
Faustin-Archange Touadéra demande aux Centrafricains de patienter face à la nouvelle hausse des prix du carburant, alors que cette décision alourdit directement les dépenses des ménages et des entreprises.
De retour à Bangui après plusieurs jours à l’étranger, Faustin-Archange Touadéra a défendu la décision du gouvernement d’augmenter les prix à la pompe. Il a principalement invoqué la hausse des cours internationaux du pétrole, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient.

« Nous demandons à nos compatriotes d’avoir un peu plus de patience », a déclaré Faustin-Archange Touadéra.
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Le message intervient alors que les conséquences de la hausse sont déjà perceptibles dans le quotidien des Centrafricains. Le carburant ne concerne pas seulement les automobilistes. Son prix influence directement le transport, l’acheminement des marchandises, les activités des entreprises et, par effet de chaîne, les prix des produits de première nécessité.
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Faustin-Archange Touadéra estime que la République centrafricaine dispose de peu de marges de manœuvre puisqu’elle ne produit pas de pétrole et dépend des importations. Il affirme que les marketeurs achètent le carburant sur le marché international à des prix désormais plus élevés.
Cette dépendance explique une partie du problème, mais elle ne répond pas à toutes les interrogations sur le prix payé à la pompe. Le coût final du carburant dépend aussi des conditions d’importation, des frais appliqués, des taxes, des marges et du mécanisme retenu par l’État pour fixer les prix.
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Le chef de l’État affirme par ailleurs que le gouvernement avait maintenu les anciens prix pendant plusieurs mois avant de se résoudre à les augmenter. Selon lui, cette politique avait contraint l’État à supporter une partie du coût réel du carburant.
Il avance notamment le chiffre de 350 francs CFA par litre, que l’État aurait dû prendre en charge pour maintenir le gasoil à 1 250 francs CFA. Faustin-Archange Touadéra estime que cette charge n’est désormais plus supportable pour le Trésor public.
Cette affirmation appelle toutefois à davantage de précisions. Quel volume de carburant est concerné ? Quel montant l’État a-t-il effectivement dépensé ? Depuis quelle date cette prise en charge existe-t-elle ? Et sous quelle forme comptable cette dépense apparaît-elle dans les finances publiques ?
Ces questions sont importantes, car le gouvernement avait déjà procédé à une profonde réforme du prix des carburants en 2023. À l’époque, les autorités avaient notamment justifié la hausse par la nécessité de mettre fin au coût de la subvention et de rétablir les recettes publiques liées aux produits pétroliers.
La situation actuelle nécessite donc de distinguer la hausse du prix international du pétrole et les mécanismes internes qui déterminent le prix payé par les consommateurs centrafricains.
Faustin-Archange Touadéra a également donné une dimension politique à la contestation. Il estime que certains acteurs profitent de la hausse pour mobiliser la population contre le pouvoir.
« Il y en a qui surfent sur ça pour mettre la population dans la rue », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État justifie la révision des prix du carburant par la flambée des cours sur le marché international, pesant lourdement sur le Trésor public.
Cette lecture politique intervient alors que les difficultés économiques provoquées par la hausse touchent directement les travailleurs, les transporteurs, les commerçants et les entreprises. Pour une grande partie de la population, la question ne se limite donc pas au débat politique. Elle concerne le coût quotidien du déplacement, de l’alimentation et de l’activité économique.
Faustin-Archange Touadéra appelle malgré tout les Centrafricains à patienter et estime que le gouvernement doit désormais travailler avec les travailleurs et les entreprises sur les conséquences de la hausse.
Reste une question centrale : combien de temps les ménages et les entreprises pourront-ils absorber cette nouvelle hausse alors que leurs revenus ne progressent pas au même rythme que les coûts du transport et des marchandises ?
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