Bangui : le syndicat des travailleurs dénonce la vague de crimes commis contre les conducteurs de moto-taxis

Rédigé le 20 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Chaque nuit continue d’apporter son cortège de violences à Bangui. Les conducteurs de moto-taxis paient désormais un prix insoutenable à l’insécurité grandissante dans la capitale.
Dans un communiqué rendu public ce jeudi 16 janvier, l’Organisation Démocratique Syndicale des Travailleurs de Centrafrique exprime “sa vive indignation et sa profonde inquiétude face à la recrudescence des braquages, agressions et assassinats” dont sont victimes les moto-taximen. Louis Marie Kogrengbo, à la tête de cette structure syndicale, n’a pas mâché ses mots.
D’ailleurs, la fréquence de ces attaques alarme particulièrement. Selon l’ODSTC, “presque quotidiennement, ces travailleurs courageux, acteurs incontournables du transport urbain et soutiens essentiels de milliers de familles centrafricaines, sont attaqués, dépouillés, blessés, voire tués, alors qu’ils exercent honnêtement leur activité”. La routine du crime s’installe progressivement dans la capitale.
Par ailleurs, le syndicat tient à repositionner le débat. Ces professionnels “ne sont pas des criminels, mais des travailleurs dignes, majoritairement jeunes, qui contribuent activement à la survie de l’économie nationale et à la stabilité sociale”, précise le texte. Leur apport à la vie économique centrafricaine reste indéniable.
En outre, les conséquences dépassent le cadre individuel des victimes. L’ODSTC avertit que “l’insécurité dont ils sont victimes fragilise la paix sociale, nourrit la peur et expose dangereusement la capitale à des tensions incontrôlées”. Le risque d’embrasement social grandit de jour en jour.
Toutefois, l’organisation syndicale déplore “l’inaction prolongée et l’absence de mesures dissuasives efficaces” des pouvoirs publics. Cette passivité a poussé l’ODSTC à formuler quatre revendications concrètes adressées directement aux autorités compétentes.
Premièrement, le syndicat exige “le déploiement immédiat, visible et permanent des forces de défense et de sécurité dans les zones à risque, notamment en période nocturne”. La présence policière devrait dissuader les agresseurs potentiels.
Deuxièmement, l’ODSTC réclame “l’identification, l’arrestation et le démantèlement sans complaisance des réseaux criminels responsables de ces actes barbares”. La fermeté judiciaire devient une nécessité absolue selon les représentants des travailleurs.
Troisièmement, l’organisation demande “la mise en place urgente de mécanismes spécifiques de protection des conducteurs de moto-taxis”. Des dispositifs adaptés à leur situation professionnelle particulière s’imposent désormais.
Enfin, le syndicat attend “des mesures concrètes et vérifiables permettant de restaurer la confiance des travailleurs et de la population”. Les promesses ne suffisent plus, seuls les actes comptent maintenant.
De surcroît, Louis Marie Kogrengbo hausse le ton dans son communiqué. “Le silence, l’inaction ou les demi-mesures ne sauraient être tolérés plus longtemps”, prévient-il avec fermeté. La patience syndicale a atteint ses limites face à cette hécatombe quotidienne.
Aussi, le secrétaire général exécutif rappelle un principe fondamental : “protéger les conducteurs de moto-taxis, c’est protéger l’économie nationale, la jeunesse et la paix sociale.” L’enjeu dépasse largement la seule sécurité d’une corporation professionnelle.
Du reste, la formule finale du communiqué résume toute l’exaspération accumulée. “Trop, c’est trop. L’ODSTC exige des actes, maintenant”, conclut le document officiel. Le syndicat attend désormais une réponse gouvernementale à la hauteur de la gravité de la situation qui gangrène quotidiennement les rues de la capitale centrafricaine et menace directement la survie économique de centaines de familles qui dépendent de cette activité de transport urbain devenue périlleuse.
Par Anselme Mbata
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