Centrafrique : Faustin Archange Touadéra pris en flagrant délit de mensonge sur la hausse du prix du carburant

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Il faut le rappeler: ce n’est pas un observateur extérieur, ce n’est pas l’opposition, ce n’est pas la presse. C’est le gouvernement centrafricain lui-même qui, en janvier 2023, a annoncé officiellement qu’il mettait fin à la subvention sur les carburants.

 

En 2023, c’est le gouvernement lui-même qui a annoncé la fin de la subvention

 

Le 3 janvier 2023, l’État a augmenté les prix à la pompe : le litre d’essence est passé de 865 à 1 300 francs CFA, le gasoil de 855 à 1 450 francs CFA, et le pétrole lampant de 645 à 1 150 francs CFA. À l’époque, l’argument était clair : l’État ne pouvait plus porter le coût de la subvention.

Centrafrique : Faustin Archange Touadéra pris en flagrant délit de mensonge sur la hausse du prix du carburant
Le president putschiste Faustin Archange Touadera, tellement gros, descend avec de la peine de l’avion

 

Puis c’est le président Faustin-Archange Touadéra lui-même qui est venu confirmer cette décision devant les Centrafricains. Son gouvernement a expliqué que les nouveaux prix étaient calculés pour que la subvention tombe à zéro.

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Autrement dit, en 2023, c’est le pouvoir lui-même qui a dit : nous arrêtons la subvention.

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Le FMI n’est venu qu’après, pour confirmer les dires du gouvernement

 

Le FMI n’a fait que documenter ce que le gouvernement centrafricain avait déjà annoncé. Dans son rapport publié en avril 2023, l’institution a simplement confirmé les faits : les nouveaux prix avaient été fixés de manière à ce que la subvention sur les carburants soit égale à zéro.

 

Le FMI est donc intervenu en second. Il n’a pas inventé cette histoire. Il a mis par écrit ce que Bangui avait décidé et annoncé.

 

Le rapport du FMI explique aussi comment fonctionnait la subvention avant 2023. L’État supportait une partie de l’écart entre le coût réel du carburant et le prix payé à la pompe. En 2022, le coût de livraison d’un litre de diesel dépassait d’environ 80 % le prix officiel de 855 francs CFA. Le FMI évaluait l’écart à 682 francs CFA par litre, entre manque à gagner fiscal et paiements dus aux importateurs.

 

La pénurie avait aussi fait chuter les recettes pétrolières. Selon le FMI, les recettes fiscales tirées des produits pétroliers sont passées d’une moyenne mensuelle de 1,5 à 2 milliards de francs CFA à environ 100 millions de francs CFA à la fin de 2022.

 

La réforme de janvier 2023 avait donc un objectif assumé : réduire le coût pour les finances publiques, améliorer l’approvisionnement et récupérer davantage de recettes. Le FMI écrivait alors que le gouvernement avait augmenté les prix « face à la tension croissante sur la trésorerie ».

 

Aujourd’hui, c’est encore le même pouvoir qui dit qu’il subventionne encore

 

Trois ans plus tard, le discours change complètement. Et c’est toujours le même pouvoir qui parle.

 

Le président Touadéra affirme aujourd’hui que l’État centrafricain verse environ 350 francs CFA par litre de gasoil pour maintenir le prix à 1 250 francs CFA. Il explique que la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient ont fait grimper les prix sur le marché international.

 

« Sur un litre de carburant à 1 250 francs, l’État doit payer au moins 350 francs par litre pour compléter », a déclaré le président.

 

Il ajoute que le Trésor public ne dispose plus des moyens nécessaires pour maintenir cette politique. Il présente la hausse comme une mesure destinée à permettre à l’État de continuer à payer les salaires et à honorer ses autres obligations.

 

Mais alors, une question simple se pose : en 2023, c’est ce même gouvernement qui a dit qu’il arrêtait la subvention. En 2026, c’est ce même gouvernement qui dit qu’il subventionne encore. Qui dit vrai ?

 

Le FMI avait écrit noir sur blanc que la subvention était à zéro

 

Le FMI, dans son rapport d’avril 2023, a écrit que les prix avaient été fixés pour que la subvention soit nulle. Ce n’est pas une interprétation. C’est un constat écrit.

 

Si le gouvernement parle aujourd’hui d’une nouvelle subvention apparue après la réforme de 2023, il doit le prouver. Il doit dire quand cette subvention est réapparue, sous quelle forme, pour quel montant, et sur quelle période.

 

S’agit-il d’une compensation versée aux importateurs ? D’un manque à gagner fiscal ? D’une prise en charge directe d’une partie du coût d’importation ? Ou d’un autre mécanisme budgétaire ?

 

Tant que ces questions restent sans réponse, la déclaration du président ne tient pas debout.

 

L’argent est passé où ?

 

La vraie question que les Centrafricains se posent est simple : si la subvention a été supprimée en 2023, où est passé l’argent que l’État a économisé ?

 

Pourquoi le Trésor public se retrouve-t-il aujourd’hui dans l’incapacité de payer les salaires et d’honorer ses engagements ? Pourquoi l’État dit-il qu’il ne peut plus subventionner le carburant alors qu’il avait justement arrêté de le faire il y a trois ans ?

 

Les voyages présidentiels à répétition, les dépenses sécuritaires non contrôlées, la gestion opaque des ressources publiques : voilà des pistes qui méritent d’être examinées. Parce que si l’argent avait été bien géré, l’État n’aurait pas besoin aujourd’hui de revenir sur une réforme qu’il avait lui-même présentée comme la solution.

 

En s’appuyant sur les données du rapport du FMI de 2023, qui attestait de la fin de la subvention sur les carburants, l’incertitude demeure quant aux réelles charges pesant sur le Trésor public.

Le coût de la guerre ne suffit pas à tout expliquer

 

La guerre en Ukraine a réellement fait grimper les prix mondiaux du pétrole. Le FMI l’a reconnu en 2023. Les tensions au Moyen-Orient peuvent aussi peser sur le coût d’approvisionnement de la RCA, qui dépend des importations.

 

Mais ces facteurs extérieurs n’expliquent pas tout. Ils n’effacent pas la question de la structure du prix payé à la pompe.

 

En 2023, le FMI avait recommandé une réforme du mécanisme de fixation des prix : audit des coûts d’approvisionnement, examen des marges et des frais, mécanisme automatique d’ajustement. L’institution avait aussi relevé que le coût d’importation payé aux importateurs était l’un des principaux facteurs du prix élevé des carburants en RCA. En novembre 2022, le prix moyen à l’importation en RCA était 1,8 fois supérieur à celui d’autres pays de la région.

 

Le débat ne porte donc pas seulement sur le prix du pétrole à l’étranger. Il porte sur la manière dont ce prix international devient le prix payé par les Centrafricains à la pompe.

 

Ce que le gouvernement doit expliquer

 

Le président a lancé un chiffre : 350 francs CFA de subvention par litre. Si ce montant est exact, il représente une charge énorme pour les finances publiques. Mais pour mesurer cette charge, il faut connaître les volumes concernés, la période durant laquelle cette compensation a été versée, et le mécanisme comptable utilisé par l’État.

 

Le FMI avait établi en 2023 que les prix avaient été fixés pour ramener la subvention à zéro. Trois ans plus tard, le président affirme que le Trésor ne peut plus continuer à subventionner le carburant.

 

Entre ces deux déclarations, il manque une explication : quand la subvention supprimée en 2023 est-elle réapparue, sous quelle forme et pour quel montant ?

 

C’est cette évolution que le gouvernement doit documenter. Pas pour faire plaisir à quiconque, mais pour permettre aux Centrafricains de comprendre le vrai coût du carburant et les vraies raisons de la nouvelle hausse.

 

Tant que cette explication ne viendra pas, la déclaration du président restera ce qu’elle est : une contradiction de plus, assumée par ceux-là mêmes qui avaient promis d’arrêter la subvention.Centrafrique : Faustin Archange Touadéra pris en flagrant délit de mensonge sur la hausse du prix du carburant.

 

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Fiche auteur : Alain NziloFonction Fondateur et directeur de publication de Corbeau News Centrafrique Journaliste d’investigationIdentité Journaliste centrafricain, né à Bangui. Créateur du groupe média Corbeau News Centrafrique, lancé en 2014.Formation Master en management des médias, École supérieure d’Action et de recherche commerciale, France Maîtrise en communication et médias, Université de Sherbrooke, Québec, Canada Doctorat en administration des affaires, option communication et médias, Université du Québec à Trois-Rivières, CanadaSpécialités Enquêtes d’investigation Analyses politiques africaines Crises sécuritaires en Centrafrique Politiques économiques africainesDescription Alain Nzilo est un journaliste spécialisé dans l’investigation et l’analyse politique. Son média, Corbeau News Centrafrique, est reconnu pour ses enquêtes sur les crises sécuritaires et les enjeux politiques du pays. Il est régulièrement cité par des institutions internationales comme source indépendante.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine Téléphone : +236 75 72 18 21 Email : alainnzilo@gmail.com