Centrafrique : la tarification à deux vitesses du carburant, une pure escroquerie d’État

0
9

Regarder la video

 

 

Coupé des aides budgétaires et des appuis financiers internationaux en raison de sa dérive autoritaire, l’Empreur-président Faustin-Archange Touadéra lutte avyles démons de l’économie par tous les moyens pour maintenir son régime en cherchant coûte que coûte à renflouer ses caisses vides.

 

Après avoir siphonné le porte-monnaie des citoyens lambdas à travers la surtaxation des transactions numériques et du Mobile Money, il s’attaque désormais directement aux budgets de fonctionnement des entreprises, des sociétés privées, des ONG et des agences des Nations unies, y compris la MINUSCA.

Centrafrique : la  tarification à deux vitesses  du carburant, une pure escroquerie d'État
De gauche à droite Simplice Mathieu Sarandji, Faustin Archange Touadera, Tina Touadera et Félix Moloua en prière à l’église Apostolique de Lakouanga

 

Mais si l’impact reste indolore pour le budget onusien, ce sont une fois de plus les Centrafricains ordinaires qui vont en payer le prix fort : hausse vertigineuse des tarifs de transport, explosion du coût de la vie et cherté accrue des télécommunications.

 

À lire aussi : Centrafrique : comment le marché du carburant est devenu la vache à lait du régime et de ses parrains russes

Annoncée par le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique la révision des prix du carburant introduit une séparation totalement absurde et bancale entre « particuliers » et « gros consommateurs ».

 

À lire aussi : Centrafrique : le gouvernement envisage le retour à la vacation pour combler le déficit des enseignants

Selon la grille tarifaire officielle relayée par la presse locale :

 

Essence : Le litre passe de 1 050 FCFA à 1 150 FCFA pour les particuliers (+100 F), mais bondit à 1 500 FCFA pour la catégorie des « gros consommateurs » (+450 F).

Gasoil : Fixé jusqu’ici à 1 250 FCFA, le litre passe à 1 400 FCFA pour les particuliers (+150 F) et grimpe jusqu’à 1 650 FCFA pour les entreprises et institutions (+400 F).

Selon un homme politique centrafricain contacté par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, le véritable objectif de ce dispositif est de pomper indûment l’argent des institutions internationales et des grands acteurs économiques.

En réalité, les grandes agences des Nations unies comme la MINUSCA et les sociétés forestières n’achètent pas leur carburant à la pompe du coin : elles commandent d’importants volumes directement auprès de la direction et se font livrer par camions-citernes depuis le dépôt pétrolier de Kolongo. C’est là que le gouvernement entend appliquer son prélèvement maximal, estimant que ces structures disposent de « budgets illimités ».

Cette méthode s’inscrit dans une politique de « tiroir-caisse » déjà éprouvée par le régime. L’ENERCA pour l’électricité et la SODECA pour l’eau appliquent depuis longtemps des tarifs d’exception aux représentations internationales et humanitaires, avec des factures jusqu’à cinq fois supérieures aux prix ordinaires.

Aujourd’hui, cette même logique d’extorsion s’étend au marché des hydrocarbures, un secteur entièrement verrouillé par des contrats obscurs et contrôlé dans l’ombre par les mercenaires russes du groupe Wagner.

Autres réalités pratiques de cette augmentation : le flou artistique à la pompe, le véritable casse-tête des transporteurs.

Si le prélèvement au dépôt de Kolongo est facile à orchestrer, la mesure devient un imbroglio ingérable dès qu’elle touche le réseau des stations-services.

Qu’en sera-t-il des compagnies de transport en commun, des autocars et des camions de marchandises qui s’approvisionnent directement à la pompe et achètent plus de 100 litres par plein ?

Seront-ils assimilés à des « gros consommateurs » ?

Le flou le plus total règne autour de la définition exacte de cette catégorie.

Sur le plan opérationnel, la mesure frôle le ridicule. En Centrafrique, il n’y a pas de libre-service ou le volume à se servir à la pompe est activé par le gérant depuis son comptoir. Ce sont les pompistes qui servent les usagers.

Comment ces derniers pourront-ils appliquer deux prix différents selon la « tête du client » alors qu’aucun double affichage n’est prévu ?

Même si les véritables patrons invisibles du secteur, les mercenaires de Wagner, faisaient installer des pompes de dernière génération importées de Russie, ces machines ne disposent d’aucun système permettant d’ajuster dynamiquement le tarif au cas par cas.

C’est aussi un casse-tête comptable et une porte ouverte à la corruption selon plusieurs observateurs contactés par la Rédaction.

Selon ces observateurs, au-delà de l’impossibilité technique, la mesure pose un casse-tête comptable insurmontable pour la gestion quotidienne des stations.

Plusieurs Centrafricains et observateurs économiques s’interrogent :

Comment un pompiste va-t-il répartir et justifier ses recettes journalières sur la vente d’une cuve de 20 000 litres de gasoil, si par exemple une entreprise libanaise en a prélevé 12 000 litres au tarif « gros consommateur » et que le reste a été vendu au détail ?

Sans réponse ni cadrage technique du ministère, cette mesure livre les pompistes au chaos et crée un terrain propice au chantage, aux arrangements sous le manteau et au détournement de fonds. Comme le souligne notre source politique :

La révision des prix du carburant introduite par le gouvernement impose une distinction absurde entre les particuliers et les gros consommateurs, prélevant des tarifs maximaux directement au dépôt pétrolier de Kolongo sous l’autorité du régime de Faustin-Archange Touadéra.

« C’est une arnaque, une escroquerie d’État qui ne dit pas son nom, et qui va surtout profiter au marché noir et aux pompistes peu scrupuleux. »

Une asphyxie économique directe pour la population à prévoir.

L’illusion que cette hausse n’impactera que les « gros budgets » s’effondre face à la réalité du circuit économique national. En bout de chaîne, ce sont les ménages centrafricains qui paieront l’addition :

Le transport interurbain et la hausse des billets : Les grands autocars qui desservent l’axe vital Bangui-Garoua-Boulaï basculeront de fait dans la catégorie des gros consommateurs. Soumis au gasoil à 1 650 FCFA, les transporteurs répercuteront cette hausse immédiate sur le prix des billets, isolant encore davantage la capitale des provinces.

L’envolée du prix des denrées alimentaires : Les camions-bennes et semi-remorques constituent la colonne vertébrale des échanges économiques. Ils acheminent les produits importés vers l’intérieur du pays et ramènent les vivres frais vers les marchés de Bangui. En asphyxiant ces transporteurs, c’est l’ensemble du panier de la ménagère qui va s’enflammer.

L’explosion des coûts de télécommunication : En province, faute de réseau électrique ENERCA, les antennes-relais de téléphonie mobile fonctionnent 24h/24 grâce à des groupes électrogènes chronophages en gasoil. L’explosion de leur facture énergétique entraînera une hausse mécanique des tarifs d’appel et du coût des recharges internet pour les usagers.

 

Le peuple désormais face à son destin

 

En faisant fi des recommandations du Fonds monétaire international (FMI), qui préconisait une libéralisation saine, transparente et concurrentielle du secteur pétrolier, le régime de l’Empereur-président Faustin-Archange Touadéra préfère sacrifier le pouvoir d’achat des citoyens pour combler les trous béants du Trésor public.

L’économie nationale est aujourd’hui prise en otage par des calculs d’apprentis sorciers. Face à cet étranglement programmé qui menace la survie quotidienne de chaque foyer, l’heure des choix a sonné pour les Centrafricains : subir indéfiniment cette asphyxie ou révoquer une politique économique qui mène le pays à la ruine.

 

Affaire à suivre..

 

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org