KoumboliKoumboli, village de plus de 2000 habitants à 5 km de Zemio, privé de structures sanitaires depuis près de 3 ans
Situé à seulement 5 kilomètres de la ville de Zemio, dans la préfecture du Haut-Mbomou, le village de Komboli vit sans centre de santé fonctionnel depuis près de trois ans. Pillé par les mercenaires russes du groupe Wagner et partiellement incendié par les soldats des forces armées centrafricaines, le dispensaire n’est plus qu’une ruine. Ses habitants, revenus chez eux après avoir fui les exactions, accusent les forces en présence de les considérer comme complices des miliciens Azandé Anikpigbé. Une situation qu’ils dénoncent avec force et qui met des vies en danger.**
Komboli est un grand village. Il regroupe plus de 5 quartiers et compte plus de 2000 habitants. Un chiffre qui, à lui seul, dit l’ampleur du vide sanitaire dans lequel cette communauté est plongée. Car depuis près de trois ans, ce village situé à 5 km de Zemio, dans le Haut-Mbomou, ne dispose plus d’aucune structure de santé opérationnelle. La faute à une succession d’événements dramatiques qui ont précipité ses habitants dans une détresse sanitaire sans précédent.

Un centre de santé pillé et incendié
Avant la crise, les habitants de Komboli pouvaient compter sur un centre de santé. Un centre construit grâce à l’appui d’une organisation non gouvernementale, qui représentait pour eux bien plus qu’un simple bâtiment : il était le premier rempart contre la maladie, le lieu où l’on pouvait accoucher, où l’on soignait les fièvres, où l’on vaccinait les enfants. Aujourd’hui, il n’est plus qu’une coquille vide, pillée puis en partie incendiée.
Selon les témoignages recueillis sur place, le dispensaire a d’abord été pillé par les mercenaires russes du groupe Wagner. Puis, dans un second temps, le village a été partiellement incendié par les soldats des forces armées centrafricaines. Un enchaînement de violences qui a poussé les villageois à fuir. « Nous avons un centre de santé ici au village de Koumboli, construit par une ONG. Mais l’attaque du groupe armé qui a eu lieu ici a tout détruit. Le centre a été saccagé et pillé. » Le témoignage de Jean-Marie Inamou, chef du groupe intérimé, résume la détresse d’une communauté qui a tout perdu.
« Ils nous accusent d’être complices des miliciens »
Au-delà des destructions matérielles, les habitants de Koumboli dénoncent une accusation qui leur colle à la peau et qui empoisonne leurs relations avec les forces de sécurité. Selon eux, les mercenaires du groupe Wagner et les soldats des FACA les suspectent d’être complices des miliciens d’autodéfense Azandé Anikpigbé. Une accusation qu’ils rejettent en bloc, mais qui alimente un climat de méfiance et de peur.
Cette suspicion a des conséquences concrètes. Elle complique l’accès à l’aide humanitaire, freine les initiatives de réconciliation et maintient les habitants dans une position d’insécurité permanente. Car être accusé de complicité avec un groupe armé, dans un contexte de conflit comme celui du Haut-Mbomou, peut avoir des conséquences tragiques. Les villageois le savent. Ils vivent avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.
« Si la maladie est grave, la personne risque de succomber en route »
Privés de leur centre de santé, les habitants de Komboli n’ont d’autre choix que de se rendre à Zemio, à 5 kilomètres de là, pour tenter de trouver des soins. Cinq kilomètres, dira-t-on, ce n’est pas la mer à boire. Mais dans une région où les routes sont inexistantes ou impraticables, où les moyens de transport sont rares et où la moindre évacuation sanitaire relève du parcours du combattant, ces 5 kilomètres peuvent se transformer en chemin de croix.
« Quand on tombe malade, il faut aller très loin en ville pour bénéficier des soins adéquats. Et si la maladie est grave, la personne risque de succomber en route. » La formule de Jean-Marie Inamou est sans appel. Elle dit l’urgence, l’angoisse, l’impuissance. Elle dit aussi une réalité que les statistiques ne captent pas toujours : celle de vies perdues non pas à cause de la maladie elle-même, mais à cause de l’absence de soins accessibles.
Un appel à l’aide lancé au gouvernement et aux partenaires
Face à cette situation, les habitants de Komboli ne baissent pas les bras. Ils se mobilisent, nettoient la concession du centre de santé, la préparent pour un éventuel retour des soins. « Actuellement, les populations ont nettoyé la concession de manière très propre en attendant un soutien », rapporte notre correspondant. Un geste qui en dit long sur la détermination de ces hommes et de ces femmes à ne pas se résigner.
Mais ils ne peuvent pas tout faire seuls. C’est pourquoi ils lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires. « C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et aux partenaires médicaux de réhabiliter notre centre de santé et de le doter de médicaments », plaide Jean-Marie Inamou. Un appel qui n’est pas seulement une demande d’assistance, mais un cri de détresse. Car derrière chaque jour sans soins, il y a des enfants qui ne sont pas vaccinés, des femmes qui accouchent sans assistance, des malades qui attendent un traitement qui ne vient pas.
L’urgence d’une réponse
Le manque d’accès aux services de santé à Komboli n’est pas un problème nouveau. Il perdure depuis près de trois ans. Trois ans pendant lesquels les habitants ont survécu comme ils ont pu, comptant sur leur solidarité et sur la chance. Mais la chance finit toujours par tourner. Et dans un village de plus de 2000 habitants, les besoins sont immenses.
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