Centrafrique : que se passe-t-il au tribunal du travail ?
Rédigé le 26 avril 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Bangui, justement au Tribunal du travail, des justiciables gagnent leurs procès depuis des mois, mais ne peuvent toujours pas faire appliquer les décisions rendues en leur faveur, faute de grosses délivrées. Alors, on se demande que se passe-t-il vraiment au sein de notre justice? Touadéra, c’est ce que tu appelles justice ?
En effet, comme vous le savez tous, obtenir gain de cause devant un tribunal devrait être une victoire. Malheureusement au Tribunal du travail de Bangui, c’est souvent le début d’un nouveau calvaire. Des usagers qui ont eu raison devant les juges se retrouvent bloqués, incapables de faire exécuter des décisions pourtant officiellement rendues. Pourquoi ?La cause : les grosses, ces copies exécutoires sans lesquelles aucun jugement ne peut être mis en application, ne leur parviennent pas. Certains attendent depuis des mois.
« Cela fait des mois que j’attends. Mon dossier est terminé, mais je ne peux rien faire sans la grosse », dit l’un d’eux, qui ne comprend plus à quelle porte frapper. Ce témoignage revient sous des formes identiques dans la bouche de plusieurs usagers. Le problème n’est pas anecdotique.
Dans le circuit administratif interne, des dossiers restent en attente prolongée à l’étape de validation, sans qu’aucune explication ne soit fournie. Certaines audiences semblent produire des décisions qui mettent un temps anormal à être finalisées. Personne, à aucun niveau, ne prend la peine d’informer les concernés.
Accéder aux responsables est une autre épreuve. Les usagers se heurtent à des portes fermées, à des renvois d’un bureau à l’autre, à un silence administratif qui dure. Le Tribunal du travail, dont la mission est précisément de régler les conflits entre employeurs et travailleurs, donne aujourd’hui l’image d’une institution qui n’assume plus ses propres décisions.
Lors de son investiture, le dictateur Touadéra avait déclaré vouloir garantir une justice indépendante, crédible et rendue dans des délais raisonnables. Ce que décrivent les usagers du Tribunal du travail de Bangui est le contraire exact de cet engagement.
Une décision de justice que personne ne peut exécuter ne vaut, pour celui qui l’a obtenue, pas plus que le papier sur lequel elle est imprimée.
Par Anselme Mbata
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