Agression d’un conducteur à Carnot par un policier : la décision spectaculaire et étonnante du commissaire adjoint

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’affaire du chauffeur de camion violemment agressé à Carnot prend une tournure encore plus sordide. Alors que notre rédaction s’était engagée à suivre de très près les suites au commissariat de cette agression gratuite, les faits survenus dès le lendemain dépassent tout simplement l’entendement. Ce qui s’est déroulé au commissariat montre une stratégie d’extorsion organisée et cautionnée jusqu’au plus haut sommet de la hiérarchie policière.
La victime transformée en coupable
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Conformément aux instructions reçues lors de leur première démarcheauprès du commissariat de Carnot, le conducteur et son apprenti se sont présentés de nouveau au commissariat le lendemain des faits sur instruction du commissaire pour rencontrer le commissaire adjoint. L’espoir d’obtenir justice et de voir le policier violent sanctionné s’est très vite transformé en un spectacle révoltant.
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Au lieu d’interpeller l’agent agresseur ou de diligenter une enquête interne, la réponse du commissaire adjoint a été édifiante : ils ont purement et simplement exigé du chauffeur le paiement d’une quittance de 15 000 francs CFA pour « stationnement incorrect ». Lorsque le conducteur, interloqué, a interrogé le commissaire adjoint sur les coups et blessures qu’il avait subis la veille, le responsable s’est fendu d’un discours incohérent, s’exprimant dans un charabia incompréhensible pour noyer le poisson. L’agression physique subie par le citoyen a été balayée d’un revers de main.
La brutalité comme levier de racket
Nos investigations sur place permettent désormais de comprendre la mécanique de cette agression : tout ce problème n’est qu’une affaire d’argent. La violence exercée le soir du 6 août n’était pas un simple accès de colère, mais une méthode d’intimidation calculée. En agressant le chauffeur, l’objectif des policiers était de susciter la peur, d’amener la victime au poste sous un prétexte fallacieux et de lui extorquer une somme forfaitaire avant de la relâcher.
Le prétexte du « mauvais stationnement » ne tient d’ailleurs aucunement la route. À l’endroit où le véhicule était garé près du marché — un site faisant office de gare routière —, plus d’une vingtaine de camions et une foule de motos étaient stationnés exactement de la même manière. Pourquoi cibler ce camion en particulier ? Tout simplement parce que c’est un gros véhicule qui vient d’arriver et représentait une cible de choix pour des agents aux abois, cherchant désespérément à récupérer 2 000 ou 3 000 francs CFA pour boucler leur fin de journée. L’agression physique n’était que le moyen d’amorcer le chantage financier.
Un système pourri de haut en bas
Ce triste épisode prouve que le banditisme en uniforme à Carnot est une pratique planifiée et institutionnalisée. Quand les chefs couvrent les exactions de leurs subordonnés pour se partager le fruit du racket, c’est l’ensemble de l’appareil sécuritaire qui perd toute légitimité.
Cette situation reflète un mal plus profond : la corruption généralisée qui gangrène le système du sommet jusqu’à la base. Du sommet de l’État aux autorités ministérielles jusqu’aux simples gardiens de la paix sur le terrain, l’impunité est totale car personne n’a la moralité ni la légitimité pour sanctionner son voisin. Comme le rappelle si bien la sagesse de nos aînés, « les oiseaux de même plumage volent ensemble ». À Carnot, la police ne protège plus la population : elle opère comme un réseau de racket organisé sur le dos de citoyens honnêtes.
L’agression policière à Carnot met en lumière un racket systématique au sein du commissariat, où la loi semble être détournée à des fins personnelles.
Par Arthur Sapia
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