Souveraineté économique : la leçon de courage du Niger face à la démission des autorités centrafricaines

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
La gouvernance des ressources naturelles en Afrique franchit un cap décisif avec le courage incroyable des autorités nigériennes. Dans son édition du lundi 13 juillet 2026, le journal Médias Plus jette un véritable pavé dans la mare de la géopolitique en barrant sa une d’un titre sans équivoque : « Niger : L’État expulse les responsables chinois de SORAZ, CNPC et WAPCO pour non-respect des engagements ». Cette décision d’une rare fermeté de la part des autorités de Niamey marque un tournant historique dans les relations entre le pays et ses partenaires industriels d’Asie de l’Est. Elle résonne surtout comme une gifle monumentale pour le pouvoir aveugle de Bangui.
La leçon de Niamey : oser dire non aux géants chinois
L’action radicale entreprise par le gouvernement nigérien découle d’accumulations de manquements contractuels de la part des multinationales chinoises. Selon les éléments partagés par Médias Plus, le pouvoir reproche ouvertement aux directions de la SORAZ (Société de raffinage de Zinder), de la CNPC (China National Petroleum Corporation) et de WAPCO (West African Oil Pipeline Company) d’avoir bafoué leurs obligations. Parmi les principaux griefs figurent le non-respect des quotas d’emplois locaux et le blocage délibéré des transferts de technologies.
Il faut saluer et applaudir des deux mains ce courage politique. Le Niger, pourtant sous influence de la Russie de Wagner et des Africa Corps tout comme la République centrafricaine, démontre qu’un État peut faire respecter sa souveraineté. Bien que la Chine et la Russie s’affichent comme des partenaires indissociables sur la scène internationale, les Russes ne jouent pas franc jeu avec Pékin sur le continent africain (comme l’avait cruellement prouvé l’assassinat de neuf ressortissants chinois sur un site minier de l’Ouaka par les mercenaires de Wagner il y a quelques années). Mais là où le Niger utilise sa marge de manœuvre pour chasser les dirigeants chinois corrompus et hors-la-loi, la RCA, elle, s’écrase.
En RCA : les Chinois sont rois dans un système totalement corrompu
Le contraste avec notre pays est saisissant. En Centrafrique, les entreprises chinoises opèrent en terrain conquis, protégées par une corruption généralisée qui achète tout le monde, du sommet de l’État jusqu’au bas de l’échelle : président, Premier ministre, ministres, préfets, chefs de chantiers et militaires reçoivent leurs enveloppes mensuelles. En échange de ce silence acheté, ces compagnies bafouent l’ensemble du droit national en toute impunité.
Sur les chantiers miniers et routiers centrafricains, la main-d’œuvre locale est royalement ignorée. Les entreprises chinoises préfèrent importer illégalement des travailleurs venus d’Afrique centrale, principalement du Cameroun. Le cahier des charges environnemental est inexistant, la déforestation massive s’opère au mépris des enjeux climatiques, et le code du travail est piétiné. Les jours de fêtes nationales, comme le 1er décembre, ne sont pas respectés : c’est le travail forcé ou le licenciement immédiat à tour de bras.
Le scandale de Yongoro : quand l’armée nationale chasse ses propres citoyens
La preuve irréfutable de cette faillite morale et politique de l’État centrafricain s’est encore manifestée pas plus tard que ce dimanche 12 juillet 2026. Sur le site minier de Yongoro, situé dans la préfecture de la Nana-Mambéré(sur l’axe routier reliant Bouar-Bong et Bocaranga), les forces de l’ordre sont intervenues non pas pour protéger la population, mais pour chasser manu militari les ouvriers et artisans locaux.
L’objectif de cette opération commanditée par Bangui ? Spolier les travailleurs nationaux pour céder l’intégralité de ce gisement minier aux exploitants chinois. Les ouvriers de Yongoro, refusant de se laisser dépouiller, ont lancé un mouvement de manifestation qui se poursuit actuellement sur place.
Ce dernier événement résume la tragédie centrafricaine : dès qu’une ressource de valeur est découverte quelque part sur le territoire, le régime s’empresse de la livrer sur un plateau d’argent aux intérêts de Pékin. Pendant que le Niger éjecte les multinationales pour protéger ses fils, le pouvoir de Bangui envoie ses propres soldats brimer les Centrafricains pour préserver les intérêts de ses corrupteurs.
Par Martial Passi
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