Pour l’économiste Lazard Kiandji, l’eau et l’électricité ne sont plus des services publics en Centrafrique

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
À Bangui, la capitale centrafricaine, l’eau et l’électricité ne sont plus des services publics : ce sont des rêves lointains, des luxes que la plupart des habitants ne peuvent même pas toucher du doigt. Dans le débat Patara du samedi 15 mars dernier sur la radio Ndéké-Luka, deux voix se sont élevées pour dire stop , dont celle de monsieur Hazard Kiandji , économiste et leader jeune. Ils ne parlent pas pour faire joli ou pour remplir l’antenne. Ils parlent parce qu’ils n’en peuvent plus, parce que ce qu’ils voient et vivent dépasse l’entendement. Ses mots sont un cri, un coup de poing sur la table face à un gouvernement qui, selon lui, a abandonné son peuple. Voici ce qu’il a dit, et ça secoue.
En effet, dans le pays de Boganda, pays de zo kwé zo, la vie est devenue un calvaire que beaucoup ne supportent plus. Lazare Kiandji , une voix forte du débat Patara sur la radio Ndéké-Luka du 15 mars 2025, ne se contente pas de le dire : il le crie. Pour ces deux invités ce jour : Kiandji et Passi, ce n’est plus une question de patience ou de résilience face au manque d’eau et d’électricité. C’est une capitulation totale, un abandon du peuple par un gouvernement qui semble avoir perdu le nord. Leurs mots sont durs, mais ils résonnent avec ce que vivent les Centrafricains au quotidien, et ils ne laissent aucune excuse au régime en place.

Lazard Kiandji, économiste et leader jeune, plante le décor sans détour. « Ça, c’est la capitulation, ce n’est plus la résilience », lâche-t-il. Fini le temps où l’on pouvait saluer la capacité des gens à tenir bon face aux galères. Aujourd’hui, c’est trop. Les familles entières qu’on voit à 4 heures du matin, bidons jaunes à la main, en train de chercher de l’eau à des kilomètres, ce n’est plus supportable. Il raconte cette scène qu’on croirait sortie d’un autre siècle : des pères, des mères, des gosses sur des motos ou à pied, courant après un minimum vital que l’État ne leur donne pas. Et l’électricité ? Pareil. Sans elle, pas d’eau pompée, pas de lumière, pas de vie normale. Pour lui, c’est clair : « On fait du pilotage à vue ». Pas de plan, pas de vision, juste des dirigeants qui bricolent au jour le jour, laissant le pays s’enfoncer.
Lazare Kiandji fonce et va encore plus loin. Il parle avec la colère de celui qui voit les conséquences concrètes de cette inaction. « Les gens meurent dans les hôpitaux parce qu’il n’y a pas d’électricité », dit-il. Imaginez : des patients sous oxygène qui s’éteignent parce que le courant coupe, des médecins qui opèrent avec des lampes de poche. C’est pas une anecdote, c’est la réalité. Et ça ne s’arrête pas là. Sans électricité, les commerces s’effondrent, les entreprises ne viennent pas, le chômage explose. Pour lui, c’est simple : « C’est inhumain, ça ». L’eau et l’électricité, c’est pas un luxe, c’est le strict minimum. Mais à Bangui, même ça, c’est hors de portée.
Lazard Kiandji renchérit sur ce point. « Avoir accès à l’eau, c’est chercher le diamant, c’est chercher de l’or », explique-t-il. Il exagère à peine. Sortir à minuit pour faire la queue devant un forage, attendre des heures, risquer sa peau, comme cette gamine violée à Miskine il y a trois jours juste pour un bidon d’eau, c’est pas une vie, c’est une chasse au trésor désespérée. Lui-même l’a vécu : il raconte être sorti à 2 heures du matin, avoir fait la queue jusqu’à 9 heures, et être rentré bredouille. Et pendant ce temps, qu’est-ce qu’on fait en haut lieu ? Rien, ou presque. « Il n’y a aucune programmation, aucune anticipation », accuse-t-il. Chaque année, la saison sèche revient, et chaque année, c’est le même chaos. L’année dernière, les gens ont marché, ont crié sur les réseaux sociaux. Cette année, rebelote. Et l’année prochaine ? « Je parie ma tête qu’on vivra encore pire », prédit-il, amer.
Lazare Kiandji , lui, ne se contente pas de constater. Il cogne là où ça fait mal. « Le peuple est relégué au dernier rang », assène-t-il. Les dirigeants, avec leurs panneaux solaires et leurs forages privés, vivent dans un autre monde. Tant pis pour les autres, ceux qui dorment dans le froid pour un seau d’eau ou qui bossent sans pouvoir se laver faute de mieux. Mais il refuse de laisser passer ça sans réagir. « Il y a de l’argent dans ce pays », insiste-t-il. Quand il a fallu pousser le référendum pour un troisième mandat, les milliards ont surgi comme par magie. Alors pourquoi pas pour l’eau et l’électricité ? Pour lui, c’est une question de priorité : le peuple n’en est pas une. Et quand on lui parle des partenaires, des ONG qui distribuent de l’eau ou des lampadaires solaires, il explose : « On ne peut pas ramasser les choses et venir nous blaguer ». Ces solutions au rabais, ces lampadaires qui s’éteignent en trois mois, c’est une insulte. La Centrafrique mérite mieux que des miettes.
Les deux invités ce jour se rejoignent sur un point : ça ne peut plus durer. Lazard Kiandji parle d’un pays où l’eau est devenue plus rare que l’or, où les hôpitaux n’ont rien pour sauver les malades, où le climat change mais les politiques, elles, restent figées. Lazare Kiandji , lui, voit un système qui tue à petit feu, qui laisse les gosses sans école, les parents sans boulot, et les vieux sans soins. Ensemble, ils peignent le portrait d’un régime dépassé, incapable de prévoir, d’agir, ou même de respecter son peuple.
« Il faut qu’on s’asseye et qu’on se dise un certain nombre de vérités », propose Lazare. Mais qui écoutera ? Pas le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, qui esquive les micros. Pas les directeurs de la SODECA ou de l’ENERCA, introuvables. Alors, à qui s’adresser ? Peut-être à la rue, qui gronde déjà, et qui, un jour, pourrait bien se faire entendre plus fort….
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE
Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21
Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC