Incendie au marché de Bornou : zéro secours, zéro pompier, colère totale
Rédigé le 17 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Avec la saison sèche qui s’installe en République centrafricaine, les incendies se multiplient sur tout le territoire. Après celui du marché de 5 Kilos dans la Vakaga, c’est au tour du marché de Bornou à Bambari de brûler complètement la semaine dernière.
Les flammes ont dévoré les étals pendant que seuls les commerçants et quelques habitants tentaient d’éteindre le feu. Leurs efforts sont restés vains face à l’ampleur du sinistre. Aucun pompier n’est venu, aucun camion-citerne ne s’est déplacé. Les riverains ont filmé la scène et partagé les images sur les réseaux sociaux, accompagnées de commentaires furieux.
“C’est quel pays?”, s’interrogent-ils dans leurs publications. Beaucoup rappellent que Bambari est considérée comme la deuxième ville du pays, pourtant elle ne dispose d’aucun moyen de lutte contre les incendies. Les critiques fusent: la République centrafricaine ne mérite même pas d’être appelée un pays, certains vont jusqu’à employer des termes très durs pour qualifier cette situation.
Les vidéos montrent des flammes immenses s’élevant dans le ciel tandis que des gens impuissants regardent leurs biens partir en cendres. L’absence totale d’intervention officielle choque profondément.
Cette situation n’est pas propre à Bambari. Sur l’ensemble du territoire centrafricain, y compris dans la capitale Bangui, le service des pompiers existe sur le papier mais ne fonctionne pas vraiment. Le matériel manque cruellement. Quand un incendie se déclare, c’est généralement la MINUSCA, la mission des Nations Unies présente dans le pays, qui envoie ses propres équipes de secours.
Il fut un temps où l’ambassade de France soutenait ce service, finançant la construction de bâtiments et l’achat de véhicules. Depuis que cette aide a cessé il y a plusieurs années, tout s’est délabré. Les citoyens qui appellent les pompiers à Bangui reçoivent régulièrement la même réponse: pas de carburant, pas de véhicule disponible, ou encore véhicule en panne.
Les habitants de Bambari qui ont exprimé leur colère sur les réseaux ne se trompent peut-être pas dans leur jugement. Comment qualifier autrement un territoire où les populations doivent affronter seules des catastrophes que n’importe quel État normalement constitué devrait pouvoir gérer? Les commerçants du marché de Bornou ont tout perdu sans qu’aucune aide publique ne leur parvienne
Par Brahim Sallé
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