
Les organisations de la société civile centrafricaine exigent la libération immédiate et sans condition de cinq responsables arrêtés après l’appel à la journée ville morte du lundi 12 octobre. Elles dénoncent également les restrictions imposées aux visites des détenus à la Compagnie nationale de sécurité (CNS).
Dans une déclaration, les leaders de la société civile expriment leur indignation après l’arrestation de Quentin NGOUANDO, Elysée NGUEMALE, Stève BENDO DENY, Barry MARDIOS et Igor MOKPREM. Les cinq responsables sont accusés de prétendus troubles à l’ordre public, selon le document.

Après avoir appris leur arrestation, plusieurs représentants de la société civile se sont rendus à la CNS pour s’informer de leur situation. Ils affirment avoir essuyé un refus catégorique des responsables de l’institution, qui leur ont interdit toute visite aux détenus.
La délégation s’est ensuite dirigée vers le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Bangui pour obtenir des explications. Informé de la situation, le magistrat s’est rendu sur place et a ordonné aux éléments de la CNS d’autoriser deux membres de la société civile à rencontrer les détenus.
Les restrictions auraient néanmoins persisté après cette intervention. Selon la déclaration, les visites sont restées interdites, y compris pour les proches venus apporter des vivres aux personnes détenues.
La journée ville morte défendue comme une action pacifique
Les organisations contestent les accusations de troubles à l’ordre public. Elles affirment que la journée ville morte s’est déroulée sans violences, sans défilé et sans dégradation de bâtiments publics ou privés. Elles précisent qu’aucun participant n’a occupé la rue avec des armes ou des objets dangereux et que les citoyens sont restés à leur domicile.
Pour les signataires, la fermeture temporaire des commerces constitue une manière pacifique d’exprimer un désaccord avec une décision gouvernementale. Ils estiment qu’une telle initiative ne peut être assimilée à une révolte ou à une rébellion.
Les organisations invoquent également la Constitution du 30 août 2023 et les instruments internationaux relatifs aux libertés fondamentales. Elles rappellent que la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement doivent être respectés.
Les organisations dénoncent des intimidations
Face à ces arrestations, les responsables de la société civile rejettent ce qu’ils considèrent comme des tentatives d’intimidation destinées à réduire au silence les voix dissidentes. Ils demandent la libération immédiate et sans condition des cinq personnes arrêtées.
Les signataires appellent également la population centrafricaine au calme et à la vigilance. Ils maintiennent leur contestation des arrestations et des restrictions imposées aux visites, tout en réaffirmant leur attachement à l’expression pacifique des désaccords avec les décisions du gouvernement.
Suite à la journée ville morte organisée à Bangui, les forces de sécurité retiennent les militants à la Compagnie nationale de sécurité, tandis que le procureur du tribunal de grande instance tente de débloquer l’accès aux détenus.
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