Centrafrique : deux soldats radiés illégalement pour avoir tiré au réveillon du Nouvel An

Rédigé le 21 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’état-major des Forces armées centrafricaines a radié deux militaires pour avoir tiré des coups de feu lors du réveillon du Nouvel An 2026 à Bangui. Cette sanction intervient alors que des centaines de soldats ont fait de même partout dans le pays sans être inquiétés.
Depuis trois décennies de troubles en Centrafrique, chaque passage à la nouvelle année s’accompagne de tirs nourris dans tous les quartiers. Les militaires perpétuent cette habitude malgré les interdictions répétées de la hiérarchie. L’état-major émet régulièrement des notes menaçant de sanctions tout soldat qui ne respecterait pas cette règle. Personne n’en tient compte.
Le réveillon 2026 n’a pas dérogé à cette coutume bien ancrée. Dans les provinces comme à Bangui, les détonations ont retenti toute la nuit. À Ouanda-Djallé par exemple, les tirs ont commencé dès 19 heures pour ne cesser qu’à 4 heures du matin. Des dizaines de militaires ont vidé leurs chargeurs sans retenue, créant un vacarme ininterrompu.
Les mercenaires russes ont également participé aux festivités. Ils ont lancé des feux d’artifice et tiré en l’air sans qu’aucune remarque ne leur soit adressée. Pour eux, aucune restriction ne semble s’appliquer. Ils jouissent d’une liberté totale dans leurs agissements, y compris lorsqu’il s’agit de décharger leurs armes en pleine ville.
Plusieurs semaines après le réveillon, l’état-major a pris une décision surprenante. Deux soldats basés à Bangui ont été radiés des Forces armées centrafricaines. Parmi la foule de militaires ayant tiré cette nuit-là dans la capitale, seuls ces deux hommes ont été punis. Les raisons de ce choix restent floues.
À Ouanda-Djallé, où les tirs ont duré neuf heures d’affilée avec la participation massive de l’ensemble des soldats, aucune sanction n’a été prise. Les soldats de province continuent leur service comme si de rien n’était. Cette différence de traitement entre Bangui et les autres villes laisse perplexe quant aux critères employés par l’état-major.
La radiation de deux soldats sur des centaines ayant enfreint la même règle donne l’impression d’une action symbolique. L’état-major cherche peut-être à démontrer qu’il applique sa discipline, même si cela ne concerne qu’une infime portion des contrevenants. Pendant ce temps, les mercenaires russes échappent à toute forme de contrôle et les garnisons provinciales ignorent tranquillement les directives venues de la capitale.
Par Brahim Sallé
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




