Émile Gros Nakombo : le maire de Bangui qui joue les victimes pendant que sa ville croule sous les ordures et ses agents n’ont pas de salaires

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Émile Gros Nakombo : le maire de Bangui qui joue les victimes pendant que sa ville croule sous les ordures et ses agents n’ont pas de salaires

 

 

 

Rédigé le 23 avril 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Depuis son éviction au début de la semaine de la mairie de Bangui, Émile Gros Nakombo multiplie les sorties médiatiques pour se présenter comme un homme injustement écarté. Un discours déjà entendu, mais qui laisse de côté l’essentiel : ce que les Banguissois ont vécu sous sa gestion pendant dix ans.

 

Dix ans à la tête de la mairie de Bangui, et Nakombo en fait un titre de gloire. Il cite d’une manière pathétique et imaginaire des contrats, des financements, des représentations sous-régionales, continentales, mondiales. Mais une question s’impose : où sont les résultats concrets pour les banguissois et les employés de la mairie? La capitale centrafricaine est aujourd’hui un vaste dépotoir à ciel ouvert. Les ordures s’accumulent dans les artères de la ville, les marchés débordent de déchets, et les quartiers, n’en parle pas. Dix ans de mandat pour ce résultat totalement nul.

 

Sur la question financière, Nakombo se drape dans une immunité morale qu’il s’est lui-même cousue. Il affirme que les contrôleurs ne l’ont jamais épinglé, que l’argent ne passe pas entre ses mains, qu’il ne cherche pas l’argent. Soit. Mais gérer une mairie ne se limite pas à éviter les détournements. Cela suppose aussi de livrer des services publics dignes de ce nom aux populations. Et sur ce terrain, le bilan parle de lui-même.

 

Ses agents, eux, ont une autre version de ces dix ans. Le maire qui se présente aujourd’hui comme victime d’une procédure irrégulière est le même qui a martyrisé son personnel pendant une décennie. Des salaires retenus, des agents humiliés, des décisions injustes prises depuis le bureau du maire sans recours possible. Le discours de la victime sonne creux quand on entend ceux qui ont travaillé sous ses ordres.

 

L’installation d’une mafia à la mairie de Bangui sous son mandat est un autre chapitre que Nakombo préfère ne pas ouvrir dans ses interviews. Un réseau opaque dont la présence au sein d’une institution municipale pose des questions sur la gouvernance réelle de la mairie pendant ces dix années.

 

Sur l’argument juridique, Nakombo n’a pas tort sur la forme. Un maire nommé par décret présidentiel ne peut théoriquement être écarté que par la même voie. Mais se réfugier derrière une technicité juridique pour esquiver le débat de fond, c’est précisément ce que fait un homme qui n’a pas de bilan solide à défendre.

 

Pour les banguissois, leur ville mérite mieux qu’un maire qui compte ses années de mandat comme des médailles tout en laissant la ville dans cet état chaotique.

 

Par Arsène Mbata

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