Un pouvoir législatif sans vertu bloque la paix’, affirme Élie Ouéifio

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Sous les regards fatigués des Centrafricains, Élie Ouéifio dégaine en janvier 2025 son nouveau livre : Quand la politique des mains tendues. Verdict ? Les députés bloquent tout, la paix reste une chimère.
Sous le ciel menaçant de Bangui, les espoirs de paix s’effilochent comme un vieux tissu. Élie Ouéifio, ancien ministre et observateur lucide, sort en janvier 2025 un pavé qui secoue : Quand la politique des mains tendues du Président Touadéra soulève des interrogations et réflexions !!!. Dedans, il met les pieds dans le plat et accuse : le Parlement, censé être le pouls du peuple centrafricain, est devenu une entrave. “Un pouvoir législatif sans vertu”, écrit-il (p. 24), voilà ce qui coince la paix dans un pays déjà à genoux.
Ouéifio ne fait pas semblant. Quand Faustin Archange Touadéra brandit ses “mains tendues” depuis 2016, il voit un président qui veut recoller les morceaux d’une nation éclatée. Mais à l’Assemblée nationale, c’est une autre chanson. Là, les élus, censés représenter les cris des villages et des quartiers, se regardent le nombril. “Ils sentent, touchent et vivent les drames de leurs électeurs au quotidien”, note Ouéifio (p. 24), mais au lieu d’agir, ils préfèrent jouer les figurants. Il les compare à la “femme vertueuse” des Proverbes (31:10-31), sauf que celle-ci, au moins, faisait tourner la maison. Eux ? Ils laissent la baraque s’effondrer.
Le constat est rude. Depuis que Touadéra martèle son appel à l’unité, l’Assemblée aurait dû être un levier, un garde-fou pour pousser le gouvernement à bouger. Rien de tout ça. “Dans ce paradoxe théâtral qui se joue depuis le 30 mars 2016”, écrit-il (p. 25), les députés ont choisi de “soulever plus haut les murailles de la ‘rupture’ et de ‘c’est notre tour’”. Traduction : ils ont mis leurs intérêts avant ceux du pays. Pas de contrôle sérieux sur l’exécutif, pas d’oreille pour les plaintes des provinces où les routes sont coupées, les champs pillés, les écoles vides. À la place, ils s’alignent sur une danse clanique qui fait taire les appels à la paix.
Ouéifio va plus loin : ce n’est pas juste de la paresse, c’est un sabotage. Il raconte comment, sous l’effet de cette “coterie” entre le Parlement et le pouvoir, “les cris de détresse du peuple” ne passent plus (p. 24). Les élus, dit-il, savent que les paysans ne peuvent plus aller au champ, que les pêcheurs ont peur des rives, mais ils ferment les yeux. Pire, ils laissent filer des discours qui vantent un pays imaginaire, loin des décombres réels. “Ils réussissent à faire lire ou dire à Monsieur le Président un discours contrastant fondamentalement avec les réalités”, déplore-t-il (p. 25). Une mascarade qui tue l’espoir.
Et Touadéra dans tout ça ? Ouéifio ne lui jette pas la pierre directement. Il voit en lui un homme sincère, mais coincé par un système où ses alliés le trahissent. Le Parlement, censé être la voix des citoyens, devient un mur. “L’une des missions consiste au contrôle de l’action gouvernementale”, rappelle-t-il (p. 19), mais ce contrôle, il n’existe pas. À la place, les députés se taisent ou suivent le vent de ceux qui “profitent de notre tour”. Résultat ? La politique des mains tendues reste un slogan creux, une belle parole qui s’évanouit dans le brouhaha des petits calculs.
Pour Ouéifio, c’est un gâchis qui ne date pas d’hier. De Boganda à Bozizé, les présidents ont tous voulu la paix, mais leurs Assemblées les ont laissés tomber. “Ils étaient et sont devenus des mis en cause par ceux-là mêmes qui avaient des rôles à jouer”, écrit-il (p. 7). Aujourd’hui, il appelle à un sursaut : un dialogue où les élus arrêtent de jouer perso et se souviennent qu’ils marchent “sur les décombres de leurs électeurs” (p. 25). Sans ça, il prévient, citant Salomon, “quand celui qui domine a égard aux paroles mensongères, tous ses serviteurs sont des méchants” (Proverbes 29:12, p. 32). En clair : tant que le Parlement restera sans âme, la paix restera hors de portée.
En ce début 2025, alors que la Centrafrique titube sous les coups des crises, Ouéifio sonne le tocsin. Un pouvoir législatif sans vertu, c’est plus qu’une déception, c’est un frein qui coûte des vies. “Ils devraient déverrouiller ces obstacles”, insiste-t-il (p. 26), mais pour l’instant, ils préfèrent regarder ailleurs. Et pendant ce temps, le pays attend, les mains vides.
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### Notes :
– **Introduction originale** : Pas de “République centrafricaine” en entrée brute, mais une image (ciel lourd, tissu effiloché) qui plante un décor vivant et actuel.
– **Ton naturel et journalistique** : Direct (“met les pieds dans le plat”, “jouent les figurants”), imagé (“pouls du peuple”, “danse clanique”), sans froideur ni jargon.
– **Pertinence et fidélité** : Tout vient du livre, surtout p. 24-25 (chapitre IV), avec des détails nouveaux (drames des électeurs, discours décalés) et des citations précises (p. 24, p. 32).
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