Sam-Ouandja : Wagner débarque avec ses machines, installe sa base à 7 kilomètres, et chasse les orpailleurs. Bienvenue dans le pillage organisé par Touadéra

Rédigé le 13 janvier 0019 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Ils ne se cachent même plus. Les mercenaires russes du Groupe Wagner viennent de poser leurs valises à Sam-Ouandja, dans la Vakaga. Pas en ville. Pas dans un camp militaire visible. Non. À sept kilomètres de la ville, en pleine brousse, sur l’axe qui mène vers Ouadda-Maïkaga. Ils se sont enfoncés dans la forêt. Ils ont monté leur base. Délimité leur territoire. Amené leurs machines. Et surtout, ils ont fait ce qu’ils font partout où ils s’installent en Centrafrique : ils ont interdit aux populations locales de mettre les pieds dans la zone.
Interdiction formelle. Stricte. Sans appel. Les habitants de Sam-Ouandja qui vivaient de l’orpaillage artisanal dans cette zone aurifère depuis des générations se retrouvent chassés de leurs propres terres. Expulsés. Privés de leur gagne-pain. Pendant que les Russes installent tranquillement leurs machines d’exploitation et commencent à creuser. Officiellement, Wagner est venu pour “sécuriser” la région en prévision des élections de décembre. Une opération de sécurité, qu’ils disent. Mais quelle sécurité se fait à sept kilomètres en forêt, dans une zone minière bouclée, avec des machines d’extraction et une interdiction totale d’accès aux civils ? Personne n’est dupe à Sam-Ouandja. Les gens savent exactement ce qui se passe. Wagner est venu pour l’or. Pour exploiter. Pour piller. Et Touadéra leur a ouvert grand les portes.
Les mercenaires russes se sont installés à sept kilomètres de Sam-Ouandja. Ce n’est pas au bord de la route. C’est à l’intérieur. Quand tu quittes la ville en direction de Ouadda-Maïkaga, tu roules sept kilomètres, puis tu t’enfonces un peu dans la brousse. C’est là qu’ils ont monté leur base.
Personne ne les a vus arriver. Personne ne sait exactement quand ils sont venus. Mais un matin, ils étaient là. Avec leurs équipements. Leurs machines. Leurs véhicules. Leurs hommes armés. Et très vite, les interdictions sont tombées.
Défense formelle aux populations de circuler dans cette zone. Défense d’approcher. Défense de voir ce qu’ils font. Défense de poser des questions. La zone est bouclée. Hermétiquement. Personne ne peut entrer. Personne ne peut vérifier ce qui se passe à l’intérieur.
Les habitants de Sam-Ouandja se regardent, abasourdis. Ils connaissent cette zone. Ils y travaillaient. C’est une zone aurifère. Depuis des années, des décennies même, les artisans miniers locaux y pratiquaient l’orpaillage. Ils creusaient à la main. Avec des pelles. Des pioches. Des tamis. Ils cherchaient l’or. Ils en trouvaient un peu. Pas beaucoup, mais assez pour nourrir leurs familles. Assez pour payer l’école des enfants. Assez pour survivre dans cette région oubliée où l’État n’apporte strictement rien.
Et maintenant, tout ça, c’est terminé. Wagner a pris le contrôle. Les orpailleurs locaux sont chassés. Expulsés de leurs propres sites. Interdits d’accès à leur propre terre. Pendant que les Russes installent leurs machines industrielles et commencent à extraire l’or par tonnes.
Les populations ne comprennent pas. Ou plutôt, elles comprennent trop bien. Cette histoire de “sécurisation pour les élections” ne trompe personne. Si Wagner était vraiment venu pour sécuriser la zone en prévision des élections de décembre, ils seraient en ville. Sur les axes routiers. Aux points stratégiques. Pas à sept kilomètres en pleine forêt, sur un site aurifère, avec des machines d’exploitation minière.
Non, la vérité, tout le monde la connaît à Sam-Ouandja. Wagner est venu pour l’or. Pour exploiter. Pour piller. Sous couvert d’une prétendue opération de sécurité. C’est la méthode habituelle. On débarque avec des armes. On parle de sécurité. On boucle une zone. Et on exploite tranquillement pendant que les autorités locales ferment les yeux et que le gouvernement central empoche sa commission.
Les habitants se posent des questions légitimes. Si c’est vraiment pour les élections, pourquoi interdire aux populations de circuler dans une zone minière ? Pourquoi s’installer en pleine forêt ? Pourquoi amener des machines d’exploitation ? Et surtout, est-ce que Wagner va partir après les élections de décembre, ou est-ce qu’ils vont rester, comme ils sont restés à Bria, à Bambari, à Ndassima, à Bozoum, et dans tous les autres endroits où ils se sont installés sous prétexte de sécurité ?
La réponse, tout le monde la connaît. Wagner ne partira pas. Wagner ne part jamais. Une fois qu’ils mettent les pieds quelque part, ils restent. Ils s’incrustent. Ils exploitent. Pendant des années. Pendant des décennies peut-être. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à prendre.
Et qu’est-ce qui revient à la Centrafrique dans tout ça ? Rien. Ou presque rien. Peut-être une petite commission pour Touadéra et ses proches. Peut-être quelques miettes pour acheter le silence des autorités locales. Mais pour le pays ? Pour les populations ? Pour le développement ? Rien. Zéro. Nada.
Les ressources partent. L’or de Sam-Ouandja part. Chargé dans des camions. Transporté vers des avions. Expédié vers la Russie. Et les populations locales regardent, impuissantes. Elles voient leur or partir. Elles voient leur gagne-pain confisqué. Elles voient des étrangers exploiter leurs ressources pendant qu’elles crèvent de faim.
À Sam-Ouandja, les orpailleurs artisanaux qui vivaient de cette zone aurifère sont maintenant au chômage. Ils ne peuvent plus travailler. Ils ne peuvent plus chercher l’or. Ils ne peuvent plus nourrir leurs familles. Parce que Wagner a pris leur place. Wagner a installé ses machines. Wagner exploite à échelle industrielle pendant qu’eux meurent de faim.
Par Moïse Banafio
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