Affaire du passeport de l’opposant Anicet-Georges Dologuelé : le parti URCA dénonce un acharnement sur son Président fondateur

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le passeport ordinaire d’Anicet-Georges Dologuélé, député de la Nation, reste bloqué par les autorités centrafricaines. L’URCA dénonce ce refus et annonce des recours.
Un député de l’opposition privé de titre de voyage
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Anicet-Georges Dologuélé siège comme député de la Nation. Il a aussi dirigé le gouvernement comme Premier ministre et reste aujourd’hui une figure majeure de l’opposition centrafricaine.
Depuis plusieurs mois, les autorités refusent de lui délivrer un passeport ordinaire. Aucune base légale n’a été communiquée à l’intéressé pour justifier ce blocage.
Ce refus s’inscrit dans une longue série d’incidents. Dès mars 2021, Dologuélé avait déjà été empêché de quitter le pays pour des raisons médicales, pendant quatre mois.
En octobre 2025, un tribunal de Bangui a jugé qu’il avait perdu sa nationalité centrafricaine, en raison d’une double nationalité française. Cette décision intervenait alors qu’il avait renoncé à sa nationalité française en août de l’année précédente, pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle.
En décembre 2025, Dologuélé s’est présenté malgré tout à la présidentielle. Il s’est classé en deuxième position avec environ 13 % des suffrages, loin derrière l’empereur Faustin-Archange Touadéra, réélu avec 77,90 % des voix.
Un refus qui se répète depuis février
En février 2026, le gouvernement a déjà refusé de renouveler son passeport. Ce refus intervenait en dépit d’une décision de justice ordonnant le contraire, et le Coordonnateur de la PJLOD, Arsène Elien, y voyait un acte politique posé en pleine conscience.
Le 5 mai 2026, la police a confisqué son passeport diplomatique. L’incident s’est produit à l’aéroport international de Bangui Mpoko, alors que l’opposant répondait à une invitation officielle de l’Union africaine à Addis-Abeba.
Face à cette accumulation, le dictateur semble vouloir maintenir Dologuélé sur le territoire, sans base légale rendue publique. L’URCA y voit une dérive inacceptable.
Repères chronologiques
Mars 2021 : interdiction de sortie du territoire pour raisons médicales, pendant quatre mois.Octobre 2025 : un tribunal de Bangui juge que Dologuélé a perdu sa nationalité centrafricaine.14 novembre 2025 : le Conseil Constitutionnel rend la décision n°014/CC/25.Décembre 2025 : Dologuélé termine deuxième à la présidentielle, avec environ 13 % des voix.Février 2026 : le gouvernement refuse de renouveler son passeport ordinaire.Mai 2026 : la police confisque son passeport diplomatique à l’aéroport de Bangui.La réaction de l’URCA
Le président de l’URCA bénéficie du soutien de son parti. Dans un communiqué, l’union exprime une profonde préoccupation face à ce refus répété des autorités compétentes.
Selon l’URCA, un acte administratif ordinaire s’est transformé en instrument de sanction politique. Le parti s’appuie sur la décision n°014/CC/25 du Conseil Constitutionnel, qui précise qu’aucun décret n’a constaté la perte de nationalité de Dologuélé.
Par conséquent, il ne peut être soumis aux formalités de réintégration, selon cette décision. L’URCA rappelle que les décisions du Conseil Constitutionnel s’imposent à toutes les autorités publiques et administratives.
De son côté, le parti soutient que Dologuélé conserve l’intégralité de ses droits civiques et politiques. Ce droit inclut la liberté d’aller et venir et l’obtention d’un titre de voyage officiel.
Le refus du passeport d’Anicet-Georges Dologuelé par les autorités met en lumière les tensions entre l’URCA et le gouvernement, accentuant les enjeux de la démocratie en Centrafrique.
Les trois exigences de l’URCA
Le parti formule trois demandes précises :
La délivrance immédiate du passeport ordinaire du président de l’URCA, dans le respect des textes en vigueur.Le respect des droits fondamentaux de tous les citoyens, sans distinction d’appartenance politique.L’arrêt définitif des discriminations administratives visant les leaders de l’opposition démocratique.En conséquence, le Bureau Politique de l’URCA annonce l’engagement de recours démocratiques et juridiques. Ces démarches viseront les échelons national, régional et international.
Un appel à la mobilisation
L’URCA interpelle aussi l’opinion publique et la communauté démocratique. Le parti appelle ses militants, ses sympathisants et tous les citoyens épris de justice à rester vigilants.
Le silence de l’URCA ne doit pas être interprété comme une résignation, précise le communiqué. Toutefois, le parti rappelle que la démocratie ne se limite pas à la seule organisation d’élections.
Par Gisèle MOLOMA
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