Action Solidaire : la Présidente Nadine Kossi soulage le Centre d’Éducation des Sourds-Muets de Benz-Vi
Rédigé le 08 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Alertée par le directeur Jean Maxime Hugor KANYON, Madame Nadine Kossi s’est rendue lundi 5 janvier dernier au Centre d’Éducation de Benz-vi pour apporter un soutien financier urgent aux enseignants impayés.
Un établissement en détresse totale.
Lors de la visite de la présidente de l’association Action Solidaire, le directeur du Centre d’Éducation et de Formation des Aveugles et des Sourds-Muets de Benz-vi, Monsieur Jean Maxime Hugor KANYON, a dressé un tableau très sombre de la situation de son établissement. Situé dans le 5e arrondissement de Bangui, ce centre demeure l’unique structure d’État dédiée aux enfants sourds-muets et malvoyants en République Centrafricaine.
« Nous avons énormément de problèmes ici dans cette école », a d’emblée déclaré le directeur. Le premier obstacle majeur concerne l’absence criante de personnel qualifié. « L’école n’a pas de professionnels, les professionnels qui doivent enseigner, éduquer ces enfants sourds et malvoyants », a-t-il déploré. Les enseignants actuels, bien que dévoués, ne sont pas des techniciens formés dans le domaine du handicap.
Face à cette lacune, M. KANYON s’est battu pour trouver des solutions : « J’ai tenté de cogner aux portes par-ci par-là en vain pour obtenir des financements pour le renforcement des capacités de ces enseignants ». Devant l’échec de ses démarches, le directeur a dû puiser dans ses propres ressources : « Je me suis battu à mon niveau, j’ai sorti de l’argent de ma propre poche pour payer un pédagogue qui les a formés ».
Au-delà du manque de formation, les conditions matérielles s’avèrent tout aussi difficile.
L’infrastructure du centre se trouve dans un état déplorable. « L’endroit est toujours boueux, il y a beaucoup d’herbes dans la concession. À chaque fois, il faut sortir de l’argent pour que les gens nettoient ces herbes, mais nous n’avons pas d’argent pour faire ça », a expliqué le directeur. Pour pallier ce problème, M. KANYON avait sollicité une aide pour transformer ces espaces herbeux en jardins maraîchers, permettant ainsi de nourrir les enfants.
Malheureusement, ses appels sont restés sans réponse. « J’ai demandé au niveau du PAM, le Programme Alimentaire Mondial, pour nous donner un peu de fourniture pour travailler, mais rien. Le PAM a refusé de venir au secours de ces enfants aveugles et sourds, malgré qu’ils se plaignent souvent de la faim », a-t-il regretté.
La sécurité du centre pose également problème. Depuis sa création en 1974, l’établissement ne dispose d’aucun gardien. « Il y a des gens qui nous aident, qui nous donnent des équipements. Mais quand la cérémonie de remise se passe, les donateurs sont partis et les voleurs viennent la nuit pour récupérer les biens. Ils cassent la maison, cassent la porte et récupèrent toutes les donations », a raconté le directeur, contraint de recruter un gardien qu’il faut également rémunérer.
Mais le problème le plus urgent reste celui de la rémunération des enseignants.
« De notre côté, nous avons un gros problème de paiement des enseignants, des moniteurs », a souligné M. KANYON. Le financement du centre repose uniquement sur les frais payés par les parents d’élèves, et ces sommes ne suffisent absolument pas pour rémunérer correctement le personnel. « L’argent que les parents paient là, ça ne suffit pas de payer les moniteurs », a-t-il précisé.
Cette situation financière catastrophique empêche également le recrutement de personnel administratif pourtant indispensable. « On n’a même pas de secrétaire à notre école. Nous avons recruté des gens, mais les gens, quand on les recrute, il faut les payer. Nous avons des problèmes de financement. C’est pourquoi nous demandons de l’aide par-ci, par-là », a confessé le directeur.
L’avenir des élèves compromis par l’absence de continuité scolaire.
Le directeur a également insisté sur une problématique majeure qui hypothèque l’avenir des enfants : l’absence totale de continuité dans leur parcours éducatif. « Les enfants s’arrêtent au niveau du CM2 et puis ils rentrent à la maison. C’est fini pour eux. Ils n’ont pas de collège, il n’y a même pas de lycée », a-t-il déploré.
Cette situation apparaît d’autant plus inadmissible qu’il s’agit de l’unique centre d’État du pays dédié à ces enfants en situation de handicap. « Alors que l’unique centre de l’État, on devrait ouvrir même collège, lycée, ici. Ça donnerait l’opportunité aux enfants. Mais ce n’est pas possible », a constaté M. KANYON avec désarroi.
Face à cette détresse, le directeur a lancé un appel solennel aux plus hautes autorités.
- KANYON a saisi l’occasion de cette visite pour interpeller directement le Chef de l’État : « J’en profite de cette occasion pour attirer l’attention du Président de la République, le Président Faustin Archange Touadéra. Ils parlent de la septième république, maintenant la septième république, qu’ils pensent à ce problème. Qu’ils pensent à ces aveugles, ces malvoyants, ces jeunes sourds. »
Le directeur a été particulièrement clair sur ses attentes : « On ne veut pas qu’à chaque fois on nous assiste. On veut qu’on nous donne les opportunités. Nous voulons ici le collège, le lycée. Et nous voulons qu’on nous envoie des professionnels formés dans le domaine ». Un appel à construire des solutions pérennes plutôt que de se contenter d’une assistance ponctuelle.
C’est dans ce contexte de grande détresse que l’intervention de Madame Nadine Kossi prend tout son sens.
« Quand j’ai pris la fonction, j’ai vu son nom dans le document officiel de l’école », a raconté le directeur. « Je l’ai appelée au téléphone alors qu’elle était en France. Je me suis plaint et je lui ai expliqué le problème. J’ai dit que j’étais à bout de souffle. Et vraiment, cette dame, c’est une dame qui a le cœur d’une mère de famille », a-t-il témoigné avec émotion.
À son retour à Bangui, Madame Kossi n’a pas tardé à répondre à cet appel au secours. « Quand elle est arrivée à Bangui, elle m’a appelé et elle est venue m’écouter. Je me suis plaint », a poursuivi M. KANYON. La situation des enseignants était particulièrement préoccupante à l’approche des fêtes de fin d’année.
« Il y a aussi des enseignants, nos enseignants ici qui ont fait, qui ont enseigné et après ils veulent partir maintenant en congé, congé de Noël et de Janvier. Ils n’ont même pas d’argent pour aller fêter Noël et Janvier avec leurs enfants », a expliqué le directeur avec tristesse.
Le geste salvateur qui redonne espoir.
Face à cette situation dramatique, Madame Nadine Kossi a pris une décision immédiate et concrète. « Aujourd’hui, Madame Kossi a accepté de venir faire le geste pour que je paie un mois, un mois de retard des salaires de ces enseignants, ces moniteurs. Elle m’a remis cet argent et je suis vraiment satisfait. Je suis vraiment content de cette aide, de ce geste et vraiment je suis soulagé », s’est réjoui M. KANYON.
Cette aide financière représente bien plus qu’un simple soutien matériel. Elle redonne dignité et espoir aux enseignants qui se dévouent quotidiennement pour ces enfants en situation de handicap, malgré des conditions de travail extrêmement difficiles et des salaires régulièrement impayés.
Madame Kossi appelle à une mobilisation nationale pour des solutions durables.
Dans sa déclaration, la présidente de l’association Action Solidaire a tenu à clarifier sa démarche et ses objectifs. « Je suis ici pas pour pointer du doigt qui que ce soit, non. Je suis ici parce qu’on a fait appel à moi et en tant que maman, en tant que mère, parent, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose », a-t-elle affirmé.
Madame Kossi a insisté sur la nécessité de trouver des solutions pérennes plutôt que de se contenter d’une aide ponctuelle. « Mon but ici, c’est pour qu’ensemble, tous, Centrafricains et Centrafricaines, nous puissions trouver une solution pérenne à ce problème qui perdure. C’est un problème qui dure depuis très longtemps. Le directeur l’a dit, il n’a pas besoin d’assistants. Mais il a besoin qu’on l’aide pour qu’enfin une solution pérenne puisse être trouvée. D’où la raison de ma visite ici, parce que j’ai été sollicitée », a-t-elle expliqué.
Un appel personnel à Madame Prisca Mamadou.
La présidente d’Action Solidaire a également profité de cette occasion pour lancer un appel direct et personnel à Madame Prisca Mamadou, épouse du Chef d’État-Major de l’armée. « J’ai essayé de faire de mon mieux, j’ai tourné en rond et j’ai vu que vous êtes la seule personne à pouvoir m’aider. Pour l’avoir côtoyée sur les bancs de l’école, je sais que c’est une femme qui a l’amour dans le cœur », a déclaré Madame Kossi.
Elle a poursuivi avec émotion : « Donc je profite de l’occasion pour lui lancer cet appel. Si elle m’écoute, Prisca, s’il te plaît, je te connais parce qu’on a fréquenté ensemble. Si tu m’écoutes, viens vers cette école qui a aussi besoin de toi et fais quelque chose pour cette école. Voilà mon message à l’endroit de Madame Prisca Mamadou que je connais parce que j’ai eu à fréquenter avec elle ». Un appel du cœur, d’une ancienne camarade de classe à une autre, pour la cause de ces enfants vulnérables.
Un appel à la solidarité de tous les Centrafricains.
Le directeur du Centre de Benz-vi a conclu son intervention par un appel solennel à tous les compatriotes : « Je lance des appels solennels à tous les Centrafricains qui m’écoutent, ceux qui ont des moyens de venir nous aider pour que le lycée voie le jour ici, le collège voie le jour. »
- KANYON a détaillé les besoins concrets de l’établissement : « Donnez-moi des semences, donnez-moi des intrants pour que je fasse du maraîchage, pour que je fasse les vivres pour donner de quoi à manger à ces enfants. Au lieu que cet endroit reste là où on désherbe à chaque fois, transformons cela en jardin. Ça peut nous aider, ça peut donner de quoi manger à ces enfants. »
Il a tenu à remercier chaleureusement la bienfaitrice : « J’en profite pour donner merci à Madame Nadine Kossi, présidente de l’association Action Solidaire. » Un remerciement mérité pour celle qui a su répondre présent dans un moment critique.
Par Brahim Sallé
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