Centrafrique : La fermeture de la clinique MSF de Bonga-Bonga annonce une hécatombe sanitaire pour la septième république des voyous  

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La fermeture de la clinique MSF de Bonga-Bonga annonce une hécatombe sanitaire pour la septième république des voyous  

 

Centrafrique : La fermeture de la clinique MSF de Bonga-Bonga annonce une hécatombe sanitaire pour la septième république des voyous  
Les victimes de l’accident sur l’avnue David Dacko transportées à la clinique du MSF à Bongabonga. Photo CNC

 

Rédigé le 21 janvier 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Après dix ans de pouvoir marqués par le chaos et l’abandon de la population, la Centrafrique s’apprête à vivre une catastrophe sanitaire totale. L’annonce de la fermeture de la clinique MSF de Bonga-Bonga, dans le quartier Sica à Bangui, sonne comme un arrêt de mort pour des milliers de Centrafricains. Dans un pays où l’État ne parvient même pas à faire fonctionner les hôpitaux de la capitale, où chaque jour des dizaines d’accidents de moto, de blessés et de malades affluent vers cette unique structure fiable, la disparition de MSF laisse présager le pire. Le chaos sanitaire qui se profile n’est que le reflet d’une décennie de gestion catastrophique.

 

Chaque jour à Bangui, capitale de la République centrafricaine, ce sont des dizaines d’accidents de taxi-moto et de véhicules qui se produisent dans la capitale et ses environs. Les victimes affluent même depuis les villes de l’intérieur du pays, cherchant désespérément des soins à Bangui. Blessés graves, mourants, accidentés de la route : tous convergent vers la clinique MSF de Bonga-Bonga dans le quartier Sica. Cette structure est devenue, au fil des années, le dernier recours pour une population abandonnée par son propre État.

 

Mais l’ONG Médecins sans frontières (MSF) doit fermer dans le courant de l’année cette clinique spécialisée en traumatologie et en chirurgie orthopédique et viscérale. Pour les familles centrafricaines qui comptent leurs morts et leurs blessés quotidiennement, cette fermeture représente bien plus qu’une simple réorganisation humanitaire. C’est la fin de leur seul espoir de survie dans un système de santé totalement effondré.

 

« Nous continuons à nous substituer à l’Etat dans des domaines basiques », souligne Peter Orr, responsable de MSF en Centrafrique. Ses mots résonnent comme un constat d’échec pour un régime qui, après dix ans au pouvoir, n’a toujours pas été capable de garantir les services les plus élémentaires. « Le ministère de la santé a du mal à faire fonctionner des hôpitaux, même dans la capitale, explique l’humanitaire. Il manque de tout : médecins, médicaments, routes… » Les chiffres parlent d’eux-mêmes et dressent le portrait d’une nation au bord du gouffre. Le pays dispose au total de deux lits de réanimation, tous tenus par la Minusca, la mission des Nations unies. L’espérance de vie à la naissance s’établit à 53 ans, tandis que la mortalité infantile oscille entre 8 et 10 %. La mortalité maternelle atteint 700 pour 100 000 naissances, un niveau parmi les plus élevés au monde.

 

Ces statistiques catastrophiques placent la Centrafrique à la 191e place sur 193 au classement mondial de l’indice de développement humain. 66 % de la population centrafricaine vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 2,15 dollars par jour. Après une décennie au pouvoir, le bilan est accablant et la souffrance de la population ne fait que s’aggraver.

 

Et pourtant, au terme d’une élection totalement verrouillé en décembre 2025, le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadéra s’est octroyé un troisième mandat. Sept années supplémentaires s’annoncent, portant à dix-sept ans la durée totale de son règne. Pour une population déjà exsangue, cette perspective sonne comme une condamnation à poursuivre dans le chaos et l’abandon.

 

Mais la catastrophe ne s’arrête pas à la fermeture de MSF à Bonga-Bonga. Le retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis a déclenché une vague de retraits massifs. L’Usaid, l’agence de développement américaine, a cessé toutes ses activités en Centrafrique dès janvier 2025. Le Programme alimentaire mondial (PAM), la FAO, l’Unicef : tous ces organismes internationaux réduisent drastiquement leur présence ou se retirent complètement.

 

Cette hémorragie d’acteurs humanitaires intervient au pire moment pour la Centrafrique. Les ONG internationales ont vu leurs budgets amputés d’environ 40 % en 2025, après un premier recul en 2024. Cinq ONG ont déjà dû plier bagage, et 1 100 salariés locaux ont été licenciés. Le Programme alimentaire mondial a perdu 56 % de ses financements pour la Centrafrique, laissant un million de personnes sans aide.

 

Dans ce contexte d’effondrement généralisé, la fermeture de la clinique MSF de Bonga-Bonga à Sica prend des allures d’apocalypse sanitaire. Quand les portes de cette structure se fermeront définitivement, les dizaines d’accidentés quotidiens n’auront plus nulle part où aller. Les familles en deuil se multiplieront, les blessés mourront faute de soins, et le chaos déjà insupportable atteindra des sommets jamais vus.

 

Après dix ans de pouvoir catastrophique et face à sept années supplémentaires qui s’annoncent, la Centrafrique sombre dans un désastre humanitaire total. La fermeture de MSF Bonga-Bonga n’est que le symbole le plus visible d’un abandon généralisé. Pour le peuple centrafricain, c’est une sentence de mort collective qui se profile à l’horizon.

 

Par Alain Nzilo

 

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