
L’homme d’État Martin Ziguelé insiste sur la primauté du cadre juridique. Il veut ainsi corriger le marasme financier et redresser durablement les comptes publics, c’est à dire le Trésor public de la nation.
Des textes de loi existants mais ignorés
Les textes de loi existent déjà pour réguler le commerce des ressources. Ils garantissent, en théorie, un marché concurrentiel ouvert à tous les opérateurs.

Cependant, l’exécutif choisit sciemment de les enfreindre. Selon nos informations, cette transgression délibérée touche en priorité le secteur des hydrocarbures.
Cette violation engendre des pénuries artificielles sur l’ensemble du territoire. Elle entretient, par ailleurs, une instabilité permanente des prix pour les consommateurs.
Martin Ziguélé rappelle que des décrets et arrêtés d’application existent déjà. Les ministères sectoriels disposent en outre d’inspections centrales pour faire respecter ces textes.
Des exemples régionaux qui interpellent
L’ancien Premier ministre cite plusieurs pays voisins en exemple. Le Tchad, le Cameroun, le Gabon et le Congo appliquent une régulation efficace de leurs marchés pétroliers.
Ces pays autorisent la libre concurrence en matière d’importation. Ils imposent également des stocks de sécurité respectés par tous les opérateurs.
Selon nos informations, ce système fonctionnait autrefois en Centrafrique. Il a été abandonné après l’attribution d’un monopole contraire à la loi.
Une comparaison frappante avec la prohibition américaine
Martin Ziguélé compare la situation actuelle à la prohibition de l’alcool aux États-Unis en 1923. Cette interdiction avait alors multiplié les prix par vingt, voire cinquante, dans certains quartiers.
De la même manière, la pénurie organisée en Centrafrique nourrit un marché noir incontrôlable. Les prix et la qualité des produits échappent totalement aux autorités compétentes.
Une fermeté institutionnelle réclamée
La remise en ordre exige une fermeté exemplaire de la justice envers les fraudeurs. Les entités hors-la-loi doivent être déférées devant les tribunaux compétents.
Les ministères doivent, en conséquence, employer leurs services d’inspection pour sanctionner les passe-droits. Chaque acteur économique devrait ainsi être contraint au respect des normes en vigueur.
L’application stricte des réglementations garantira un environnement serein pour les opérateurs privés. Elle sécurisera également les recettes attendues par le Trésor public.
La régulation économique est cruciale pour éviter les pénuries en RCA, en particulier sur le marché pétrolier, afin de rétablir des prix stables et accessibles.
À ce stade, seul cet engagement institutionnel indéfectible permettra d’assainir l’économie centrafricaine. Cette rigueur protégera, en définitive, le pouvoir d’achat des citoyens.
Par Alain Nzilo
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