
À l’occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, découvrez les formes modernes de torture et leur impact dévastateur sur les victimes.
Le 26 juin, la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture dévoile une réalité souvent occultée : la torture, bien que condamnée par les lois internationales, persiste sous des formes modernes, discrètes mais profondément destructrices. Loin des images stéréotypées de sévices physiques brutaux, la torture contemporaine englobe des pratiques physiques et psychologiques qui laissent des cicatrices durables sur les individus et les sociétés.
Qu’est-ce que la torture aujourd’hui ?
Selon Jean Balekouzou, chercheur en droit, la torture se définit comme tout acte intentionnel infligeant une douleur ou une souffrance aiguë, qu’elle soit physique ou mentale, dans le but d’obtenir des informations, de punir ou d’intimider. Cette définition s’appuie sur la Convention contre la torture de 1984, ratifiée par la République centrafricaine (RCA) en 2016. Cependant, Pierre Nguélé, greffier en chef, souligne que la torture prend aujourd’hui des formes plus subtiles, notamment dans des contextes de crise. Par exemple, dans les unités de police ou de gendarmerie, des pratiques comme les coups infligés lors d’enquêtes préliminaires, souvent qualifiées de « tabassage » dans le jargon local, sont courantes mais rarement dénoncées. Ces actes, bien que moins visibles, violent les droits humains fondamentaux et sont souvent tolérés par un système judiciaire affaibli.

Les formes modernes de torture
Les formes modernes de torture ne se limitent pas aux sévices physiques. La torture psychologique, comme l’isolement prolongé, les menaces ou l’humiliation, est de plus en plus répandue. Dans les lieux de détention, les conditions inhumaines – surpopulation, manque d’hygiène, privation de nourriture – s’apparentent à des traitements dégradants. Jean Balekouzou précise que, selon la Convention de 1984, ces pratiques sont également considérées comme de la torture lorsqu’elles sont infligées par des autorités publiques. Cependant, Pierre Nguélé note que dans des contextes comme la RCA, marquée par des crises persistantes, ces abus sont souvent banalisés, en particulier dans les zones reculées où les victimes n’ont pas accès à l’information ou à la justice.
Au-delà des institutions, la maltraitance dans les cadres familiaux ou traditionnels pose question. Jean Balekouzou explique que, bien que les châtiments corporels infligés par des parents ne soient pas juridiquement qualifiés de torture (car non infligés par une autorité publique), ils constituent des formes de maltraitance grave. Le Code pénal de la RCA et le Code de protection de l’enfance de 2020 interdisent explicitement ces actes, prévoyant des sanctions pour les parents en cas de violences sur mineurs. Pourtant, ces pratiques persistent, souvent justifiées par des traditions ou des contextes socio-économiques difficiles.
Les conséquences sur les victimes et la société
Les séquelles de la torture, qu’elle soit physique ou psychologique, sont profondes. Jean Balekouzou insiste sur le fait que les victimes portent souvent des traumatismes durables, affectant leur santé mentale et leur capacité à se réinsérer dans la société. « Ces actes restent collés à l’esprit », explique-t-il, recommandant un suivi psychologique pour aider les victimes à surmonter ces épreuves. Sur le plan sociétal, la torture alimente un climat de peur et d’impunité, érodant la confiance envers les institutions. Pierre Nguélé ajoute que l’absence de dénonciation, due à la peur de représailles ou au manque d’accès à l’information, aggrave cette situation, laissant les tortionnaires impunis.
Les défis de la dénonciation et de la justice
Plusieurs obstacles empêchent les victimes de dénoncer les abus. Pierre Nguélé souligne le manque d’information, particulièrement dans les zones rurales où l’accès aux médias et à Internet est limité. Les victimes, souvent démunies ou dépendantes économiquement, hésitent à porter plainte, craignant des représailles ou une stigmatisation sociale. Jean Dupont pointe également l’impunité comme un facteur clé : lorsque les tortionnaires ne sont pas sanctionnés à la hauteur de leurs actes, cela encourage la répétition des abus. Cependant, il note que le cadre juridique de la RCA, notamment à travers la Constitution de 2023 et le Code pénal (articles 118 à 120), offre des outils pour punir la torture, allant jusqu’à des peines de prison à perpétuité en cas de décès de la victime….
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