Peut-être qu’il y aura des ingénieurs ou des guerriers parmi les demandeurs d’asile expulsés des États-Unis vers la RCA : La défense surréaliste et ridicule d’Eddy Symphorien Kparekouti sur la radio Ndékè-luka

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Le plateau de la radio Ndékè-luka a servi de décor à une scène d’un comique absolu, mettant à nu la légèreté des satellites politiques créés de toutes pièces par le pouvoir pour simuler un pluralisme de façade.

 

Tout le monde sait d’ailleurs que l’Union des forces démocratiques de l’opposition n’est qu’une création artificielle du régime, un regroupement de trois ou quatre micro-partis sans base réelle visant à tromper la vigilance des citoyens. C’est sous cette étiquette usurpée qu’Eddy Symphorien Kparekouti a tenu des propos d’une naïveté déconcertante au sujet du dossier le plus opaque du moment. Interrogé sur l’arrivée clandestine et massive de demandeurs d’asile expulsés des États-Unis, ce dernier a tenté de transformer une situation de dépendance nationale en une opportunité de développement, imaginant l’arrivée de scientifiques ou de soldats d’élite parmi ces exilés.

 

Peut-être qu'il y aura des ingénieurs ou des guerriers parmi les demandeurs d'asile expulsés des États-Unis  vers la RCA : La défense surréaliste et ridicule d'Eddy Symphorien Kparekouti sur la radio Ndékè-luka
Eddy Symphorien Kparekouti, président du PUR

Cette tentative de justification intervient au moment où le pouvoir pratique une rétention totale de l’information, ayant interdit à ses ministres l’usage de canaux d’information indépendants. Le mutisme absolu des autorités entoure les clauses financières et juridiques de cet accueil forcé, laissant la population dans une incertitude totale. La posture de cette pseudo-opposition, qui applaudit sans savoir et invente des compétences imaginaires à des personnes rejetées par l’administration américaine, illustre la déconnexion totale d’une élite pro-gouvernementale uniquement soucieuse de plaire au sommet de l’exécutif.

 

Pendant que les alliés du régime se livrent à ces conjectures fantaisistes, la réalité de l’appareil étatique de la septième république reste marquée par une désorganisation profonde. La reconduction de soixante-douze pour cent des anciens ministres s’est immédiatement traduite par un acte d’indiscipline collective, quatre membres du nouveau cabinet ayant manqué le conseil des ministres inaugural présidé par le chef de l’État. Ce dysfonctionnement institutionnel s’ajoute à une opacité chronique dans l’exploitation des matières premières, où plus de cent permis miniers ont été cédés à des entités étrangères, notamment à Andesma, pour un retour budgétaire dérisoire bloqué à quatre pour cent des recettes publiques.

 

Au plan social, le quotidien de la population dément chaque jour les fables de transformation célébrées par les soutiens du pouvoir. Trois Centrafricains sur quatre vivent sous le seuil de pauvreté avec un revenu inférieur à mille francs par jour, subissant une hausse des prix qui restreint l’alimentation courante à un seul repas quotidien. Le système de santé publique est à l’abandon, les hôpitaux manquant de produits pharmaceutiques élémentaires, ce qui cause une augmentation continue de la mortalité, tandis que le réseau de transport intérieur se résume à des pistes de poussière impraticables.

 

Par Alain Nzilo

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