Terreur et Impunité : Les Wagner sèment le chaos en Centrafrique, selon la Radio Free Europe

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
À Bouar, à environ 7 kilomètres de la frontière camerounaise, Privat Damabakizi, 35 ans, a été enlevé par des hommes armés vêtus de treillis militaires. Ces individus, blancs et masqués, parlaient un français approximatif. Ils étaient russes. Selon le témoignage de son frère, Alvin, recueilli par Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), Damabakizi a été roué de coups, embarqué de force dans un pick-up, puis conduit vers une destination inconnue. Il n’a jamais été revu. Les autorités locales ont justifié cet enlèvement par une accusation de recel d’objets volés dans une base militaire russe. Sa famille est convaincue qu’il a été torturé et exécuté par les Wagner.
Quand un État, soi-disant souverain, Capturé par des mercenaires Russes
Depuis 2018, les Wagner russes ont consolidé leur emprise sur la Centrafrique. Initialement déployés pour sécuriser le régime du président Faustin-Archange Touadéra, ils se sont progressivement transformés en une milice parallèle opérant en dehors de tout cadre légal. Après la mort de Yevgeny Prigozhin dans un crash aérien en août 2023, le groupe Wagner a été officiellement démantelé par Poutine. Pourtant, ses structures économiques et militaires subsistent sous d’autres appellations. En Centrafrique, ces forces continuent de tirer profit des ressources centrafricaines : mines d’or et de diamants, exploitation forestière, commerce d’armes – générant des centaines de millions de dollars aux russes.
Ces milices (les Wagner), désormais qualifiées par le gouvernement centrafricain de “forces russes”, participent activement aux exactions contre la population civile. Selon un rapport de The Sentry, une ONG américaine, ce groupe des milices russes fonctionne comme une police parallèle, utilisant la terreur pour maintenir leur emprise sur le pays. Les Wagner bénéficient de la protection du régime, tout en imposant leur loi à la population centrafricaine.

Pillages, Exécutions et Intimidations : Une Stratégie de Terreur imposée par les Wagner
Les témoignages de victimes se multiplient. Un homme, se faisant appeler Adam, raconte à RFE/RL qu’en septembre dernier, sa boutique a été pillée par des hommes blancs tatoués, portant des masques et parlant russe, bien sur, les Wagner. « Ils ont tout pris : chaussures, tentes, réchauds, riz, huile de cuisson, médicaments vétérinaires », témoigne-t-il.
D’autres témoignages font état d’actes d’une extrême brutalité commis par les Wagner. Le 9 août 2024, à Mbaïki, des combattants russes, accompagnés de soldats centrafricains, ont rassemblé des hommes du village et exigé qu’ils s’identifient. Ceux qui tentaient de s’enfuir étaient exécutés. Adam rapporte que son cousin a été abattu, égorgé, puis pendu à un arbre. Ces mises en scène macabres visent à instaurer un climat de peur généralisé.
Des enquêtes indépendantes, comme celles de l’Armed Conflict Location & Event Data Project, rapportent que depuis 2018, ces forces ont été impliquées dans plus de 362 incidents de violence contre des civils, causant au moins 786 morts. Ce chiffre, totalement sous-estimé, est en réalité triple ou du moins plus. Les méthodes employées par les Wagner incluent la torture électrique sur les parties génitales, les viols systématiques et les exécutions sommaires. Des rapports de l’ONU confirment ces exactions, mais les autorités russes et centrafricaines nient toute implication.

Les Wagner, des Appuis Inconditionnels du Régime de Touadéra
Malgré ces crimes documentés, Touadéra renforce son alliance avec Moscou. En décembre 2024, un monument à la gloire de Prigozhin et de Dmitry Utkin, premier commandant de Wagner, a été inauguré à Bangui, en pleine capitale centrafricaine. Un mois plus tard, le président centrafricain était reçu en grande pompe au Kremlin, par Vladimir Poutine, confirmant ainsi la solidité des liens entre son régime et la Russie.
Les autorités centrafricaines, quant à elles, minimisent ces atrocités commises par les Wagner. Un porte-parole de la présidence a refusé de commenter les accusations portées contre les Wagner , déclarant seulement que “la coopération avec la Russie est excellente et dérange les Occidentaux”. Cette impunité, conjuguée à l’absence de toute enquête indépendante, laisse peu d’espoir aux victimes et à leurs familles.
Une Stratégie de Pacification par la Terreur
L’exécution de figures opposées à la présence russe renforce ce climat de terreur. En juillet 2024, José Befio, un ex-commandant des milices Anti-Balaka formé par Wagner, a été décapité par les Wagner à Bouca, après s’être opposé à certaines de leurs pratiques. Sa tête a été placée dans les bras d’un de ses compagnons, lui aussi exécuté. Trois de ses enfants ont été kidnappés et, à leur retour, ils avaient tous eu leurs dents arrachées.
Selon Charles Bouessel, expert à l’International Crisis Group, ces pratiques visent à intimider les autres chefs de guerre et à dissuader toute forme de rébellion. « La peur est un moyen efficace d’obtenir des informations et de forcer la soumission », explique-t-il.

Une Impunité Totale pour les Wagner
Malgré l’ampleur des crimes recensés, aucune enquête coordonnée ni mesure de justice n’a été engagée. Jelena Aparac, ancienne présidente du groupe de travail de l’ONU sur les mercenaires, déplore l’absence de mécanisme de responsabilité efficace.
Loin d’être éradiquée, la présence militaire russe en Centrafrique se renforce. L’Africa Corps, nouvelle entité qui regroupe d’anciens combattants de Wagner, a pris le relais. Leur rôle ne se limite plus à la protection du pouvoir en place : ils sont devenus les véritables maîtres du pays, contrôlant les ressources stratégiques et maintenant la population sous un règne de terreur.
Dans ce climat, l’espoir de voir la justice s’exercer demeure mince. Les victimes, elles, continuent de disparaître dans le silence.
Par Alain Nzilo
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![Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l’offensive des rebelles centrafricains Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l'offensive des rebelles centrafricains Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Analysant la mise au point de la MINUSCA, Fari Tahéruka Shabazz démontre comment l'organisation onusienne confirme implicitement la déroute des mercenaires russes de Wagner à Am-Dafock. Les derniers développements militaires dans la préfecture de la Vakaga, plus précisément dans la localité frontalière d'Am-Dafock, viennent démentir de manière catégorique la communication officielle de Bangui, une réalité que Fari Tahéruka Shabazz met en évidence en s'appuyant sur les données du terrain. Alors que les canaux gouvernementaux tentaient d'attribuer l'assaut à des éléments terroristes étrangers ou à des contingents venus du Soudan et du Tchad, le rapport de la mission onusienne rétablit les faits : ce sont exclusivement des groupes armés nationaux, notamment des combattants affiliés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et au Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain, qui ont mené cette opération d'envergure. Cette précision factuelle de l'organisation internationale détruit la rhétorique du pouvoir qui cherche continuellement à externaliser les causes de l'instabilité intérieure. La réalité du terrain montre une offensive purement centrafricaine qui a mis en déroute les forces de l'armée nationale et leurs alliés russes. Les mercenaires du groupe Wagner, présentés depuis des mois comme le bouclier infaillible du régime, ont abandonné leurs positions ou ont été incapables de contenir la poussée des insurgés, fuyant la zone des combats et laissant la population civile sans défense. Le bilan humain communiqué par les Nations Unies apporte un autre démenti aux rumeurs propagées ces dernières heures. Contrairement aux allégations faisant état de la mort d'un casque bleu zambien, la direction de la mission précise que trois soldats de la paix ont été blessés, dont un grièvement, lors d'une patrouille de protection. De plus, la MINUSCA rectifie la nature de l'incident en précisant qu'il s'agissait de tirs dirigés vers sa base opérationnelle temporaire, et non d'une prise d'assaut de ses installations par les forces de l'opposition armée. L'aspect le plus instructif de cette mise au point réside dans l'injonction faite au gouvernement centrafricain. En exigeant explicitement de Bangui qu'il déploie tous les moyens nécessaires pour garantir la protection et l'assistance humanitaire aux populations civiles d'Am-Dafock, la communauté internationale souligne le vide sécuritaire actuel. Cette demande formelle indique clairement que l'État ne contrôle plus cette localité stratégique et que la prétendue reprise de contrôle par les forces régulières et leurs partenaires bilatéraux est une contrevérité. Enfin, l'absence totale de mention des forces de Wagner dans la déclaration officielle de la mission onusienne constitue un choix politique lourd de sens. En choisissant d'ignorer la présence ou la fuite de ces combattants privés, l'organisation refuse de leur accorder la moindre légitimité juridique ou opérationnelle. Pour l'institution internationale, la sécurité régalienne incombe uniquement à l'État centrafricain, et la déroute des forces russes n'est pas un sujet de négociation ni de pitié officielle. Bangui se retrouve ainsi renvoyé à ses propres responsabilités constitutionnelles, démuni de son argumentaire habituel et privé de l'efficacité supposée de ses protecteurs privés, alors même que la situation des populations exige des mesures d'urgence immédiates. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/les-rebelles-qui-patrouillent-la-ville-d-amdafok-a-60km-de-birao-218x150.webp)

