Bindoumi démonte le mensonge de l’autorité nationale des élections après le fiasco électoral de décembre 2025

Rédigé le 18 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Joseph Bindoumi ne mâche pas ses mots. Le magistrat qui dirige le Réseau Arc-en-ciel pour l’observation des scrutins vient de pointer du doigt l’Autorité nationale des élections et son fonctionnement bancal lors du dernier scrutin du 28 décembre 2025.
L’observateur électoral a parlé sans détour dans l’émission Patara sur la radio Ndèkè-Luka. Selon lui, l’ANE a accumulé les couacs et tente maintenant de se réfugier derrière l’argument du portefeuille financier vide. Une défense qui ne passe visiblement pas auprès de celui qui a scruté de près le déroulement du vote. Bindoumi reconnaît que l’institution a effectivement manqué de liquidités pour mener à bien sa mission, mais il refuse d’accepter cette justification comme un blanc-seing pour tous les dérapages constatés.
Les mots du magistrat trahissent une lassitude face aux excuses de l’ANE. Il évoque un “cafouillage” généralisé qui a empêché l’autorité de rassembler les ressources nécessaires à son action. Cette pagaille administrative a engendré des incidents que Bindoumi et son équipe ont minutieusement relevés sans pour autant les crier sur tous les toits. Le réseau d’observation garde sous le coude des informations sensibles qu’il a choisi de ne pas divulguer publiquement.
La position de Bindoumi reste néanmoins mesurée quant aux suites à donner. Son organisation n’a pas qualité pour saisir directement le Conseil constitutionnel, mais il fait clairement savoir qu’il compte sur cette instance pour démêler l’écheveau. Le magistrat estime que l’ANE devrait au minimum admettre ses limites plutôt que de se dédouaner complètement. Selon lui, l’autorité électorale devrait reconnaître qu’elle a tenté de faire des efforts malgré des moyens insuffisants, tout en acceptant qu’elle n’a pas réussi à résoudre tous les problèmes.
Cette sortie de Bindoumi intervient alors que le Réseau Arc-en-ciel a déjà formulé des recommandations au gouvernement pour renforcer l’arsenal logistique et financier alloué aux élections. Une manière indirecte de confirmer que le problème dépasse largement le seul scrutin de décembre. L’ANE se retrouve prise entre le marteau des observations critiques et l’enclume de ses carences budgétaires. Bindoumi refuse simplement de laisser l’institution se cacher derrière ce paravent financier pour éviter de rendre des comptes sur sa gestion approximative du processus électoral. Le magistrat renvoie désormais la balle au Conseil constitutionnel, seul habilité selon lui à trancher dans ce dossier épineux où incompétence organisationnelle et insuffisance de moyens se mêlent dans une confusion peu reluisante
Par Gisèle MOLOMA
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