
La journée « ville morte » du 12 octobre 2026 est suivie à environ 80 % à Bangui, selon les constatations de la rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC). Écoles largement désertées, circulation fortement perturbée et marchés privés de clients : le mot d’ordre lancé par le Consortium de la société civile pour protester contre la hausse des prix du carburant a considérablement ralenti les activités dans la capitale.
Une circulation fortement perturbée dans les quartiers
Dès les premières heures de la matinée, plusieurs quartiers de Bangui ont enregistré une baisse importante de la circulation. Dans les rues de Castors, de Sica et dans plusieurs secteurs du sud et de l’est de la capitale, les déplacements étaient nettement moins fréquents que d’habitude.
Les taxis-motos, qui assurent une grande partie des déplacements urbains, étaient moins nombreux à circuler. Seuls quelques axes, notamment autour de l’avenue des Martyrs et de la station-service du même nom, connaissaient encore des mouvements relativement importants.
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Cette circulation autour de la station des Martyrs s’expliquait notamment par l’opération de distribution gratuite de carburant organisée en faveur de certains conducteurs de taxis-motos. De longues files se sont formées devant la station, provoquant des attroupements et des tensions entre les conducteurs servis et ceux qui attendaient encore.
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Des écoles désertées et des marchés sans clients
Dans plusieurs établissements scolaires publics et privés, les salles de classe étaient vides ou accueillaient très peu d’élèves. De nombreux enseignants n’ont pas rejoint leur poste. Plusieurs familles ont également préféré garder leurs enfants à la maison.
Sur les marchés et dans les commerces du centre-ville, les vendeurs étaient présents, mais les clients se faisaient rares. Plusieurs commerçants ont constaté une baisse importante de la fréquentation. Certains envisageaient de rentrer chez eux faute de ventes suffisantes.
Ces observations effectuées par la rédaction du CNC indiquent une adhésion importante au mot d’ordre, même si la mobilisation n’a pas été totale dans tous les secteurs de la capitale.
Le gouvernement tente de maintenir les activités
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, le gouvernement a convoqué dimanche six centrales syndicales pour des discussions avec les autorités. Des déclarations communes ont ensuite été publiées, dans le but de maintenir les activités.
Le ministre de la Communication, Évariste Ngamana, a également rencontré des délégués des taxis-motos. D’après les informations recueillies par le CNC, des sommes d’argent leur auraient été remises pour encourager les conducteurs à continuer de travailler. Plusieurs conducteurs ont contesté la démarche de leurs représentants et exprimé leur désaccord.
Une autre opération a ensuite consisté à distribuer gratuitement du carburant à des conducteurs de taxis-motos afin de favoriser la circulation dans la capitale. Cette initiative a provoqué un important rassemblement devant la station-service des Martyrs. Des conducteurs ont attendu plusieurs heures sans recevoir le carburant annoncé, tandis que d’autres se sont plaints de ne pas avoir été servis.
Cette opération n’a pas permis de rétablir la circulation habituelle dans les quartiers. Les mouvements autour de la station ont surtout provoqué des attroupements et des tensions entre les conducteurs.
Le carburant gratuit ne répond pas à la revendication
Plusieurs conducteurs rencontrés sur place ont estimé que la distribution gratuite de carburant ne règle pas le problème de fond. Ils demandent au gouvernement de revoir les prix à la pompe, qu’ils jugent trop élevés au regard de leurs revenus et du coût de la vie.
Pour ces conducteurs, une distribution ponctuelle ne peut pas remplacer une baisse durable des prix. Certains ont même refusé de considérer le carburant offert comme une solution à leurs difficultés quotidiennes.
La rédaction du CNC a également recueilli des informations faisant état de mécontentements parmi les conducteurs qui n’ont pas reçu de carburant. La tentative de maintenir une partie des taxis-motos en circulation n’a donc pas empêché le ralentissement des activités dans plusieurs quartiers.
Radio Ndéké Luka confirme le ralentissement des activités
Face à la hausse des prix du carburant et à la flambée du coût de la vie, les conducteurs de taxis-motos maintiennent la pression malgré les manœuvres du gouvernement.
Dans un reportage consacré à cette journée, Radio Ndéké Luka confirme la faible fréquentation des rues et des commerces de Bangui. La radio décrit des passants moins nombreux que d’habitude, des clients rares au centre-ville et des conducteurs de taxis-motos rassemblés devant la station des Martyrs pour recevoir du carburant gratuit. Plusieurs témoignages recueillis par ses journalistes font également état du mécontentement provoqué par la hausse des prix à la pompe.
Le reportage relève aussi une fréquentation réduite dans plusieurs écoles et à l’hôpital communautaire. La situation reste toutefois contrastée dans certains services administratifs, où des fonctionnaires ont rejoint leur poste. Ces observations rejoignent celles de la rédaction du CNC sur le suivi important du mot d’ordre, sans arrêt total des activités dans toute la capitale.
Une première étape pour les organisateurs
La journée du 12 octobre a été décrétée par le Consortium de la société civile pour protester contre l’augmentation des prix du carburant et ses conséquences sur le coût de la vie. À Bangui, les constatations de la rédaction du CNC font état d’une adhésion estimée à 80 %, malgré la présence de fonctionnaires dans certains services, l’ouverture de commerces et la circulation de quelques véhicules.
Des habitants rencontrés sur le terrain ont salué l’initiative et considéré cette journée comme une première étape. Selon eux, la mobilisation pourrait se poursuivre si les autorités ne répondent pas aux revendications portant sur les prix du carburant et le coût de la vie.
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