Obo : quatre suspects transférés à Bangui parmi les onze personnes arrêtées sur le site des déplacés, loin des combats de Bambouti

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Obo : quatre suspects transférés à Bangui parmi les onze personnes arrêtées sur le site des déplacés, loin des combats de Bambouti

 

Obo : quatre suspects transférés à Bangui parmi les onze personnes arrêtées sur le site des déplacés, loin des combats de Bambouti
Image d’illustration de l’arrivée à Bangui d’un suspect arrêté par les Wagner en province

 

Rédigé le 20 janvier 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Loin du théâtre des hostilités de Bambouti et de Zémio, Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou  connaît une vague d’arrestations. Onze détenus au total, quatre maintenant transférés vers la Section de recherche et d’investigation de la gendarmerie à Bangui.

 

Les combats ont éclaté le dimanche 28 décembre 2025 à Bambouti, localité située à plus de cent kilomètres d’Obo à la frontière avec le Soudan du sud. Des miliciens autodéfense Azandé ont pris d’assaut la ville, capturant au passage la sous-préfète et son garde du corps gendarme.

 

Le 1er janvier 2026, les mercenaires du groupe Wagner, alliés protecteurs du régime, ont contre attaqué et récupèrent la ville entre les mains des miliciens Azandé. Pendant ce temps, à Zémio, dans la soirée du 1er janvier, un autre groupe des miliciens Azandé ont pris d’assaut un checkpoint de l’armée nationale, faisant un mort parmi les soldats FACA.

 

Dans la matinée du lundi 2 janvier, les même miliciens ont attaqué les positions des mercenaires russes à Bambouti dans un affrontement violent, sans parvenir à récupérer la ville tombée aux mains des mercenaires russes.

 

Pourtant, c’est à Obo que les forces de l’ordre ont décidé de frapper. Cette ville paisible n’a connu aucun accrochage, aucune incursion armée, aucun trouble à l’ordre public. Les habitants vaquaient tranquillement à leurs occupations quotidiennes quand les gendarmes, policiers et soldats ont lancé leurs opérations.

 

Les premières arrestations ont visé le site des déplacés de Nguili Nguili où sept personnes ont été raflées sans ménagement. Ces cultivateurs vivaient là avec leurs familles, travaillant aux champs pour survivre. Aucun d’eux ne portait d’arme ni ne présentait le moindre signe de participation aux combats lointains de Bambouti.

 

Quelques jours plus tard, une deuxième vague d’interpellations a touché d’autres quartiers de la ville. Trois nouvelles personnes ont été embarquées, dont deux anciens combattants démobilisés et un civil. Ces ex-miliciens avaient pourtant suivi scrupuleusement le processus officiel de réinsertion imposé par l’État.

 

Une onzième arrestation est venue compléter cette rafle généralisée. Les familles des détenus se sont d’abord vu promettre une libération rapide. Les autorités leur ont laissé entendre que tout cela n’était qu’un malentendu passager qui se réglerait dans les heures suivantes.

 

Ces assurances rassurantes se sont évaporées brutalement quand l’annonce du transfert est tombée. Quatre des onze prisonniers ont été transférés samedi 17 janvier 2026 vers la Section de recherche et d’investigation de la gendarmerie à Bangui. Leurs proches ignorent totalement les charges retenues contre eux et n’ont reçu aucune notification officielle.

 

Le commandant de compagnie de la gendarmerie d’Obo a tenu des propos pour le moins bouleversants dans cette affaire. Vingt-quatre heures après l’enlèvement de la sous-préfète et du gendarme à Bambouti, il a diffusé un message incendiaire sur WhatsApp. Dans ce texte, il menace les ravisseurs, exige la libération immédiate des otages, promet des représailles terribles.

 

Mais au lieu d’organiser une intervention à Bambouti pour libérer les captifs, ce commandant de compagnie a préféré lancer des arrestations massives à Obo. Il accuse les détenus d’avoir participé aux combats puis d’être revenus tranquillement chez eux comme si de rien n’était. Cette version des faits défie toute logique élémentaire.

 

Comment expliquer qu’un combattant puisse mener un assaut armé à plus de cent kilomètres de son domicile puis rentrer paisiblement le lendemain ?

 

Les deux anciens miliciens démobilisés se trouvent dans une situation particulièrement absurde. Ils avaient déposé leurs armes, suivi une formation dispensée par des mercenaires de la milice Wagner en 2024, puis été incorporés dans l’armée nationale. Après leur désarmement, ils vivaient dans leur quartier en attendant qu’une décision de l’état-major clarifie leur statut définitif.

 

Aujourd’hui, ces mêmes autorités qui les avaient désarmés les présentent comme des insurgés dangereux. On les accuse d’avoir attaqué Bambouti sans apporter le moindre commencement de preuve. Leur passé de combattants repentis ne leur offre aucune protection face à cet arbitraire déchaîné.

 

Les sept autres détenus croupissent toujours dans les geôles d’Obo sans savoir de quoi on les accuse.

 

Que va faire maintenant la justice une fois les quatre transférés arrivés à Bangui ? Comment les magistrats pourront-ils établir leur participation à des combats survenus à des dizaines de kilomètres de leur lieu de résidence ? La réponse semble évidente pour quiconque connaît le fonctionnement du système judiciaire centrafricain.

 

On va probablement inventer des témoignages, fabriquer des accusations, monter un dossier fictif pour justifier rétroactivement leur détention. Des déclarations seront extorquées, des aveux forcés obtenus, des preuves fabriquées de toutes pièces. La machine judiciaire se mettra en branle pour donner une apparence de légalité à ce qui n’est qu’un enlèvement d’État.

 

Pendant ce temps, à Bambouti, la sous-préfète et son garde du corps demeurent aux mains de leurs ravisseurs. L’énergie considérable déployée pour arrêter des innocents à Obo aurait pu servir à organiser leur libération. Mais il est manifestement plus facile de s’en prendre à des cultivateurs désarmés qu’à des miliciens retranchés dans la brousse.

 

Le commandant qui a lancé ces opérations continue de tenir des propos belliqueux sur les réseaux sociaux. Il fanfaronne, menace, promet monts et merveilles alors que les otages risquent leur vie à chaque instant. Au lieu de privilégier la négociation ou une intervention ciblée, il choisit la gesticulation et la répression aveugle.

 

Cette affaire concentre toutes les dérives d’un système où l’uniforme confère une impunité totale. Les forces de l’ordre agissent selon leur bon vouloir, arrêtent qui bon leur semble, inventent des accusations au gré de leurs humeurs. Les victimes n’ont aucun recours, aucune possibilité de faire valoir leurs droits face à cette machine arbitraire qui broie tout sur son passage​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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