Entre promesses de solutions durables et détresse quotidienne : Le cri d’alarme des réfugiés installés à Bangui

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Entre promesses de solutions durables et détresse quotidienne : Le cri d’alarme des réfugiés installés à Bangui

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

L’engagement de l’UNHCR à clore définitivement le dossier des réfugiés de Bangui avant le terme de l’année 2026 vacille. À l’approche du mois de juin, l’absence de calendrier opérationnel et l’arrêt des aides scolaires et médicales plongent des familles entières dans une urgence vitale critique, entre dettes locatives et dénuement sanitaire.

 

Le recensement général de la population réfugiée à Bangui devait constituer le prélude à une intégration locale ou à un rapatriement définitif. C’est en tout cas l’annonce qui avait été formulée par la responsable canadienne de la protection lors de son intervention d’octobre 2025. Cette promesse prévoyait l’attribution d’une issue définitive pour chaque ménage avant la fin de l’année 2026. Pourtant, au moment d’aborder la moitié de l’échéance fixée, aucun plan de route n’a été communiqué aux bénéficiaires. Les conclusions du recensement demeurent confidentielles et aucune étape ultérieure n’est visible pour les communautés installées sur place.

 

Ce ralentissement des procédures administratives se double d’une interruption directe des prestations de soutien de base. L’assistance scolaire, suspendue depuis le mois d’octobre 2025, ainsi que les allocations spécifiques aux personnes vulnérables, coupées en septembre 2025, contraignent les familles à l’endettement pour assurer leur subsistance et le maintien de leur logement. Les cas d’arriérés de loyer s’accumulent sur plusieurs mois, exposant les résidents à des menaces d’expulsion immédiate.

 

Sur le plan sanitaire, les consignes médicales se heurtent à la réalité des coupures budgétaires. Les médecins traitants conditionnent la prise des traitements quotidiens à une alimentation régulière, une exigence devenue impossible à respecter pour les individus privés de revenus. Les blessés, notamment les victimes d’accidents en attente de réhabilitation physique, ne reçoivent aucune dotation en médicaments, même de première nécessité. Les conséquences se mesurent en rechutes successives et en pertes de vies humaines au sein de la communauté.

 

Cette mortalité croissante engendre une crise de protection pour les mineurs. Des enfants se retrouvent isolés du jour au lendemain suite au décès de leurs deux parents, héritant des dettes de location de la cellule familiale sans aucune structure de relais pour les prendre en charge. Privés d’accès à l’instruction et de tuteurs légaux, ces orphelins se retrouvent exposés de plein fouet aux réseaux de criminalité, d’exploitation économique et de violence sexuelle dans la capitale centrafricaine.

 

Le règlement des décès met également en relief un décalage budgétaire majeur : l’enveloppe d’obsèques allouée par l’institution s’élève à 100 000 francs CFA (environ 150 dollars américains) par décès, alors que les défunts cumulent souvent plus de deux décennies d’exil sur le territoire sans avoir bénéficié de subventions équivalentes pour leur autonomisation de leur vivant. Face à ce constat, les représentants des réfugiés réclament désormais la publication immédiate de la liste des bénéficiaires et l’établissement d’une feuille de route pour les six prochains mois, réclamant soit l’application des engagements pris, soit une liberté totale de mouvement pour quitter le dispositif d’asile.

 

Par Éric Azoumi

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