Vous changez juste le nom des pays, c’est le même texte” : Martin Ziguelé égratigne le rapport de l’Union africaine sur les élections groupées du 28 décembre 2025 en RCA

Rédigé le 21 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après les élections du 28 décembre, Martin Ziguelé attaque violemment l’Union africaine. L’ancien Premier ministre dénonce des rapports identiques recyclés d’un pays à l’autre sans discernement.
Le responsable politique ne cache pas son amertume face aux conclusions de la mission d’observation de l’Union africaine. Selon lui, l’organisation panafricaine reproduit mécaniquement les mêmes constats d’un pays à l’autre, se limitant à modifier uniquement le nom de l’État concerné. Cette pratique vide les rapports de toute crédibilité et réduit l’exercice d’observation à une simple formalité administrative sans portée réelle.
Pourtant, l’Union africaine devrait jouer un rôle préventif dans les crises politiques du continent. En tant que panafricaniste convaincu, Ziguelé déplore que l’organisation cautionnement par complaisance des processus électoraux contestables. Les échéances électorales constituent précisément les moments où naissent et se développent les tensions politiques majeures. L’UA rate ainsi l’occasion d’intervenir avant que les situations ne dégénèrent en conflits ouverts.
Au-delà de l’Union africaine, d’autres structures inconnues du public centrafricain ont prétendu observer le scrutin. Certaines officines dont personne n’avait entendu parler en dehors de la République centrafricaine ont fait leur apparition. Des usurpateurs sont même allés jusqu’à se réclamer faussement de l’Union européenne pour se donner une légitimité factice auprès de l’opinion.
Heureusement, la vigilance de l’UE a permis de démasquer cette supercherie. L’Union européenne, qui avait déjà refusé de financer ces élections jugées opaques, a rapidement dénoncé cette tentative d’usurpation de son identité. Cette réactivité a évité que l’opinion publique ne soit complètement bernée par ces manœuvres douteuses visant à donner une apparence de transparence à un processus biaisé.
Cette agitation traduit l’inquiétude d’un pouvoir conscient de mener une opération contestable. Les autorités ont multiplié les observateurs de circonstance pour créer l’illusion d’un scrutin transparent et régulier. Cette fébrilité démontre que le régime connaît parfaitement la nature problématique de l’opération qu’il conduit et cherche désespérément à la masquer derrière des façades d’observation internationale.
Néanmoins, ces artifices ne règlent pas le problème central qui mine la Centrafrique. Les citoyens se retrouvent une fois de plus face à un pouvoir personnel qui s’installe durablement sans respecter l’alternance démocratique. Cette tendance à la personnalisation du pouvoir et à sa confiscation constitue la préoccupation majeure du BRDC et des forces démocratiques du pays.
La MINUSCA n’échappe pas aux critiques acerbes du porte-parole du Bloc Républicain. Cette mission onusienne mandatée pour accompagner le pays porte une lourde responsabilité dans le chaos observé durant le processus électoral. Des procès-verbaux ont mystérieusement disparu, des résultats sont parvenus à l’Autorité Électorale Nationale trois jours après la clôture du scrutin, tout cela sous le regard de la force internationale.
En effet, la MINUSCA représente l’État aux yeux des populations locales qui lui accordent leur confiance. Comment expliquer qu’en sa présence, des urnes aient été emportées par des particuliers et que des résultats se soient volatilisés ? La proclamation des résultats avant la fin du dépouillement, sans préciser le caractère partiel de celui-ci, constitue une anomalie que la mission aurait dû empêcher fermement.
Quant à la participation de certaines figures d’opposition au scrutin, elle ne change rien à la position du BRDC. Le Bloc maintient qu’il ne prendra part à aucune élection sans dialogue politique préalable. Cette décision vise uniquement à garantir que le choix des Centrafricains soit authentiquement respecté lors des échéances électorales, contrairement à ce qui s’est produit le 28 décembre dernier.
Lorsque les électeurs constatent que leur vote compte réellement, l’élu se sent responsable devant eux. En revanche, quand quelqu’un accède au pouvoir sans avoir besoin du soutien populaire, il considère sa fonction comme une propriété personnelle au service d’intérêts claniques ou familiaux. Le BRDC ne réclame aucun privilège particulier mais défend simplement la souveraineté populaire bafouée par ces élections contestées.
Interrogé sur les recours juridiques envisageables, Ziguelé rappelle que son organisation n’a pas participé aux élections. Le BRDC ne peut donc contester officiellement les résultats devant les instances compétentes. Toutefois, le Bloc reste composé de citoyens centrafricains qui conservent leur droit constitutionnel de s’exprimer sur les événements politiques traversant leur pays et d’alerter sur les dérives constatées.
Par Brahim Sallé
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