Épidémiologistes formés : une goutte d’eau dans l’Océan des crises sanitaires

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Épidémiologistes formés : une goutte d’eau dans l’Océan des crises sanitaires

 

Épidémiologistes formés : une goutte d’eau dans l’Océan des crises sanitaires
Un promoteur de santé de MSF fournit des informations sur les services de planification familiale aux femmes qui attendent une consultation à l’hôpital universitaire régional de Bangassou (HRUB). RCA, 2023. © MSF

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 La semaine dernière à Bangui, la salle de la Caisse nationale de sécurité sociale vibrait d’une certaine fierté. Le ministre de la Santé, Pierre Somsé, a présidé la cérémonie de remise des certificats à 23 nouveaux épidémiologistes de terrain, dont six femmes, formés pendant trois mois dans le cadre d’un programme en épidémiologie de première ligne. Une quatrième cohorte pour un projet qui, selon le ministre, marque un tournant dans la lutte contre les épidémies en Centrafrique. Mais derrière les discours optimistes et les applaudissements, une réalité plus dure se dessine : face à l’ampleur des défis sanitaires, cette poignée de diplômés ressemble à une réponse bien maigre.

 

Pierre Somsé n’a pas mâché ses mots pour défendre l’initiative. Dans un pays intertropical où les épidémies frappent régulièrement, il faut des spécialistes capables d’agir vite, d’anticiper les crises plutôt que de courir après elles, comme ce fut le cas avec le Covid-19. “On passe d’une époque où on réagit dans le désordre à une phase de préparation”, a-t-il déclaré, vantant les progrès mesurés par l’OMS. Le score du pays dans la gestion des risques épidémiques est passé de 1 à 3 sur 5, un niveau qu’il qualifie de “satisfaisant”. Satisfaisant, certes, mais loin de l’excellence qu’il dit viser. Et c’est là que le bât blesse : trois mois de formation pour 23 personnes, aussi compétentes soient-elles, peuvent-ils vraiment changer la donne ?

 

Le ministre insiste sur l’idée que chaque agent de santé doit devenir un épidémiologiste, avec la communauté en première ligne. Une ambition louable, surtout quand on écoute Juela Horakoket-Lelo, la major de la promotion. Au micro de la radio Centrafrique, elle a promis de mettre ses nouvelles connaissances au service de son district à Bangui, couvrant trois arrondissements. Elle appelle même d’autres médecins à rejoindre le programme. Mais son enthousiasme se heurte à une réalité implacable : les épidémies ne frappent pas seulement Bangui. Elles sévissent dans les provinces, là où les routes sont mauvaises, les hôpitaux rares et les moyens souvent inexistants. Vingt-trois épidémiologistes, même bien formés, ne peuvent pas couvrir un pays entier.

 

Le programme, qui prévoit d’évoluer vers des phases intermédiaires et avancées, montre une volonté de construire sur le long terme. Mais pour l’instant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec des crises comme la malaria, les fièvres hémorragiques ou les maladies évitables par la vaccination qui persistent, cette quatrième cohorte ressemble à une goutte d’eau dans un océan de besoins. L’OMS applaudit les efforts, mais un score de 3 sur 5 reste une note moyenne, pas une victoire. Et quand Pierre Somsé évoque le “principal défi” des épidémies, on se demande pourquoi, après des années de promesses, le système de santé reste si fragile. Ces 23 diplômés sont un pas en avant, sans doute. Reste à savoir si d’autres suivront, assez nombreux et assez vite, pour ne pas laisser le pays démuni face à la prochaine tempête sanitaire.

 

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