
Maître Crépin Mboli-Goumba, président du Patri et coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), critique la communication du gouvernement après la mort d’un ressortissant suisse en République centrafricaine. Il estime que les autorités doivent attendre les résultats d’une enquête avant de désigner les responsables.
Interrogé sur la mort de ce ressortissant suisse dans des circonstances qui n’étaient pas encore élucidées, l’avocat refuse de tirer des conclusions avant l’établissement des faits.

« Moi, je ne vais pas faire comme le gouvernement, c’est-à-dire trouver des coupables avant même l’enquête », affirme-t-il.
Pour lui, cette prudence est nécessaire dans une affaire impliquant une personne décédée dans des circonstances nécessitant des investigations.
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Une critique de la communication gouvernementale
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Crépin Mboli-Goumba fait référence à plusieurs déclarations publiques intervenues après des incidents sécuritaires.
Il estime que certaines prises de position des autorités interviennent avant même que les investigations permettent de déterminer les circonstances exactes des faits.
« Avant l’enquête, on sait déjà qu’il y a des commanditaires », déplore-t-il, en évoquant les accusations portées contre d’anciens responsables et certains opposants à Bangui.
Selon lui, cette manière de communiquer ne permet pas d’établir sereinement les responsabilités.
L’avocat estime qu’une enquête doit d’abord permettre de recueillir les éléments matériels, d’identifier les personnes impliquées et de déterminer les circonstances précises des faits avant toute accusation.
Les victimes centrafricaines au cœur de son intervention
Au cours de l’entretien, Crépin Mboli-Goumba élargit son propos aux nombreuses victimes centrafricaines de violences.
Il déplore l’attention particulière accordée au décès d’un ressortissant étranger alors que des Centrafricains sont également tués dans différentes régions du pays.
« Les Centrafricains meurent tous les jours », affirme-t-il.
Il cite notamment le cas d’un transporteur centrafricain tué à Ndélé.
Pour lui, chaque décès constitue une tragédie humaine, quelle que soit la nationalité de la victime.
Il s’interroge également sur le traitement réservé aux accompagnateurs centrafricains des ressortissants étrangers victimes d’attaques.
« Vous aimez plus les étrangers que vos compatriotes centrafricains ? », lance-t-il au cours de l’interview.
L’affaire de Bimbo également évoquée
L’avocat revient également sur un autre drame survenu à Bimbo, où plusieurs personnes ont trouvé la mort.
Il estime que les circonstances de ces décès doivent également faire l’objet d’investigations sérieuses.
Il pose plusieurs questions sur les responsabilités et les conséquences du drame, notamment concernant le véhicule impliqué, son propriétaire, son éventuelle assurance et les mesures prises en faveur des familles endeuillées.
« Est-ce qu’on a cherché à savoir qui appartenait le camion ? Est-ce que le camion est assuré ? », demande-t-il.
Pour lui, l’État doit également s’intéresser aux conséquences humaines de ces événements et aux mesures concrètes destinées aux familles des victimes.
« L’État a été absent »
Crépin Mboli-Goumba critique la réaction des pouvoirs publics face aux victimes centrafricaines.
« L’État a été absent », affirme-t-il.
Il estime que l’action de l’État ne doit pas se limiter aux déclarations publiques ou aux réactions lorsqu’un événement concerne directement les intérêts du pouvoir.
Selon lui, la protection des citoyens doit rester une responsabilité permanente des autorités publiques.
Cette exigence vaut également pour les populations vivant dans les zones éloignées de Bangui, où les questions de sécurité et d’accès aux services publics restent particulièrement importantes.
Une exigence de rigueur dans les enquêtes
À travers ses propos, le président du Patri défend donc une approche fondée sur les faits et les résultats des investigations.
Pour lui, les autorités doivent éviter de présenter publiquement des responsables présumés avant que les enquêtes aient établi leur implication.
Il considère également que les familles des victimes doivent obtenir des réponses sur les circonstances des décès et sur les éventuelles responsabilités.
Dans le cas du ressortissant suisse, Maître Crépin Mboli-Goumba refuse ainsi de reprendre les accusations formulées avant l’aboutissement des investigations. Il appelle plutôt à laisser les enquêteurs établir les faits, identifier les responsabilités et déterminer les suites judiciaires à donner à l’affaire.
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