Rien ne semble pouvoir arrêter la descente aux enfers de la République centrafricaine sous la houlette du régime de Faustin-Archange Touadéra. Après avoir instauré un climat de terreur caractérisé par les tortures, les assassinats ciblés, les exécutions sommaires perpétrées par ses alliés mercenaires russes, les détentions arbitraires et la répression judiciaire féroce des opposants politiques, le pouvoir d'État franchit une nouvelle étape : l'érection de la démagogie pure et simple en doctrine de gouvernement.
À peine rentré de son périple diplomatique et médical, l'empereur président Touadéra et son premier cercle ont déployé une vaste campagne de manipulation pour justifier l'asphyxie financière des ménages centrafricains par la hausse des prix du carburant.

Dès sa descente d'avion à l'aéroport international de Bangui M'poko, Faustin-Archange Touadéra a ouvert le bal des contre-vérités, aussitôt relayé sur les antennes de la Radio-Télévision Centrafricaine (TVCA) par son conseiller camerounais, Jules Djawé. Ce dernier a osé vanter un soi-disant « volet social » à l'augmentation catastrophique des prix du carburant, prétendant que la Centrafrique ferait preuve d'une « générosité » inédite par rapport aux pays voisins.
Une imposture grossière : aucun autre État de la sous-région (CEMAC) n'a imposé de tels tarifs à sa population. La Centrafrique détient aujourd'hui, et de très loin, le triste record des carburants les plus chers de toute la région.
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Pour imposer ce coup de massue fiscal, la méthode du gouvernement a une nouvelle fois illustré son mépris du dialogue social. C'est le Premier ministre Félix Moloua qui a convoqué à la Primature les dirigeants des centrales syndicales des travailleurs pour les informer de la décision présidentielle, sans même prendre la peine de consulter les syndicats de transporteurs comme cela avait été fait pour la hausse de 2023.
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Les arguments avancés par ces démagogues pour justifier cette énième augmentation frôlent le ridicule. Mais comme le ridicule ne tue pas, ils sont toujours là pour parader.
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Parmi ces prétentieux arguments, le pouvoir avance que la RCA ne serait pas un pays producteur et qu'elle serait le seul État à continuer de subventionner le carburant. Et voilà qu'il faudrait désormais « couper les subventions pétrolières pour garantir le paiement régulier des salaires des fonctionnaires ». Un tel raisonnement relève d'un chantage ignoble et d'un mensonge d'État.
La présidence tout comme le gouvernement feignent d'oublier qu'ils avaient déjà mis fin à ces subventions depuis 2023. Prétendre aujourd'hui supprimer une aide financière qui n'existe plus depuis trois ans pour « sauver les salaires » constitue un outrage flagrant à l'intelligence des citoyens.
Derrière cette stratégie du chaos tarifaire et le blocage délibéré des décrets d'application de la loi sur la libéralisation du secteur pétrolier, votée depuis plus de deux ans et réclamée par l'opposition démocratique, se cache une vaste opération commerciale par personne interposée.
Le marché des hydrocarbures est aujourd'hui cadenassé par le monopole exclusif de la société Neptune Oil, unique importateur qui ne fait que distribuer le carburant acheminé et contrôlé dans l'ombre par les mercenaires russes d'Africa Corps et de Wagner.
Le schéma est limpide : l'État préserve sa part fiscale au passage pour payer les services de Poutine, tandis que le surplus alimente directement les caisses opaques de la milice russe chargée de protéger le régime.
Isolé sur la scène internationale, privé d'appuis budgétaires en raison de ses dérives dictatoriales et de ses violations répétées des droits humains, le régime de Faustin-Archange Touadéra ne sait plus comment financer sa survie politique.
Le monopole de la compagnie Neptune Oil sur les hydrocarbures permet au régime de garantir le paiement des salaires des fonctionnaires tout en finançant la milice russe, malgré la flambée inédite du prix du carburant.
Après avoir utilisé la violence physique et la traque des voix dissonantes pour étouffer toute contestation, il utilise désormais le chantage économique et la démagogie la plus crasse. Mais à force de prendre les Centrafricains pour un peuple sans mémoire, le pouvoir oublie que l'accumulation des injustices et l'asphyxie du quotidien finissent toujours par balayer les certitudes des régimes autoritaires.
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