RGPH-4 : après la fin des travaux du recensement, les agents attendent encore leur prime et la colère ne cesse de monter dans plusieurs villes du pays

Rédigé le 11 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Alors que les opérations du recensement se sont terminées graduellement entre décembre 2025 et janvier 2026, les équipes du recensement déployées patientent toujours pour toucher leur rémunération. Les agents sont en colère et la tension monte de plus en plus dans plusieurs localités où certains commencent à manifester leur mécontentement.
L’Institut centrafricain des statistiques et des études économiques et sociales a lancé le RGPH-4 avec du retard par rapport au calendrier initial. Dans certaines zones, les équipes ont achevé leur mission en décembre 2025 tandis que d’autres ont poursuivi jusqu’en janvier 2026. Pourtant, les versements promis aux travailleurs de terrain ne suivent toujours pas.
Cette situation provoque maintenant l’exaspération des agents qui réclament leur dû après des semaines de labeur dans des conditions parfois périlleuses. À Ngaoundaye, Bouar, Alindao, Sibut, Ndim et dans bien d’autres secteurs, la frustration a atteint son paroxysme. Les agents ont manifesté leur colère dans les rues.
D’autant plus que certains agents recenseurs ont arpenté des territoires dangereux, infestés de bandits armés, risquant leur vie à chaque déplacement. Pendant ce temps, leurs collègues affectés dans d’autres préfectures ont déjà encaissé leurs primes sans difficulté apparente. Cette disparité de traitement alimente la rancœur.
Comment expliquer qu’une même mission nationale connaisse deux vitesses de paiement? Les agents recenseurs des zones à risque estiment subir une injustice supplémentaire après avoir accepté des affectations que personne ne voulait. Leur sentiment d’abandon devient chaque jour plus prégnant.
La semaine dernière, l’indignation s’est transformée en action directe à Ngaoundaye. Le véhicule de M. Mbaïkoua, coordinateur de la région de Ouham-Pendé et de Lim-Pendé des opérations, a failli partir en fumée sous les yeux des manifestants excédés. L’incident confirme l’escalade des tensions dans plusieurs localités du pays.
À Bangui, les rumeurs circulent sur l’utilisation détournée des fonds destinés au recensement. Selon plusieurs sources, le directeur général de l’Institut aurait pris une partie des fonds alloués au recensement et préfère faire la dettes à intérêt aux candidats aux législatifs, plutôt que de payer les agents qui ont travaillé dur.
Les agents des préfectures de Lim-Pendé, Ouham-Pendé, Nana-Mambéré, Kémo, Basse-Kotto ou autres constatent avec amertume que leur sacrifice ne pèse pas lourd face aux calculs politiques du directeur général.
Mais après la grève des agents de la sous-préfecture de Kodi, le directeur général a promis de décaisser leurs fonds d’ici quelques jours. Reste à voir.
Par Anselme Mbata
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