Le politologue centrafricain Fari Tahéruka Shabazz s’invite à son tour dans la controverse opposant le gouvernement à Anicet-Georges Dologuélé autour de sa nationalité, de son passeport et désormais de son mandat de député. Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, il réagit aux déclarations d’Évariste Ngamana et met directement en cause la stratégie du pouvoir.
Shabazz réagit aux déclarations d’Évariste Ngamana
Dans sa publication, Fari Tahéruka Shabazz reprend la déclaration attribuée à Évariste Ngamana selon laquelle, si Dologuélé ne se conforme pas aux dispositions juridiques invoquées par le gouvernement pour sa réintégration dans la nationalité centrafricaine, « le gouvernement demandera sa déchéance à l’Assemblée Nationale ».
Cette menace constitue un nouvel élément dans une affaire qui portait initialement sur le refus de délivrer un passeport à l’ancien Premier ministre.
Pour le politologue, le dossier prend désormais une tournure politique beaucoup plus large. Il estime qu’Évariste Ngamana cherche à obtenir la perte du statut parlementaire de Dologuélé après avoir déjà défendu publiquement la thèse selon laquelle celui-ci aurait perdu sa nationalité centrafricaine.
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« Le rigolo de Ngamana »
Fari Tahéruka Shabazz adopte un ton particulièrement critique envers le ministre d’État chargé de la Communication.
« Le prêtre défroqué, Évariste Ngamana, accessoirement ministre d’État en charge de la Communication et porte-parole du gouvernement Moloua III, veut se payer la tête de Dologuélé et le déchoir de son statut de député », écrit-il.
Il poursuit en estimant que Dologuélé aurait, par ses propres déclarations, facilité la tâche du pouvoir.
« Vu comment Dologuélé a facilité la tâche à Touadéra, ce rigolo de Ngamana peut bien parvenir à ses fins et accrocher Dologuélé à son tableau de chasse », ajoute le politologue.
Cette intervention constitue une nouvelle lecture de la confrontation entre le pouvoir et le député de la première circonscription de Bocaranga.
De la nationalité au mandat de député
Le dossier a commencé par le passeport de Dologuélé. Le gouvernement soutient que l’ancien Premier ministre doit engager une procédure de réintégration dans la nationalité centrafricaine. Évariste Ngamana affirme que la nationalité centrafricaine est « une et exclusive » et considère que Dologuélé, ayant acquis la nationalité française, doit suivre une procédure prévue par le Code de la nationalité.
Dologuélé rejette cette interprétation. Il affirme notamment que la perte de la nationalité centrafricaine n’a jamais été constatée par un décret et s’appuie sur la décision n°014/CC/25 du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025.
Le Parti du Changement Social a également pris position. Dans son communiqué du 29 août, le PCS affirme que le Conseil constitutionnel a déjà tranché la question et que Dologuélé « n’a jamais cessé d’être Centrafricain ». Le parti exige la délivrance immédiate de son passeport et dénonce une entrave administrative visant un opposant.
La déclaration attribuée à Ngamana ajoute désormais un autre niveau au dossier : le mandat parlementaire de Dologuélé.
Une nouvelle menace sur le mandat parlementaire
Selon la citation publiée par Fari Tahéruka Shabazz, le gouvernement pourrait demander à l’Assemblée nationale de prononcer la déchéance de Dologuélé s’il ne se conforme pas aux exigences liées à sa réintégration.
Cette perspective intervient alors que Dologuélé est député élu de la première circonscription de Bocaranga et qu’il est entré en fonction le 29 juin 2026.
La question n’est donc plus seulement celle de la délivrance d’un document de voyage. Elle touche désormais directement à l’exercice du mandat parlementaire d’un élu.
C’est ce changement d’échelle que relève la publication de Shabazz.
Un cinquième acteur entre dans le débat
Après les prises de position d’Anicet-Georges Dologuélé, les explications d’Évariste Ngamana, la réaction du Parti du Changement Social et les décisions invoquées du Conseil constitutionnel, l’intervention de Fari Tahéruka Shabazz ajoute une nouvelle voix au débat.
Le politologue ne se contente pas de commenter la question juridique. Il s’attaque directement à la stratégie politique du gouvernement et estime que le pouvoir pourrait aller jusqu’à chercher la déchéance du mandat parlementaire de Dologuélé.
Cette nouvelle prise de position intervient au moment où les déclarations officielles ont déjà fait évoluer le dossier. Évariste Ngamana avait présenté la réintégration comme une procédure obligatoire pour Dologuélé et avait également averti l’opposant sur ses prochaines prises de parole.
Le PCS demande de son côté la fin des entraves administratives et l’ouverture d’un dialogue politique national inclusif.
Avec la réaction de Fari Tahéruka Shabazz, la controverse franchit donc un nouveau seuil : après la nationalité et le passeport, c’est désormais le maintien du mandat de député d’Anicet-Georges Dologuélé qui apparaît au centre de la confrontation politique.
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