le cri d’alarme des Azande dans un mémorandum aux Nations Unies

Rédigé le 20 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La communauté Azande du Haut-Mbomou interpelle New York via un mémorandum circonstancié. Sept griefs majeurs décrivent des décennies de délaissement étatique et d’exactions armées dans le Haut-Mbomou.
Le document adressé au Secrétaire Général des Nations Unies commence par un constat réel. Depuis l’accession de la République Centrafricaine à l’indépendance jusqu’à aujourd’hui, la préfecture du Haut-Mbomou demeure abandonnée par l’État. Cette situation figure comme le premier point du mémorandum qui détaille l’absence totale d’infrastructures fonctionnelles.
Aucune route praticable n’existe sur ce territoire. Les hôpitaux équipés restent inexistants tandis que les écoles manquent cruellement d’enseignants qualifiés. Les forces régulières de sécurité brillent par leur absence effective et l’autorité étatique devient quasi inexistante dans certaines localités, selon les termes précis du mémorandum.
Cet abandon volontaire a engendré des conséquences terribles pour la population civile. Le mémorandum précise que cette désertion administrative a exposé les habitants à toutes formes d’exactions et d’insécurités. Cette réalité amène naturellement le deuxième point du document qui recense les violences armées successives.
La multiplication des agressions constitue le grief numéro deux du mémorandum. Depuis 1981 jusqu’à ce jour, la communauté Azande a successivement subi les atrocités de plusieurs groupes armés. Les braconniers armés ont ouvert cette longue série de violences avant que la LRA de Joseph Kony ne prenne le relais.
Les groupes armés UPC ont ensuite pris leur tour dans cette succession macabre. Aujourd’hui, les mercenaires russes de la milice Wagner opèrent sur le territoire avec l’assistance directe ou indirecte de certaines unités des FACA. Le mémorandum souligne que ces opérations se déroulent sous le regard complice de la MINUSCA, censée protéger les populations civiles.
Cette chronologie des violences cache selon le mémorandum une intention plus sombre. L’État centrafricain aurait, de facto, laissé s’installer une politique visant à faire disparaître progressivement la communauté Azande du Haut-Mbomou. Les rédacteurs du document affirment que leurs terres ancestrales sont destinées à des groupes armés étrangers.
Les principaux bénéficiaires de ce transfert forcé seraient des Peuhls éleveurs lourdement armés. Le mémorandum établit un lien entre l’abandon administratif décrit au point un et les violences énumérées au point deux. Cette combinaison créerait les conditions d’un génocide planifié de la population Azande.
Les sept points annoncés dans le préambule du mémorandum visent à documenter méthodiquement cette accusation. Chaque grief s’appuie sur des faits vérifiables et des périodes clairement identifiées. La période 1981-2026 revient comme référence temporelle pour mesurer l’ampleur du phénomène dénoncé.
L’absence d’infrastructures routières empêche tout développement économique viable. Sans hôpitaux équipés, les malades meurent de pathologies banales. L’inexistence d’écoles condamne les jeunes générations à l’analphabétisme tandis que l’absence de forces de sécurité livre le territoire aux prédateurs armés.
Le mémorandum utilise une terminologie juridique précise en parlant de tentative manifeste de génocide et d’extermination. Ces qualifications apparaissent dès l’introduction du document adressé au Secrétaire Général. La population civile du Haut-Mbomou, majoritairement issue de la communauté Azande, revendique cette caractérisation pour décrire sa situation.
L’accumulation des faits sur plusieurs décennies renforce la thèse défendue par les rédacteurs. Depuis l’indépendance, aucun changement substantiel n’a amélioré les conditions de vie dans cette préfecture. Le mémorandum insiste sur le caractère continu et persistant de cet abandon qui ne peut résulter du hasard.
Les groupes armés se succèdent mais la vulnérabilité de la population demeure constante. Braconniers, LRA, UPC, les éléments de la milice russe Wagner : chaque vague apporte son lot de souffrances sans que l’État n’intervienne efficacement. Cette passivité étatique alimente selon le mémorandum la conviction d’une politique délibérée.
Les Peuhls éleveurs lourdement armés mentionnés dans le point deux incarnent cette substitution démographique redoutée. Leur installation progressive sur les terres ancestrales Azande s’accompagnerait de violences et d’intimidations. Le mémorandum suggère que cette dynamique bénéficie d’une tolérance voire d’un encouragement tacite des autorités.
La complicité de la MINUSCA ajoute une dimension internationale au dossier. Cette force censée protéger les civils observerait sans agir face aux exactions des miliciens du groupe Wagner et de certaines unités FACA. Le mémorandum questionne ainsi l’efficacité réelle des mécanismes onusiens de protection déployés en Centrafrique.
Les sept points du mémorandum construisent une argumentation progressive et cohérente. Chaque élément renforce le précédent pour bâtir un réquisitoire complet contre l’État centrafricain. Les Azande du Haut-Mbomou ne se contentent pas de dénoncer : ils documentent, datent et qualifient juridiquement les faits reprochés.
L’appel au Secrétaire Général des Nations Unies représente un recours ultime après des décennies d’ignorance. Les autorités centrafricaines n’ayant jamais répondu aux besoins basiques de cette population, celle-ci se tourne vers l’instance internationale suprême. Le mémorandum devient ainsi un cri de détresse formalisé et structuré selon les codes diplomatiques
Par Alain Nzilo
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