Commissions d’enquête parlementaires est-elle un outil démocratique ou un simulacre de transparente?

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Les commissions d’enquête parlementaires, vantées comme des piliers de la démocratie centrafricaine, peinent à produire des résultats réels, laissant planer le doute sur leur efficacité.
En République centrafricaine, où la transparence et la reddition des comptes demeurent des défis, les commissions d’enquête parlementaires sont souvent brandies comme un symbole de contrôle démocratique. Censées faire la lumière sur des affaires graves et garantir la responsabilité des acteurs publics ou privés, elles représentent, en principe, un levier pour l’Assemblée nationale afin de superviser l’exécutif et de défendre les intérêts des citoyens. Pourtant, leur efficacité réelle est mise en doute. Lors de l’émission parlement sur la radio Ndéké-Luka, Pasteur Augustin Agou, ancien député du premier arrondissement de Bangui, a décrit le fonctionnement de ces commissions, citant l’enquête sur l’exploitation illégale de l’or par des entreprises chinoises à Bozoum. Mais ses explications, loin de dissiper les inquiétudes, soulignent une réalité inquiétante : ces commissions, malgré leur mandat légal, semblent davantage jouer un rôle de façade que d’outil véritablement efficace pour répondre aux scandales.
Agou détaille un processus structuré : lorsqu’une affaire sérieuse émerge, comme celle de Bozoum, les députés se réunissent en plénière pour décider de la création d’une commission d’enquête. Cette décision, entérinée par le président de l’Assemblée nationale, donne naissance à un groupe composé de plusieurs parlementaires, issus de divers groupes politiques pour assurer une forme de pluralité. Ces commissions disposent de prérogatives importantes : elles peuvent convoquer des témoins, réaliser des visites sur le terrain et rédiger un rapport exhaustif. Ce document, partagé avec tous les députés, est ensuite débattu en plénière pour aboutir à des mesures concrètes. À Bozoum, où l’exploitation aurifère par des compagnies chinoises a provoqué des ravages environnementaux et sociaux, une commission a été formée pour enquêter sur les responsabilités et les conséquences.
Sur le papier, ce dispositif paraît solide. Mais dans les faits, les résultats concrets brillent par leur absence. Agou, en évoquant Bozoum, reste vague sur les retombées de l’enquête. Aucune précision sur d’éventuelles sanctions contre les entreprises fautives, sur des indemnisations pour les communautés touchées ou sur des actions pour prévenir de nouvelles dérives. Cette opacité reflète un problème récurrent : les commissions, bien qu’investies d’un mandat clair, semblent se perdre dans des rapports sans impact tangible. Les habitants de Bozoum, confrontés à des rivières polluées et à des terres abîmées, n’ont constaté aucun changement notable après l’enquête. Cette absence de suivi renforce l’idée que ces commissions servent souvent à calmer les tensions publiques plutôt qu’à résoudre les problèmes de fond.
Les obstacles à leur efficacité sont multiples. Agou note que la composition des commissions, bien que diversifiée, repose sur les équilibres politiques au sein de l’Assemblée. Dans un pays où les jeux d’alliances et les pressions externes pèsent lourd, cette politisation peut compromettre l’objectivité des enquêtes. Les parlementaires, parfois influencés par des intérêts divergents, hésitent à pousser leurs investigations jusqu’à leurs ultimes conséquences. De plus, les ressources – financières, logistiques, humaines – font cruellement défaut. Se rendre à Bozoum, une ville isolée, exige des moyens que l’Assemblée, dans un contexte de contraintes budgétaires, peine à mobiliser. Sans véhicules, carburant ou personnel dédié, les commissions se retrouvent limitées, incapables de recueillir des preuves solides ou de mettre les responsables face à leurs actes….
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