remplaçant le quinquennat renouvelable une fois par un septennat sans limitation, elle ouvre la voie à une présidence à vie pour Touadéra . Mais elle va plus loin en établissant des critères de nationalité qui écartent mécaniquement plusieurs figures de l’opposition.
Face à cette situation inédite, l’opposition se trouve prise dans un étau juridique et politique redoutable. Dologuélé se retrouve devant un choix impossible : accepter les règles du jeu imposées par Touadéra ou renoncer définitivement à ses ambitions présidentielles . L’ancien Premier ministre choisit la première option, non sans amertume.
“J’ai renoncé à ma nationalité française avec beaucoup de peine”, confie-t-il, tout en dénonçant “l’incompétence et la partialité avouée” de l’autorité électorale . Cette déclaration résume parfaitement le dilemme de l’opposition centrafricaine : comment lutter contre un appareil d’État en acceptant ses règles truquées ?
Certains analystes y voient une “stratégie de projection” pour empêcher un troisième mandat de Touadéra . D’autres dénoncent une capitulation qui légitime de facto une Constitution contestée. Car en acceptant de jouer selon ces nouvelles règles, l’opposition valide l’autorité d’un texte qu’elle refuse pourtant de reconnaître .
Mais c’est la réaction gouvernementale qui pousse le cynisme à son paroxysme. En présentant la renonciation de Dologuélé comme une victoire pour la “souveraineté nationale”, le porte-parole Maxime Balalou dévoile une vision particulièrement tordue de la démocratie.
Selon cette logique, forcer ses adversaires à renoncer à leurs attaches personnelles constituerait un progrès démocratique. Contraindre un citoyen à choisir entre ses liens familiaux et ses droits politiques relèverait du patriotisme. Une interprétation qui transforme l’exclusion en vertu et la contrainte en liberté.
Cette posture gouvernementale traduit surtout une profonde méconnaissance des principes démocratiques. Dans une vraie démocratie, la diversité des parcours personnels enrichit le débat politique au lieu de le limiter. Les liens internationaux d’un responsable politique peuvent constituer un atout plutôt qu’un handicap, à condition qu’ils s’exercent dans la transparence.
Les implications de cette obsession nationaliste dépassent largement le cas Dologuélé. Cette fixation sur la “pureté” nationale rappelle les heures les plus sombres de l’histoire centrafricaine, quand la question “qui est vraiment centrafricain ?” alimentait les violences intercommunautaires . En ressuscitant ces critères ethniques et nationalistes, la Constitution de 2023 prend le risque de raviver d’anciens démons.
D’ailleurs, l’opposition dénonce déjà l’application sélective de ces règles, pointant du doigt des responsables qui occuperaient des postes élevés sans répondre aux critères d’origine imposés par la Constitution .
Au-delà des manœuvres politiciennes, cette situation interroge l’avenir démocratique du pays. L’expert onusien Yao Agbetse avait prévenu dès 2023 que ce référendum risquait de “compliquer une situation des droits de l’homme déjà extrêmement complexe” . Deux ans plus tard, cette prédiction se vérifie malheureusement.
La Constitution de 2023 continue de diviser les Centrafricains au lieu de les rassembler autour d’un projet commun . Pire, elle transforme chaque candidature d’opposition en parcours du combattant juridique et personnel.
Les Élections de décembre 2025 se profilent dans ce contexte délétère. Touadéra peut d’ores et déjà compter sur des règles du jeu biaisées en sa faveur. Quant à l’opposition, elle devra composer avec un appareil qui transforme ses sacrifices en victoires gouvernementales.
Cette instrumentalisation de la nationalité expose une conception autoritaire du pouvoir. En contraignant Dologuélé à renoncer à sa double nationalité puis en s’en félicitant publiquement, le régime Touadéra montre qu’il préfère la manipulation à la confrontation démocratique loyale.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)