Centrafrique : La constitution de la septième République dépourvue de mécanisme de contrôle crédible peut-elle indéniablement garantir l’État de droit ?

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La constitution de la septième République dépourvue de mécanisme de contrôle crédible peut-elle indéniablement garantir l’État de droit ?

 

Centrafrique : La constitution de la septième République dépourvue de mécanisme de contrôle crédible peut-elle indéniablement garantir l'État de droit ?
Remise du projet de la nouvelle constitution au Président Touadera par son directeur national de campagne Evariste Ngamana-

 

 

Rédigé le 06 juin 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Depuis le pompeux discours d’investiture du Président de la République qui a marqué l’avènement de l’hypothétique septieme République, la paisible population centrafricaine espérait un changement de logiciel pour contribuer à l’amélioration positive leurs conditions de vie.

 

Force est de constater avec amertume que les autorités établies ont opté pour la continuité dans la médiocrité incommensurable.

 

C’est dans ses conditions que le Président de l’assemblée nationale a été reconduit par acclamations ainsi que le gouvernement mais avec de légers ajustements structurels.

 

Ce nouveau gouvernement comporte des leaders de groupes armés pourtant interdits par les dispositions de l’article 5 alinéa 4 de leur propre constitution.

 

Il en est de même de la violation des dispositions de l’article 10 alinéa 4 confirmées par l’article 183 alinéa 2 de la constitution qui interdit aux binationaux d’occuper de hautes fonctions civiles et militaires.

 

Quant à la déclaration de patrimoine imposée par l’article 91 alinéa 1 et le cumul de fonctions pour éviter la concentration excessive de pouvoirs et surtout les conflits d’intérêt, tous prohibés par l’article 90 de la constitution, aucune autorité politique y compris le Président de la République ne l’observe.

 

Ces actes administratifs à coloration politique ne cessent de violer les dispositions constitutionnelles qui constituent le socle de l’État.

 

Il faut noter à titre de rappel que la constitution communément appelée loi fondamentale est la norme suprême de l’architecture juridique de l’État. Elle se veut démocratique, laïque, indivisible et sociale.

 

C’est la constitution qui organise les pouvoirs publics, garantit les droits fondamentaux des citoyens et délimite les frontières de l’exercice du pouvoir politique.

 

Ainsi, il apparaît judicieux de souligner que la constitution a elle seule ne suffit pas sans l’existence d’un organe de contrôle pour limiter les abus, pour garantir la séparation des pouvoirs et pour protéger les droits fondamentaux des citoyens.

 

Fort de ce qui précède, l’on se retrouve en face d’un constitutionnalisme de façade c’est-à-dire une constitution protectrice sur le papier dont les organes de contrôle à l’instar du conseil constitutionnel sont incapables de censurer les agissements inconstitutionnels du pouvoir et d’en sanctionner les différents excès de pouvoir.

 

Par ailleurs, il n’est pas évident de faire abstraction du fait que la garantie juridictionnelle de la constitution conditionne son effectivité car dépourvue de mécanismes de contrôle crédible impacterait sensiblement la suprématie de la constitution au risque de l’ebranler.

 

Au regard de ce désespoir, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- Une constitution peut-elle être effective et efficace en l’absence d’un contrôle de constitutionnalité ?

2- En d’autres termes, sans un contrôle constitutionnel indépendant et crédible, une constitution n’est-elle qu’une promesse illusoire, un décor démocratique ou une simple déclaration d’intention sans portée juridique réelle ?

3- Qu’est-ce qu’il y a de mieux que le pouvoir de Bangui peut faire pour la population s’il ne respecte pas sa propre constitution tant vantée ?

4- Qu’est-ce que le pouvoir de Bangui a fait des dispositions des articles 10 et 183 de la constitution ?

 

En tout état de cause, le peuple pris en otage par un pouvoir qui a sous-traité son autorité et sa souveraineté au groupe paramilitaire de Wagner ne peut espérer mieux de ce pouvoir mensonger et démagogique.

 

Enfin, il faut souligner que ce qui fabuleux dans le mensonge de la septième République, c’est que le Président de la République et son gouvernement peuvent mentir à tout un peuple sauf à eux-mêmes.

 

En attendant que le peuple souverain plongé artificiellement dans un profond sommeil onirique se réveille et de se rendre à l’évidence que la supercherie de changement de constitution qui a embobiné le peuple avec une cargaison de mensonges était exclusivement destiné à faciliter le troisième mandat illégal, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signalent que l’épisode calamiteux de l’affreuse statue du président de la République associé au chapitre du gâteau d’anniversaire penché qui viole le code d’élégance et d’esthétique sont des signes avant-coureurs de déclin, de fin de règne, et de l’effondrement d’un régime construit sur de mensonges et de manipulations.

 

Monsieur le président, n’attendez pas que la huée populaire et la clameur de la rue vous poursuivent pour comprendre que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est arrivé.

 

Alors, en conséquence de ce qui précède, il apparaît judicieux et dès maintenant de démissionner avec honneur Monsieur le Président pour ouvrir la voie à une transition politique consensuelle afin de donner une chance à la nation de se reconstruire non sur des ruines mais sur de bases saines Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande même avec insistance, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.

 

 

Limassa le 06 Juin 2026.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

Juriste, Environnementaliste.