Réhabilitation de toilettes à la faculté de sciences de la santé: quand le recteur de l’université de Bangui, Gérard Grezéngué, transforme cet équipement basique à un exploit présidentiel

Rédigé le 11 décembre 2025 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le recteur de l’Université de Bangui, le Professeur Gérard Grezéngué, a tenu à remercier publiquement le chef de l’État Baba Kongoboro pour avoir financé la construction de toilettes à la Faculté des sciences de la santé. Un investissement qui se chiffre probablement à quelques centaines de milliers de francs CFA, soit le coût normal de n’importe quelle installation sanitaire standard. Que le responsable d’une institution vieille de 65 ans présente des toilettes comme une prouesse méritant la gratitude nationale en dit long sur l’état de délabrement dans lequel il gère l’université, et sur sa conception du rôle présidentiel.
Car si le président de la République doit désormais intervenir personnellement pour qu’une faculté dispose de toilettes fonctionnels, deux questions s’imposent. Première question : à quoi sert le budget de l’Université de Bangui si elle ne peut même pas financer des équipements aussi élémentaires sans solliciter le palais de la renaissance? Deuxième question : pourquoi le recteur attend-il un geste du chef de l’État pour résoudre des problèmes qui relèvent de sa gestion quotidienne et des dotations budgétaires normales d’un établissement public ?
Le même recteur admet d’ailleurs, dans le même souffle, que plusieurs autres facultés n’ont toujours pas de toilettes dignes de ce nom. Il reconnaît que les besoins restent entiers et que rien n’a été fait pour y répondre. Mais plutôt que de s’interroger sur cette défaillance criante après des décennies d’incurie, il préfère applaudir le président pour avoir résolu un millième du problème. L’Université de Bangui croule sous la vétusté, les amphithéâtres tombent en ruine, les enseignants ne sont pas payés pendant des mois, mais le recteur trouve le temps de transformer quelques toilettes en victoire politique.
Cette opération de communication a un nom précis : le culte de la personnalité. Elle vise à présenter le chef de l’État comme le bienfaiteur providentiel qui descend résoudre des problèmes que ses propres services auraient dû gérer depuis longtemps. Et elle permet accessoirement au recteur de montrer sa loyauté en période électorale, histoire de sécuriser son poste. Louer le président pour des sanitaires alors que l’université manque de tout depuis des décennies, c’est exactement le genre de servilité qui permet de rester en fonction sans avoir à rendre de comptes sur les vrais dossiers.
Le recteur promet que d’autres facultés seront équipées en 2025-2026. Aucun budget n’est annoncé, aucun calendrier précis n’est fourni, aucun engagement ferme n’est pris. Juste une vague promesse de plus dans une institution où les promesses tiennent lieu de politique depuis des années.
Par Brahim…..
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