LA PROBLÉMATIQUE DE RENONCEMENT DES RECOURS CONTENTIEUX ÉLECTORAUX DEVANT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL APRÈS UNE ÉLECTION BACLÉE ET CONTESTÉE.

Rédigé le 17 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les recours contentieux électoraux sont des moyens juridiques et encadrés pour contester une élection nationale c’est-à-dire les elections présidentielles, législatives ainsi que les référendums.
Ces outils légaux consiste à saisir le conseil constitutionnel dans un délai défini par la loi pour contrôler la régularité de l’ensemble des opérations électorales ainsi que le respect ou la saine application de la loi électorale en vigueur.
Certes, en République centrafricaine, les contestations des résultats électoraux ne sont pas des phénomènes nouveaux.
Il faut noter que les vagues d’irrégularités électorales dénoncées par les deux anciens premiers ministres n’ont pas la même valeur intrinsèque puisque l’autre appartenait au système ou a été solidairement comptable du système d’où sa renonciation à tout recours contentieux devant le Conseil constitutionnel interroge puisqu’elle contribue à la consolidation de la légitimité du candidat déclaré élu au regard de la communauté internationale et des partenaires de développement.
D’ailleurs la convergence des graves accusations de fraudes des anciens locataires de la primature oblige le conseil constitutionnel soit à valider ce simulacre d’élection qui le discreditera à jamais auprès de l’opinion publique soit à renverser la constance jurisprudentielle en annulant le scrutin du 28 décembre 2025.
Dans le même ordre d’idée et au risque de se paraphraser, nous rappelons que les recours contentieux électoraux ne sont pas de vains mots mais des droits garantis par la constitution dont son usage oblige les sages à revoir méthodiquement le déroulé des élections et a pour principale conséquence d’annuler partiellement ou totalement une élection lorsque les irrégularités constatées des opérations électorales sont de nature à entacher la sincérité et la crédibilité du dit scrutin.
A défaut d’annuler le scrutin ce qui est inédit en Centrafrique, ils permettent de corriger, d’ajuster ou de redresser les résultats provisoires proclamés par l’Autorité Nationale des Élections.
Il s’agit d’un droit facultatif et non automatique où le requérant dispose de la liberté ou de la latitude d’en faire usage ou pas.
Renoncer à cette redoutable arme démocratique qui est le recours contentieux électoral devant le juge constitutionnel confirme par voie de conséquence la reconnaissance de la victoire à un score soviétique du Président de la République.
Il faut noter à titre d’information que l’absence de recours ou l’absence de la saisine du conseil constitutionnel dans le délai légal équivaut à l’acceptation juridique des résultats provisoires proclamés par l’organe chargé de gestion des opérations électorales.
En conséquence de ce qui précède, le résultat provisoire devient définitif.
À ce stade, il apparaît important de souligner que c’est la rétractation ou la renonciation aux recours contentieux après le relevé exhaustif de graves irrégularités pouvant entacher la crédibilité voire la sincérité du scrutin qui donne matière à réfléchir d’où la grande incompréhension de l’opinion nationale et internationale.
Confus ou totalement perdu dans cet imbroglio d’incompréhension, de confusion et de frustration des électeurs, le citoyen lambda s’interroge :
1- Après ce tableau synoptique d’irrégularités électorales pouvant entacher la crédibilité du scrutin, qu’est-ce qui peut légitimement justifier ce rétropédalage ou ce revirement accidentogène ?
2- S’agit-il d’une pression politique, d’un chantage, d’un instinct de survie, d’un deal ou négociation politique voire simplement d’une stratégie politique ?
3- Quelle est la valeur politique de cette aventure qui va de la dénonciation à la reddition judiciaire ?
4- Peut-on aussi facilement troquer l’expression de la volonté souveraine du peuple contre des intérêts stratégiques en renonçant à un recours jugé légitime ?
Il est évident que la politique n’est pas une dynamique figée dans le temps et dans l’espace mais la cohérence dans la linéarité des faits et gestes importe.
En tout état de cause, sachant que les élections groupées du 28 décembre 2025 n’était qu’une mascarade, le seul enjeu majeur pour le pouvoir de Bangui n’était que de limiter la saisine du conseil constitutionnel afin de légitimer voire de crédibiliser sa réélection mécaniquement agencée.
Il ne faut pas perdre de vue que les chiffres parlent et le message des chiffres a été entendu par la majorité des centrafricains nonobstant l’absence de campagne de boycott de la part de l’opposition démocratique représentée par le BRDC.
En attendant, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous rattraper.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.
Un penseur disait que le pouvoir de l’État n’est pas un héritage familial où on negocie des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agit d’une responsabilité limitée dans le temps alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté vous chasse pour comprendre que c’est le moment de partir.
Attention Monsieur le tyran, nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Limassa le 17 Janvier 2026
Bernard SELEMBY DOUDOU.
Juriste, Environnementaliste.
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