À Bangui, l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé dénonce une interdiction de sortie du territoire imposée par le pouvoir. Ce blocage administratif interroge sur l’état des libertés politiques en Centrafrique.
« Je vis comme un otage dans mon propre pays », a déclaré le Président du parti URCA, monsieur Anicet-Georges Dologuelé, lors de son interview sur la radio Ndékè-luka. Cette phrase résume la situation d’un élu du peuple privé de ses documents de voyage. Les institutions républicaines devraient garantir l’exercice démocratique. La réalité quotidienne montre plutôt des figures majeures du pays réduites au silence et à l’immobilité.

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La séquestration administrative d’une figure de la nation
L’interdiction de déplacement imposée à l’ancien Premier ministre ne relève plus du simple dysfonctionnement bureaucratique, selon ses proches. Le pouvoir central bloque délibérément la délivrance de son passeport ordinaire et diplomatique. Cette privation de liberté de mouvement marque un tournant dans la gestion des libertés individuelles. Bangui devient ainsi, selon l’opposition, un périmètre de surveillance où les droits élémentaires des opposants sont suspendus sans fondement légal établi. « Aucune notification écrite ne justifie ce blocage », affirme un membre de son cabinet cité par plusieurs relais de l’opposition.
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L’érosion des garanties démocratiques et constitutionnelles
La neutralisation progressive des voix critiques s’accompagne d’un contournement des décisions de la plus haute juridiction du pays, dénoncent des juristes proches du dossier. L’exécutif ignore les arrêts qui confirment la citoyenneté et les droits des représentants élus. Cette obstruction affaiblit les piliers de la démocratie centrafricaine. Un climat s’installe où le droit cède la place aux décisions unilatérales, selon des observateurs de la vie politique nationale. La compétition politique légitime se trouve ainsi entravée, au moment où le pays devrait préparer des échéances électorales apaisées.
Une jeunesse face au spectacle de la division politique
Le signal envoyé aux générations futures s’avère destructeur, au-delà des querelles administratives. Voir des dirigeants d’expérience retenus en otages institutionnels dégrade l’image de la gouvernance nationale. Cette situation altère la confiance des citoyens envers leurs institutions, estiment des analystes centrafricains. Le pays perd ainsi un débat politique serein et constructif, pourtant indispensable pour bâtir une stabilité durable. Les urgences sociales du peuple centrafricain restent en attente d’un dialogue politique apaisé entre le pouvoir et son opposition.
Par Gisèle MOLOMA
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