Centrafrique : Le retour de l’esclavage minier sous la coupe du groupe Wagner à Barrah Grithie, au nord-est de la RCA

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Centrafrique : Le retour de l’esclavage minier sous la coupe du groupe Wagner à Barrah Grithie, au nord-est de la RCA

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

À Barrah Grithie, près de Sam Ouandjia, les mercenaires russes et leurs supplétifs imposent un régime de travail forcé qui dépouille les populations et pille les ressources nationales.

 

La localité de Barrah Grithie, une zone minière située à environ cinquante kilomètres de Sam Ouandjia en direction du Soudan du Sud, subit aujourd’hui une colonisation économique féroce. Autrefois, ce site représentait un carrefour d’échanges et de prospérité où cohabitaient des exploitants locaux, des expatriés et des commerçants venus des pays voisins comme le Soudan et le Soudan du Sud. Cette effervescence économique faisait vivre toute la région de la Vakaga. Les mercenaires blancs du groupe Wagner ont brisé cette dynamique par la force, chassant manu militari tous les acteurs historiques du secteur pour s’accaparer l’intégralité des gisements de cette région frontalière.

 

Une fois le terrain vidé de ses occupants légitimes, ces hommes en armes ont instauré un système d’exploitation artisanale exclusif, basé sur une division des tâches extrêmement stricte et injuste. Sur place, la main-d’œuvre est composée de jeunes Centrafricains issus des villages environnants, venus simplement dans l’espoir de trouver de quoi nourrir leurs familles démunies. Leur quotidien se résume à une tâche pénible : creuser la terre et extraire le gravier manuellement, sous un soleil de plomb, sans aucun équipement de protection ni considération humaine.

 

La surveillance de ces chantiers est confiée à des supplétifs locaux, communément appelés les russes noirs, issus notamment de la communauté Peule. Ce sont eux qui encadrent directement les mineurs et récupèrent immédiatement le gravier extrait. Ces supplétifs effectuent ensuite le lavage du minerai sous l’œil vigilant des mercenaires russes blancs, qui supervisent l’ensemble de la chaîne de production. Les travailleurs locaux n’ont aucun droit de regard sur le résultat de leurs efforts : ils ignorent totalement la quantité d’or récoltée, la valeur réelle de leur production leur étant soigneusement dissimulée.

 

Pour ce labeur exténuant, la rémunération relève de la pure exploitation. Les mineurs reçoivent un salaire journalier dérisoire, oscillant parfois entre mille et mille cinq cents francs CFA. Dans de nombreux cas, des jeunes travaillent pendant deux ou trois mois consécutifs avant de percevoir une somme dérisoire, insuffisante pour couvrir leurs besoins vitaux. Dès que l’or est lavé et isolé, les chefs russes confisquent le métal précieux afin de l’acheminer vers l’étranger où il est vendu au profit exclusif de leur organisation.

 

Cette prédation économique dépasse largement le seul site de Barrah Grithie. À travers la République centrafricaine, le groupe russe s’est déployé dans tous les secteurs rentables, de l’exploitation industrielle de la mine de Ndassima au commerce de détail, en passant par l’industrie forestière. Alors que les discours politiques du passé dénonçaient l’exploitation historique de la France, les populations constatent que les méthodes actuelles dépassent de loin ce que les générations précédentes ont connu par le passé. La présence de ces forces armées se traduit par un appauvrissement généralisé des Centrafricains, dépossédés de leur propre sous-sol. Les camions chargés de minerais prennent la route des frontières pendant que la jeunesse locale s’enfonce dans la misère, contrainte de céder sa force de travail pour quelques pièces de monnaie sous les ordres de gardes armés qui arpentent les puits de mine jour et nuit

 

Par Ibrahim Moussa

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