Voici le délire du mytho dictateur Faustin-Archange Touadéra : « La septième république ne peut pas et ne sera pas une continuité des anciennes pratiques »

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Voici le délire du mytho dictateur Faustin-Archange Touadéra : « La septième république ne peut pas et ne sera pas une continuité des anciennes pratiques »

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

En célébrant sa nouvelle Constitution au palais de justice, le dictateur centrafricain pousse le cynisme à son paroxysme. Ses propos transforment l’institution judiciaire en outil de propagande politique.

 

L’affirmation solennelle du dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro devant le corps judiciaire ce vendredi 19 juin 2026 constitue le sommet d’une entreprise de mystification politique qui vise à s’affranchir de tout bilan. En décrétant de manière unilatérale que son nouveau cadre institutionnel rompt définitivement avec le passé, le mytho dictateur tente d’effacer d’un trait de plume dix années de gouvernance personnelle caractérisées par l’effondrement des structures démocratiques. Ce passe-passe sémantique cherche à imposer l’illusion d’un départ à zéro, alors même que les visages, les méthodes et les réseaux de captation des richesses nationales demeurent strictement identiques au sein du palais de Bangui. Le pouvoir utilise la formule du renouveau comme un bouclier pour interdire toute critique de sa gestion antérieure.

 

La proclamation de cette prétendue rupture sert avant tout à légitimer l’arbitraire sous le couvert d’une refondation républicaine. Dans un système où l’indépendance des magistrats se trouve quotidiennement piétinée, promettre la fin des anciennes pratiques relève de la pure rhétorique de combat. Le mytho dictateur feint d’ignorer que la méfiance des citoyens envers l’appareil judiciaire provient précisément des passe-droits accordés à son propre clan et de l’utilisation des tribunaux comme armes de répression contre la dissidence politique. Annoncer une ère de vertu tout en maintenant un contrôle absolu sur les nominations des juges confirme la volonté de bâtir une justice à deux vitesses, totalement inféodée aux objectifs de conservation du pouvoir.

 

Cette posture de refondateur national permet également au régime de préparer l’opinion à des vagues d’épuration ciblées sous prétexte de modernisation. En qualifiant l’ordre ancien de défaillant, le pouvoir s’octroie le droit de réviser les textes organiques et de modifier la composition des cours selon ses critères d’allégeance. La menace s’adresse directement aux serviteurs de l’État qui manifestent des velléités de respect des procédures légales traditionnelles. Le palais présidentiel entend façonner une magistrature d’exécution, prompte à valider les décrets d’exception et les réformes économiques destinées à intégrer des intérêts privés et étrangers dans la gestion des affaires publiques, achevant ainsi de transformer la Constitution en un simple règlement intérieur révisable au gré des intérêts du moment.

 

La rhétorique de la nouveauté cache mal l’angoisse d’un régime qui se sait contesté et qui éprouve le besoin permanent de réaffirmer sa légitimité factice. Le mythe d’une septième république vertueuse s’effondre face à la réalité d’un quotidien marqué par l’impunité des chefs de milices intégrés aux structures sécuritaires et par la multiplication des scandales financiers au sommet de l’État. En exigeant des juges une sévérité exemplaire, le chef de l’État tente de se défausser de sa propre responsabilité dans la déliquescence des institutions sur le dos des acteurs judiciaires, sommés de devenir les boucs émissaires d’une crise systémique dont le sommet de l’exécutif reste le principal artisan.

 

L’insistance mise sur la formation d’une nouvelle génération de magistrats prétendument incorruptibles dévoile un projet d’endoctrinement institutionnel à long terme. Le pouvoir cherche à rompre les chaînes de transmission du droit pour s’assurer que les futurs magistrats n’aient d’autre référence que les dogmes de cette dictature impériale. Les avertissements violents contre les anciens magistrats, accusés de pervertir la jeunesse, traduisent la panique du clan présidentiel face à toute forme d’expérience ou de sagesse juridique capable de s’opposer au mépris des lois constitutionnelles. Le temple de la justice se transforme ainsi en laboratoire d’une soumission intergénérationnelle obligatoire où le serment de fidélité à la patrie est confondu avec l’obéissance aveugle aux oukases du palais, tandis que les accords de partenariat avec des régimes autoritaires viennent parfaire ce dispositif de verrouillage global de la société centrafricaine.

 

Par Alain Nzilo

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