Centrafrique : Le ministère de l’Éducation, usine à fabrication des bacheliers fantômes avec des faux baccalauréat

Rédigé le 19 avril 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Il fut un temps où les « bacs de Rinegui », ces diplômes obtenus frauduleusement, se négociait dans l’ombre. Aujourd’hui, en Centrafrique, la fraude s’affiche au grand jour. Le ministère de l’Éducation a institutionnalisé la fabrication de bacheliers fantômes, avec un arrêté qui valide des admissions spectaculaire et criminelle. Le tout, sans la moindre honte. Le pays, dirigé par un ancien professeur de mathématiques, vient d’écrire une nouvelle page de son histoire éducative : celle où le diplôme se décroche par décret.
Le ministère centrafricain de l’Éducation est devenu une usine de fabrication massive des faux diplômes. Sur une simple commande passée au téléphone, on peut avoir n’importe quel diplôme. On peut commander un baccalauréat comme on passe une commande au restaurant Zougoulou À Bangui.
Cette histoire ressemble à une blague. Nombreux de nos lecteurs pensent plutôt à une comédie à l’ivoirienne, mais non! C’est une réalité. Regarder, on vous donne un exemple réel.
Depuis la semaine dernière, sur les réseaux sociaux, circule un arrêté ministériel du gouvernement centrafricain. L’arrêté est très visible, noir sur blanc, largement partagé et commenté sur les plateformes de réseaux sociaux.
Daté du 28 février 2025, ce vrai-faux arrêté ministériel proclame l’admission « à titre exceptionnel » de plusieurs dizaines de candidats dans les séries B, G2 et A4. Des noms, des lycées (Gobongo, Barthélémy Boganda),
Le pire dans cette histoire ? Ce document est antidaté. Signé après la publication des résultats officiels, il légalise a posteriori des candidatures qui n’ont jamais existé. En droit, cela s’appelle un faux en écriture publique, commis avec la complicité de l’État.
Comme tout le monde le sait d’ailleurs, certains de ces « lauréats » n’ont jamais dépassé les classes de primaire. D’autres n’ont pas fréquenté l’école. Leurs noms figurent pourtant en série B, G2, A4, aux côtés de ceux qui ont travaillé, révisé, tremblé le jour des épreuves.
Sur les réseaux sociaux, les Centrafricains ont réagi avec colère. Les commentaires des Centrafricains disent tout.
Guy Gervais Komboth Bida a reconnu sur la liste le nom de l’ex-député Ndotizo, un monsieur dont le dossier de candidature aux législatives mentionne déjà un baccalauréat obtenu en 2015. Il figure pourtant parmi les “admis à titre exceptionnel” de 2025 du ministère de l’éducation.
Consultânt Romaric Ganga, lui, est plus direct : “La plupart sont des députés.” José Malot, ex-doyen de la faculté de droit et des sciences économiques à l’université de Bangui résume d’une formule lapidaire : “Bac Honoris causa, comme dirait un frère.”
Dan Frederick Ngbiegba Kognabade anticipe déjà la suite : “Pour la saison 2 : Licence, Master et Doctorat à titre exceptionnel.”
Serge Gbokou pose la question que personne dans les institutions n’ose poser : pourquoi envoyer les enfants à l’école si le diplôme n’est plus la reconnaissance des efforts scolaires ?
Patrick Mbawa répond à sa manière : “Pendant que certains se battent jour et nuit, d’autres obtiennent des diplômes tranquillement par décision administrative. C’est une insulte à tous ceux qui travaillent dur.”
Abdoul Nassir Bello va plus loin : voilà un pays dirigé par un éducateur, Touadéra est professeur de mathématiques, et c’est sous sa présidence qu’on distribue le baccalauréat comme un bon de réduction.
Ce qui est plus délirant, c’est que ça se passe ouvertement. Les faussaires du régime de Touadéra ne se cachent plus. Alors qu’auparavant, les faux diplômes circulaient sous le manteau. On murmurait le nom du baccalauréat de. Aujourd’hui, le ministre, qui est d’ailleurs un faux diplômé, signe en plein jour et publie des listes additives sans se cacher. Le message est désormais clair : l’école ne récompense plus le mérite. Elle récompense les relations. Pourquoi réviser quand un coup de tampon suffit ?
Par Alain Nzilo
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