Site minier chinois de Yaloké : quand les soldats FACA transforment des pères de famille en serpents

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Site minier chinois de Yaloké : quand les soldats FACA transforment des pères de famille en serpents

 

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Le superviseur chinois en gilet des travaux parle aux deux conducteurs chinois sur le chantier des travaux routiers de Corridor 13 vers Mbaïki. Photo CNC

 

Rédigé le 21 janvier 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Sur le site minier chinois de Yaloké, à 245 kilomètres de Bangui, les soldats des Forces Armées Centrafricaines ont franchi dans la nuit du dimanche à lundi 19 janvier 2026 une ligne que personne n’imaginait voir traversée. Des travailleurs centrafricains ont vécu l’humiliation de leur vie.

 

L’histoire commence simplement sur la base centrale minière chinoise de Yaloké. Quelques ouvriers quittent leur poste sans explication particulière. Le patron chinois constate que la production ralentit. Il demande alors aux conducteurs d’engins présents s’ils connaissent d’autres Centrafricains disponibles pour venir travailler comme manœuvres. Les conducteurs de machines appellent leurs frères, leurs amis du quartier. Une dizaine de personnes arrivent rapidement, prêtes à gagner leur pain quotidien.

 

C’est là que le cauchemar débute. Le sous-lieutenant, chef de sécurité de la base  centrale débarque sur la base. Il aperçoit ces nouveaux venus et entre dans une colère inexplicable. “Qui vous a autorisés à venir ici ? Pourquoi personne ne m’a demandé la permission ?”. Les travailleurs expliquent que c’est le propriétaire chinois qui les a fait venir pour compenser les absences. Rien n’y fait.

 

Le militaire exige que tous ces hommes sortent immédiatement du site. Mais avant de partir, ils doivent subir une punition dégradante. Près des conteneurs d’eau, là où le liquide s’écoule et forme des flaques boueuses, l’officier donne son ordre : “Roulez-vous par terre ! Rampez dans la boue comme des serpents !”

 

Des pères de famille, venus chercher du travail honnête, se retrouvent à plat ventre dans la saleté. Ils rampent, s’enfoncent dans la vase, avancent sur le ventre tandis que le militaire les surveille. Certains ont des enfants qui les attendent à la maison. D’autres ont quitté leur repos pour répondre à l’appel d’un employeur. Tous subissent cette dégradation collective sous le regard satisfait d’un voyou en uniforme.

 

La question reste entière : depuis quand un soldat chargé de la sécurité d’un site se prend-il pour le propriétaire des lieux ? Le patron chinois cherche des employés pour faire tourner son exploitation, et voilà qu’un lieutenant s’arroge le droit de décider qui travaille ou non. Pire encore, il invente des châtiments dignes d’une autre époque.

 

Ces FACA qui se croient tout permis oublient leur rôle. Ils sont là pour protéger, pas pour régner. Leur mission consiste à assurer la sécurité, pas à jouer aux petits chefs. Faire ramper des civils dans la boue parce qu’ils cherchent du travail dépasse l’entendement.

 

L’armée nationale devrait former des protecteurs, pas des tortionnaires. Ces hommes portent l’uniforme de la République Centrafricaine, censé inspirer le respect et la confiance. Au lieu de cela, ils sèment la terreur et l’humiliation parmi leur propre peuple. Un père de famille qui rampe dans la boue pour avoir accepté un emploi, voilà où nous en sommes.

 

Les témoins racontent que le lieutenant semblait même prendre plaisir à ce spectacle dégradant. Il regardait ces hommes se traîner à terre avec une satisfaction visible. Aucune menace réelle ne justifiait cette réaction. Aucun danger n’était présent. Juste des Centrafricains venus travailler pour nourrir leurs familles.

 

Cette affaire de Yaloké montre jusqu’où certains militaires sont prêts à aller. Ils confondent autorité et tyrannie. Ils pensent que porter une arme leur donne tous les droits sur les civils. Ils oublient que sans ces mêmes civils, leur fonction n’aurait aucun sens.

 

Les travailleurs sont rentrés chez eux sales, épuisés, détruits psychologiquement. Leurs vêtements gardent encore les traces de cette nuit absurde. Leurs corps portent les marques de la boue. Mais c’est surtout leur dignité qui a pris un coup dont certains ne se remettront peut-être jamais. Tout ça parce qu’un officier a décidé qu’ils n’avaient pas demandé sa bénédiction avant de chercher du travail.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Arsène Zato

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