Faustin Zaméto : « 30 millions d’euros ne sauveront pas l’école centrafricaine », l’Éducation 2023-2027 critiquée

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Faustin Zaméto : « 30 millions d’euros ne sauveront pas l’école centrafricaine », l’Éducation 2023-2027 critiquée

 

Faustin Zaméto : « 30 millions d’euros ne sauveront pas l’école centrafricaine », l’Éducation 2023-2027 critiquée
Faustin Zameto

 

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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Le sociologue et analyste politique Faustin Zaméto critique la mise en œuvre du Programme Éducation 2023-2027, financé à hauteur de 30 millions d’euros par l’Union européenne. Dans une tribune publiée le 19 août 2026, il dénonce les insuffisances des infrastructures scolaires, le manque d’enseignants et le faible contrôle de l’État sur les projets éducatifs.

 

Dans sa déclaration, Faustin Zaméto oppose la réunion du Comité de pilotage du Programme Éducation 2023-2027, tenue à Bangui, aux réalités observées dans certaines écoles de province. Il cite notamment Bambi, dans l’Ouham-Pendé, où il affirme que des classes accueillent jusqu’à 120 élèves, sans manuels et avec des infrastructures dégradées.

 

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Pour Faustin Zaméto, cette situation n’est pas nouvelle. Il rappelle plusieurs programmes engagés depuis 2010, notamment des programmes d’urgence, le plan sectoriel, le PAEB et le programme 2023-2027. Selon lui, les changements de programmes n’ont pas permis de régler durablement les problèmes des écoles.

 

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Faustin Zaméto critique la dépendance aux bailleurs

 

Faustin Zaméto estime que les politiques éducatives centrafricaines accordent une place excessive aux partenaires financiers. Il affirme que les projets sont souvent conçus pour répondre aux attentes des bailleurs plutôt que pour satisfaire directement les besoins des élèves et des enseignants.

 

Dans sa tribune, il cite des projets réalisés rapidement pour répondre aux exigences des partenaires. Il considère que cette logique transforme progressivement l’éducation en programme destiné à produire des rapports et des résultats présentables aux bailleurs.

 

L’analyste politique critique aussi le rôle actuel de l’État dans la construction et la réhabilitation des établissements scolaires. Il cite plusieurs organisations impliquées dans ces travaux, dont Caritas, COOPI, Plan, NRC et IRC. Faustin Zaméto s’interroge sur les moyens de contrôle dont dispose l’État lorsque celui-ci manque d’ingénieurs, de budget de suivi et d’autorité suffisante sur le terrain.

 

30 millions d’euros face aux besoins scolaires

 

Faustin Zaméto estime que les 30 millions d’euros du programme restent insuffisants face à l’ampleur des besoins du système éducatif centrafricain. Il avance notamment le chiffre de 60 % d’enfants non scolarisés et de 40 % d’écoles détruites ou inexistantes dans les dix préfectures couvertes par le programme.

 

Selon son calcul, les 30 millions d’euros représentent environ 6 millions d’euros par an. Répartie sur dix préfectures, cette enveloppe correspondrait à 600 000 euros par préfecture et par an. Faustin Zaméto estime que cette somme ne permettrait même pas de réhabiliter correctement cinq écoles par préfecture chaque année.

 

Le sociologue dénonce également l’absence, selon lui, d’un mécanisme suffisamment efficace pour sanctionner les travaux mal réalisés. Il évoque des écoles jamais terminées depuis 2010, des accusations de corruption en 2015 et des réhabilitations partielles en 2019. Il affirme qu’aucun audit ni aucune sanction n’ont permis de tirer les responsabilités des précédents programmes.

 

Cinq mesures proposées par Faustin Zaméto

 

Faustin Zaméto propose cinq mesures pour améliorer le suivi du Programme Éducation 2023-2027.

 

La première concerne le contrôle citoyen. Il propose que chaque école dispose d’un comité de parents, d’un numéro vert, d’un budget affiché et d’une géolocalisation. Selon lui, ces mécanismes permettraient aux populations de signaler rapidement les problèmes constatés sur les infrastructures scolaires.

 

La deuxième priorité porte sur le recrutement des enseignants. Faustin Zaméto considère que des classes de 120 élèves constituent une situation inacceptable. Il propose le recrutement, la formation et la prise en charge de 5 000 enseignants, avec leur intégration dans la fonction publique.

 

La troisième mesure vise le financement des projets en fonction de leurs résultats. Faustin Zaméto demande que le versement des financements soit conditionné à des audits indépendants. Il propose notamment de ne pas débloquer une deuxième tranche avant l’audit d’au moins 100 écoles.

 

La quatrième mesure concerne le rôle de l’État. Faustin Zaméto demande un engagement financier plus important en faveur de l’éducation et propose que 15 % du budget national soient consacrés à ce secteur. Il souhaite également la présence d’ingénieurs de l’État sur les chantiers scolaires et un ministère davantage impliqué dans la réalisation et le contrôle des travaux.

 

La cinquième mesure porte sur la transparence. Faustin Zaméto demande la publication de la liste des écoles construites ou réhabilitées depuis 2010, accompagnée de photographies avant et après les travaux.

 

« 30 millions d’euros ne sauveront pas l’école centrafricaine »

 

Dans la dernière partie de sa tribune, Faustin Zaméto estime que l’enveloppe de 30 millions d’euros ne suffit pas, à elle seule, à résoudre les difficultés du système éducatif centrafricain. Il affirme que la réussite du programme dépend surtout de la volonté politique et du suivi des engagements pris.

 

Faustin Zaméto appelle aussi les parents à participer davantage aux décisions concernant l’éducation de leurs enfants et demande aux enseignants de poursuivre leur travail malgré les difficultés. Il interpelle directement le gouvernement sur la nécessité de mesurer les résultats du système éducatif à partir du nombre d’enfants capables de lire plutôt qu’au nombre de réunions organisées avec les partenaires.

 

Pour Faustin Zaméto, le Programme Éducation 2023-2027 doit éviter de reproduire les insuffisances des programmes précédents. Il souhaite que les financements soient accompagnés d’un contrôle effectif, d’un suivi des chantiers et de résultats vérifiables dans les écoles.

 

Par Alain Nzilo

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