Crimes contre l’humanité à Guen : la CPS renvoie tous les accusés devant la Chambre d’assises

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
La Cour Pénale Spéciale franchit une étape majeure dans le dossier « Guen » en renvoyant tous les accusés devant la Chambre d’assises, promettant un procès emblématique pour les crimes contre l’humanité commis à Guen en 2014.
En effet, le 18 avril 2025, la Cour Pénale Spéciale (CPS) de la République centrafricaine a publié un communiqué détaillant une avancée significative dans le dossier dit « Guen ». Selon ledit communiqué, le 15 avril 2025, la Chambre d’accusation spéciale de la CPS a rendu un arrêt concernant les appels interjetés contre l’ordonnance de non-lieu et de renvoi devant la Chambre d’assises. Selon le communiqué, ces appels ont été jugés irrecevables, entraînant la transmission du dossier à la Chambre d’assises pour un futur procès. Cet arrêt reste susceptible d’appel devant la Chambre d’appel de la CPS dans un délai de trois jours suivant sa notification.
Le dossier « Guen » porte sur des crimes graves imputés à des groupes antibalakas dans les localités de Guen, Gadzi et Djomo, situées dans la sous-préfecture de Gadzi, préfecture de la Mambéré-Kadéï. D’après les juges d’instruction, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ont été commis contre la population musulmane de ces zones entre février et mars 2014, au plus fort des violences intercommunautaires qui ont secoué la Centrafrique.
Le Cabinet d’instruction a établi des charges suffisantes pour renvoyer six individus devant la Chambre d’assises. Les accusés, identifiés dans le communiqué, sont Mathurin Kombo, François Boybanda alias Balere, Philémon Kahena alias CB, Dieudonné Gomitoua, Edmond Beina et Jean Bahara. Ce dernier fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis le 3 mai 2022 et reste activement recherché. Le communiqué précise que tous les accusés sont, à ce stade, présumés innocents.
La CPS, instituée par la loi organique n°15.003 du 3 juin 2015, est une cour hybride intégrée au système judiciaire centrafricain, avec pour mandat d’enquêter et de poursuivre les crimes de droit international commis en République centrafricaine depuis 2003. Basée rue Martin Luther King à Bangui, elle continue de traiter des dossiers complexes liés aux violences qui ont marqué le pays….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
