Pont Ngoubagara : Un camion militaire percute trois jeunes et prend la fuite
Jeudi dernier, des soldats de l’armée nationale ont percuté sur le pont Ngoubagara une moto avec 3 jeunes dessus puis abandonné les victimes au sol.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un accident aux allures de délit de fuite frappe la capitale centrafricaine Bangui depuis jeudi 31 juillet. Sur le pont Ngoubagara, situé à moins de 8 kilomètres du centre-ville, dans le 8e arrondissement, un camion militaire a violemment percuté une moto transportant trois jeunes gens. Plutôt que de porter assistance, les soldats ont observé les blessés gisant au sol avant de repartir sans un mot.
En effet, les faits se sont déroulés vers midi sur l’axe reliant le marché Combattant au croisement Marabéna. La moto circulait dans la même direction devant le véhicule militaire en provenance du croisement Oumar Bongo pour aller vers Combattant lorsque le camion a tenté un dépassement hasardeux. Le choc par l’arrière a projeté le conducteur de la moto et ses deux passagers sur la chaussée avec une violence qui a choqué les témoins.
Le comportement des militaires après l’impact interpelle davantage que l’accident lui-même. Le camion s’est immobilisé. Les soldats sont descendus, se sont approchés des victimes, ont constaté leur état, puis ont regagné leur véhicule pour poursuivre leur route vers l’aéroport. Aucun appel aux secours, aucune tentative d’assistance, aucune prise de responsabilité.
Un commerçant proche de la scène témoigne de son indignation : “Ils ont vu les jeunes à terre et ils sont partis. C’est de l’indifférence pure”. Natalie, une passante confirme : “Ils sont descendus, ils ont bien vu qu’ils les avaient blessés. Mais ils sont remontés et ils sont partis comme si ces enfants ne comptaient pas“.
Cette attitude rappelle les méthodes des mercenaires russes du groupe Wagner, omniprésents en Centrafrique depuis leur arrivée. En province comme dans la capitale, leurs véhicules militaires causent régulièrement des accidents mortels sans jamais s’arrêter. À Bria, à Bouar, à Bambari (385 kilomètres de la capitale) et à Alindao (505 kilomètres), des témoins rapportent des scènes similaires où des engins russes percutent des civils avant de disparaître dans l’impunité la plus totale.
Le mimétisme des soldats centrafricains inquiète. L’adoption de ces pratiques transforme progressivement l’armée nationale en force d’occupation sur son propre territoire. Les populations centrafricaines dénoncent cette militarisation sauvage des routes où l’uniforme semble conférer tous les droits, y compris celui d’abandonner des blessés.
Sur le plan juridique, les infractions sont pourtant évidentes. Le Code pénal centrafricain réprime les blessures involontaires, le délit de fuite et la non-assistance à personne en danger. Aucune immunité ne protège les militaires qui commettent de tels actes, même en service.
Un avocat du barreau de Bangui précise : “Les victimes peuvent déposer plainte. Il faut rassembler les certificats médicaux, les témoignages et porter l’affaire devant la justice. Ces pratiques doivent cesser avant qu’elles ne fassent des morts”.
Le ministère de la Défense n’a livré aucune explication sur cet incident. Dans le 8e arrondissement, les habitants réclament des comptes et dénoncent l’impunité militaire qui gangrène les relations entre l’armée et la population civile.
Cette dérive montre clairement l’état de déliquescence des institutions centrafricaines où même les forces supposées protéger les citoyens les abandonnent dans la détresse. L’influence des méthodes russes sur l’armée nationale transforme les soldats en prédateurs de leur propre peuple.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)