Centrafrique : l’ancien député Jean-Pierre Mara dénonce la profanation du drapeau centrafricain lors du sacre de Mgr Samedi

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Centrafrique : l’ancien député Jean-Pierre Mara dénonce la profanation du drapeau centrafricain lors du sacre de Mgr Samedi

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Dans une lettre ouverte publiée le 15 juin 2026 depuis l’exil, l’ancien député centrafricain Jean-Pierre Mara lance une charge héroïque contre les autorités politiques et religieuses de la République centrafricaine. S’inspirant directement du célèbre pamphlet d’Émile Zola, Jean-Pierre Mara accuse les élites du pays d’avoir commis un acte de sacrilège républicain en marchant sur les couleurs nationales lors des célébrations liturgiques du week-end dernier.

 

L’indignation est à la mesure du symbole. Au lendemain du sacre de Monseigneur Joseph Samedi comme archevêque coadjuteur de Bangui, célébré ce dimanche 14 juin 2026, l’ancien parlementaire Jean-Pierre Mara a pris la plume pour exprimer sa profonde colère face à ce qu’il qualifie de dérive protocolaire et morale inacceptable. Dans un texte solennel adressé à toutes les institutions politiques et religieuses du pays, Jean-Pierre Mara pose un diagnostic sans concession sur le rapport qu’entretiennent les dirigeants centrafricains avec les emblèmes de la Nation.

 

Le drapeau n’est pas un tapis rouge, rappelle Jean-Pierre Mara

Pourtant issu des rangs de l’Église catholique, dont il se réclame fièrement comme un « fruit » — ayant été enfant de chœur, baptisé et confirmé —, Jean-Pierre Mara n’a pas hésité à interpeller directement la haute hiérarchie ecclésiastique et les chefs des institutions étatiques. Pour Jean-Pierre Mara, le faste déployé lors de cette cérémonie a donné lieu à un spectacle affligeant : l’utilisation du drapeau centrafricain comme un simple revêtement de sol, piétiné par les officiels.

 

« Le drapeau est un symbole, un moyen de signalisation, un pavillon, un étendard, une bannière qu’on ne peut pas mettre comme tapis et piétiner », martèle Jean-Pierre Mara dans sa lettre ouverte. L’ancien député insiste sur la distinction fondamentale entre les honneurs légitimes dus aux autorités et le respect absolu dû à la patrie. Selon Jean-Pierre Mara, transformer les couleurs nationales en tapis, fût-il rouge, revient à « traiter le pays comme un rien » et à « piétiner tout le peuple ».

 

Une faillite collective du discernement

L’analogie avec l’affaire Dreyfus et le « J’accuse » d’Émile Zola de 1898, explicitement revendiquée par Jean-Pierre Mara, illustre la gravité de la situation aux yeux de l’ancien élu. Jean-Pierre Mara pointe du doigt une responsabilité partagée entre le pouvoir politique et les autorités religieuses. Il accuse formellement toutes les personnes physiques ou morales qui, par manque de discernement, ont « souillé le drapeau centrafricain devant la Maison de Dieu ».

 

Pour Jean-Pierre Mara, cette pratique consistant à marcher sur les couleurs nationales est une anomalie singulière à la République centrafricaine : « Aucun pays du monde, aucun Seigneur de ce monde n’utilise le drapeau, symbole de l’Etat, comme revêtement du sol que les puissants peuvent souiller », rappelle-t-il avec amertume, avant de conclure par une prière de pardon pour les coupables.

 

« Une insulte à l’âme de notre Nation » : la déclaration de Jean-Pierre Mara à la rédaction du CNC

 

Contacté par la rédaction du CNC, Jean-Pierre Mara affirme que :

« Ce qui s’est passé à Bangui n’est pas un simple détail de protocole, c’est le reflet d’une perte totale de repères républicains et de patriotisme de la part de ceux qui sont censés nous diriger. En marchant sur notre drapeau, ces autorités piétinent le sang de nos martyrs et le sacrifice de tout un peuple. L’Église et l’État doivent comprendre que la sacralité des fonctions ne s’élève pas en écrasant les symboles de la République. J’ai choisi de briser le silence depuis mon exil car se taire face à une telle profanation symbolique reviendrait à se rendre complice de la décadence de nos institutions. Notre drapeau doit flotter au sommet de nos édifices, et non servir de paillasson pour les puissants du jour. »

 

Cette sortie vigoureuse de Jean-Pierre Mara suscite déjà de vifs débats dans la capitale centrafricaine, relançant la question de l’éthique républicaine et du respect des symboles nationaux lors des grandes cérémonies officielles.

 

Par Gisèle MOLOMA

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