Wenjin One et Kona Resources : qui sont vraiment ces sociétés auxquelles Touadéra distribue, une fois de plus, les permis miniers de la RCA ?

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Deux décrets présidentiels, deux sociétés,  quatre permis miniers et le même silence autour des noms qui repartent avec le sous-sol centrafricain dans leurs poches.

 

Le 27 avril 2026, le conseil des ministres extraordinaire a validé l’attribution de trois permis d’exploitation de petites mines à Wenjin One, dans la sous-préfecture de Baboua, et un permis de recherche aurifère à Kona Resources dans le bassin de la Nana. Le ministre des Mines a présenté les dossiers. Le dictateur a signé. Les décrets iront à sa table pour promulgation.

 

Wenjin One et Kona Resources : qui sont vraiment ces sociétés auxquelles Touadéra distribue, une fois de plus, les permis miniers de la RCA ?
Touadera et son gouvernement réunis autour de diamant découvert par le collecteur de boubou blanc

Rappelons – le, la société Wenjin One avait déjà obtenu cinq permis de recherche en janvier 2024, par décret numéro 24.005. Elle revient aujourd’hui avec une étude de faisabilité, un certificat de conformité environnementale, et trois zones délimitées prêtes à l’exploitation. Tout est en ordre, dit le ministre. Mais en ordre pour qui ? Les résultats de l’exploration, les volumes estimés, la valeur des gisements de Dongori et d’Idere, rien de tout cela n’a été rendu public. Le peuple de Baboua ne sait pas ce qui part de sous ses pieds.

 

Kona Resources arrive avec un programme de recherche sur l’or dans la commune de Niem-Yélewa. Plusieurs indices détectés, dit le dossier. Des travaux approfondis nécessaires. La société a payé ses frais, satisfait aux conditions réglementaires. Permis accordé. Qui est Kona Resources ? D’où vient-elle ? Quel est son historique dans d’autres pays africains ? Le compte rendu du conseil n’en dit mot.

 

Touadéra, en reprenant la parole ce jour-là, a rappelé que la loi minière de 2024 garantit à l’État 10 % du capital de chaque société d’exploitation et 10 % de la production brute. Il a dit qu’il faut rendre opérationnelle la police des mines pour lutter contre la fraude et la contrebande. Il a dit qu’il faut légiférer sur le cyanure.

 

Ces mêmes mots ont été prononcés lors d’autres conseils. La police des mines attend toujours. Les textes sur le cyanure n’existent pas. Les 10 % pour l’État restent une promesse écrite dans un code que personne ne fait respecter.

 

Ce qui fonctionne, en revanche, c’est la machine à permis. Depuis des années, chaque conseil des ministres produit ses attributions minières. Les sociétés changent de nom, les préfectures changent, les minerais varient entre l’or, les diamants et les petites mines. Mais le schéma reste identique : un dossier déposé, des frais payés, un décret signé, et une société étrangère qui repart avec un accès légal aux ressources d’un pays dont la population ne voit jamais la couleur des revenus.

 

La RCA a un code minier. Elle a des ministères, des agences, des textes de loi. Ce qu’elle n’a pas, c’est un mécanisme qui oblige ces sociétés à rendre des comptes après la signature.

 

Wenjin One exploitera à Baboua. Kona Resources cherchera de l’or dans la Nana. Et dans le prochain conseil des ministres extraordinaire, il y aura sans doute d’autres noms, d’autres permis, d’autres décrets.​​​​​​​​​​​​​​​​

Par Gisèle MOLOMA

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