Centrafrique : Crimes et exactions des mercenaires russes : l’incroyable idiote réponse de Dimitri Sytyi sur Ndeke Luka

0
13

Regarder la video

 

Reçu pour la deuxième fois, le 22 septembre dans les studios de Radio Ndeke Luka, le chef de la Maison russe à Bangui, Dimitri Sytyi, a livré une prestation qui en dit long sur le mépris affiché par la milice Wagner envers les victimes centrafricaines que causent ses mercenaires.

 

Interrogé sur des cas précis de torture, d’exécutions sommaires et d’arrestations arbitraires impliquant ses hommes, Dimitri Sytyi a balayé les accusations d’un revers de main, poussant le cynisme jusqu’à nier l’évidence.

 

Centrafrique : Crimes et exactions des mercenaires russes : l’incroyable idiote réponse de Dimitri Sytyi sur Ndeke Luka
Les mercenaires russes lourdement armés dans les rues de la capitale Bangui. Photo CNC

 

Le corps en décomposition d’un policier centrafricain ? « Pas fait attention »

 

L’un des moments les plus révoltants de cet entretien concerne le sort tragique du policier centrafricain Romaric Mokoboulou. Arrêté le 15 décembre 2025 dans l’enceinte même du Commissariat central de Bangui après l’évasion spectaculaire du chef rebelle Nour Grégaza, ce brigadier de police, fonctionnaire de l’État a été enlevé par des éléments russes. Le 5 février 2026, son corps en décomposition était abandonné à la morgue de l’Hôpital général de Bangui, portant les traces d’affreuses tortures.

 

À lire aussi : OUANDA-DJALLÉ : un enfant de 10 ans se noie dans une rivière, son corps sans vie retrouvé le lendemain

Relancé par les journalistes sur la colère des organisations de la société civile et de la famille du policier, qui accusent directement les mercenaires d’avoir joué les « juges et bourreaux », le tout puissant Dimitri Sytyi n’a pas trouvé mieux que d’esquiver : « Je n’ai pas fait attention à ça », avant d’ajouter avec un dédain à peine voilé : « Sur les ondes, chaque jour, chaque heure, ils parlent de n’importe quoi sur la mission russe… Difficile d’écouter quelque ».

 

À lire aussi : Sido : des policiers transformés en agents municipaux pour racketter les habitants au nom de Kwa ti-Kodro

Une déclaration qui sonne comme une insulte à la mémoire d’un agent des forces de l’ordre centrafricaines et à la douleur de sa famille.

 

L’affaire Bilal Hamza : de la drogue et une « fuite » rocambolesque

 

Autre dossier noir évoqué : l’assassinat du transporteur Bilal Hamza, enlevé le 10 août 2026 à Ndélé avant que son cadavre ne soit retrouvé sans vie quelques jours plus tard.

 

Pressé de s’expliquer sur l’implication de ses hommes, le chef de la mission russe a affirmé n’avoir pour toute information que l’interpellation du transporteur pour un soi-disant « trafic de drogues ». Et lorsque la rédaction de Ndeke Luka lui rappelle que l’homme a été retrouvé mort après son arrestation par les Russes, Sytyi qui sait tout mais ne sait rien, lâche froidement : « Il a fui. Je ne sais pas où. Quand on fuit, on ne nous dit pas où on fuit ». Une explication sommaire qui ne convaincra personne sur le terrain.

 

Élus arrêtés à Zemio : l’arbitraire sous couvert d’« appui »

 

Interrogé sur l’arrestation, le 5 mai 2026 à Zemio, de Machak Mboli Ourougourani, candidat aux élections régionales et d’Antoine Zongoniba, conseiller municipal, transférés en catimini vers les locaux de la SRI à Bangui, Dimitri Sytyi a une nouvelle fois botté en touche.

 

Mais tout en prétendant ne pas connaître le dossier, il tente de défausser la responsabilité sur les autorités nationales, affirmant que les Russes « soutiennent » uniquement les forces locales. Pourtant, sur le terrain dans le Haut-Mbomou comme ailleurs, la population sait parfaitement qui donne les ordres et qui détient le pouvoir de coercition.

 

Un cynisme nourri par le silence des institutions et de la justice

 

Si Dimitri Sytyi se montre aujourd’hui aussi arrogant et à l’aise pour défendre ses mercenaires, niant en bloc leurs crimes au nom de la hiérarchie de Wagner, c’est avant tout parce qu’il bénéficie d’une passivité générale.

 

La justice centrafricaine, paralysée ou complice, détourne le regard face aux abus.

 

La Cour Pénale Spéciale (CPS), pourtant investie du mandat d’enquêter sur les crimes graves, brille par son mutisme dès lors que des éléments russes sont mis en cause.

 

Quant à la MINUSCA et aux organisations de défense des droits humains, leurs condamnations timides et leurs rapports classés sans suite ne pèsent plus lourd face à la réalité du terrain.

 

En fermant les yeux sur ces exactions répétées, ces institutions judiciaires et internationales ont offert aux mercenaires russes un permis d’accorder l’impunité totale. C’est fort de ce vide institutionnel et de ce lâchage des victimes que Dimitri Sytyi « prend des épaules », certain qu’aucun tribunal ni aucune chancellerie ne viendra lui demander des comptes sur le sang centrafricain versé.

 

Pitié!

 

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

  Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org