Fari Tahéruka Shabazz décrypte l’aveu de faillite financière du ministre Marc Mandaba
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans cette analyse minutieuse, Fari Tahéruka Shabazz décortique la dernière prestation télévisée du ministre de l’Économie pour démontrer la ruine financière et l’épuisement des liquidités de l’État centrafricain.
Le lundi 8 mai 2026, la chaîne panafricaine d’information en continu, Africa 24 TV, a diffusé un entretien exclusif accordé par le ministre centrafricain de l’économie, du plan et de la coopération internationale, Monsieur Marc Mandaba. Cette intervention s’est déroulée en marge de la 61ème Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement au Congo, une réunion consacrée à la mobilisation des ressources dans un contexte mondial de difficultés géopolitiques et climatiques. Fari Tahéruka Shabazz apprécie la forme de ce débat, soulignant une présentation impeccable, une élocution remarquable et une excellente articulation des idées du ministre Marc Mandaba. Selon l’analyste, cette prestation change de la médiocrité habituelle des gouvernements successifs de Touadéra. Fari Tahéruka Shabazz exprime une fierté de voir un ministre centrafricain se comporter de la sorte devant la presse internationale, contrastant avec d’autres figures du pouvoir qu’il qualifie durement d’illettrés ou d’inutiles. La journaliste elle-même a semblé séduite par la prestance de Marc Mandaba. L’auteur lui attribue une note de huit sur dix pour la forme.
Sur le fond, l’analyse se corse. Lorsque la journaliste interroge le ministre Marc Mandaba sur la mobilisation des ressources financières, celui-ci opère un déplacement de vocabulaire. Le ministre affirme que le capital est sous leurs pieds, que le pays n’est pas dans un monde financier mais dans un monde de ressources naturelles. Fari Tahéruka Shabazz rappelle que l’État paie ses fonctionnaires, ses dettes et ses investissements avec des liquidités issues du trésor public, et non pas avec du potentiel géologique. Pour l’analyste, quand le ministre déclare que le capital de la RCA est minier et non financier, c’est un aveu explicite que les caisses de l’État sont vides à court terme. Cela prouve que le gouvernement n’a plus de marge de manœuvre budgétaire immédiate, au point de gager l’avenir sur des réserves non encore extraites, des réserves minières qui se trouvent de surcroît entre les mains des mercenaires russes de Wagner.
À un moment donné, la journaliste interroge le ministre sur la question de l’assiette fiscale et de la digitalisation des recettes. Dans un pays normal, la fiscalité ordinaire comme les impôts, les douanes et la TVA constitue le poumon en temps réel des caisses de l’Etat. Mais le ministre Marc Mandaba a très judicieusement évité la question pour recentrer le débat sur les mines. Il a répondu qu’il fallait voir son collègue des finances et des budgets qui s’occupe de la fiscalité. En fuyant cette question pour se réfugier dans le potentiel minier, le ministre Mandaba démontre que les régies financières ne génèrent pas assez de flux satisfaisants et que l’État est incapable de lever des impôts pour remplir ses caisses exsangues.
Concernant le volet financier et le coût du risque pour les investissements en Centrafrique, le ministre Marc Mandaba utilise une analyse technique qui perd une grande partie du public. Il explique que le principal problème du gouvernement Moloua est le coût de l’accès à la liquidité dans la zone de l’Union monétaire de l’Afrique centrale, qu’il évalue à environ 5%. Le ministre précise que la liquidité coûte environ 5% et que l’État émet des obligations ou des titres souverains aux alentours de 8, 10 ou 11%. Fari Tahéruka Shabazz démontre que lorsqu’un État est obligé de recourir à des emprunts à court terme sur le marché sous-régional à des taux aussi élevés pour couvrir ses dépenses courantes et ses salaires, cela signifie qu’il subit une asphyxie financière totale. Emprunter à n’importe quel prix pour le fonctionnement de l’État prouve que les caisses sont vides et dépendantes du refinancement hebdomadaire de la Banque des États de l’Afrique centrale ou des banques commerciales de la sous-région.
La même question qui avait fait bégayer Touadéra devant des chefs d’État a été posée au ministre de l’économie, Marc Mandaba. Au lieu de parler des conditions pour attirer les capitaux des investisseurs étrangers, le ministre préfère réfléchir sur les modalités d’attraction des capitaux des investisseurs spécifiquement africains. Ce panafricanisme de façade traduit l’isolement international complet du pays dirigé par Faustin Archange Touadéra. Les grands bailleurs de fonds tournent le dos au régime et bloquent leurs appuis budgétaires directs. Le ministre Mandaba sait que les vannes de l’aide internationale sont fermées et que les caisses du trésor sont désespérément vides. Son appel aux capitaux africains est une façon de contourner la mise au ban financière du gouvernement Moloua pour trouver en urgence des sources de substitution.
Enfin, un dernier élément prouve la vacuité structurelle des caisses de l’État centrafricain : la révélation du ministre Mandaba sur le fait que Faustin Archange Touadéra a officiellement envoyé une requête à l’Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique afin d’obtenir des garanties souveraines. Fari Tahéruka Shabazz rappelle que le Fonds monétaire international et les institutions financières internationales ont interdit à la RCA d’émettre des garanties souveraines en raison du sinistre de son trésor public. Cette démarche auprès de l’organisme africain apporte la confirmation officielle que le gouvernement Moloua est démuni. La signature de l’État centrafricain ne vaut plus rien à elle seule. Pour obtenir le moindre crédit ou attirer le moindre franc d’un investisseur, le gouvernement a besoin de la caution d’organismes tiers. On ne cherche pas des garanties multilatérales d’extrême urgence quand le trésor public est sain. C’est le recours typique d’une entité en cessation de paiements virtuelle, incapable d’offrir la moindre contrepartie financière crédible par ses propres moyens.
Contacté par la rédaction de CNC au fond de son analyse, Fari Tahéruka Shabazz insiste et persiste sur ses conclusions : “Sur le fond du discours tenu par le ministre Marc Mandaba lors de cet entretien, il y a beaucoup de pépites intéressantes à se mettre sous la dent. Il a soutenu des positions audacieuses mais surtout il nous a informé indirectement sur l’état de santé réel des finances publiques centrafricaines. C’est ce décryptage là que je m’efforce de produire pour éclairer nos compatriotes, notamment ceux à qui nous répétons que les caisses de l’État centrafricain sont absolument vides et que d’ici septembre à octobre 2026, Touadéra sera en incapacité totale d’assurer le paiement des salaires des fonctionnaires, des pensions et des bourses.”
Relancé par nos soins sur les autres sources de revenus potentielles du pouvoir, Fari Tahéruka Shabazz conclut en expliquant que l’aveu du ministre de l’économie confirme que malgré les espoirs de Touadéra d’engranger de l’argent en acceptant que la RCA devienne un dépôt pour les migrants expulsés par Donald Trump, l’État sera en incapacité de payer les salaires en septembre ou octobre 2026.
Par Alain Nzilo
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